Une murale évoquant l’histoire du « petit Vieux-Longueuil » colorera le Marché Lavigne

Une murale évoquant l’histoire du « petit Vieux-Longueuil » colorera le Marché Lavigne

Louise Levac et Annie Baillargeon Fortin

ART URBAIN. À l’automne, une murale historique colorera le long mur – actuellement blanc mais généralement affublé de tags –  du Marché Lavigne, célèbre petit dépanneur de la rue Saint-Laurent Ouest, dans le Vieux-Longueuil. La création artistique rappellera certains éléments de la vie d’autrefois de ce quartier méconnu.

Initiative de la citoyenne Annie Baillargeon Fortin, le projet réunit Dose Culture ainsi que la Société historique et culturelle du Marigot.

Celle qui travaille en recherche en art urbain a grandi dans le Vieux-Longueuil et y a à nouveau emménagé il y a quelques temps. Mme Baillargeon Fortin a rapidement constaté le problème de graffitis récurrents qui faisaient constamment leur apparition sur le mur du Marché Lavigne, le long de la rue Grant.

«Pour régler le problème, il y a deux options: le nettoyage ou la murale. Et grâce à la Politique d’art urbain de la Ville de Longueuil, le projet de murale était possible», évoque-t-elle.

L’idée d’une murale historique lui trottait déjà derrière la tête lorsqu’elle a contacté le directeur général de Dose Culture, David Miljour, qui a à son tour pris contact avec la Société historique.

Le projet compte une visée de mémoire, afin d’évoquer l’histoire de ce qui pourrait être appelé le «petit Vieux-Longueuil.

«Quand on dit Vieux-Longueuil, on pense tout de suite à l’est, au secteur patrimonial. Ou encore à la rue Saint-Charles, très animée, illustre la présidente de la Société historique et culturelle du Marigot, Louise Levac. Mais au sud, il y a un quartier qui a connu, aux 19e et 20e siècles, une riche vie commerciale et industrielle. Ça s’est un peu perdu.»

Participation citoyenne

En plus de la recherche dans les archives et photos, le Marigot a fait appel à la mémoire collective des citoyens du secteur et a organisé en juin une consultation, histoire que les souvenirs d’époque rejaillissent et inspirent. Certains des éléments discutés lors de la consultation pourraient se retrouver dans la murale.

Il a entre autres été question des industries de la rue Saint-Jean, de Gariépy TV sur la rue Guillaume et de deux laiteries. «Plusieurs résidents nous ont parlé de la boulangerie Mainville sur la rue Grant! C’était des souvenirs olfactifs!» lance Mme Levac.

Annie Baillargeon Fortin, qui a passé son enfance dans le Vieux-Longueuil, se rappelle des odeurs qui émanaient du commerce. «Le vendredi, quand on se rendait à l’école, ça sentait le pain aux raisins!»

Le Centre Véronneau, sur la rue Saint-Jean, attirait beaucoup de clients, alors que la rue Saint-Laurent comptait de nombreux services, comme des bureaux de médecins ou de notaires.

«En consultant les registres des années 1930 et 1960, on se rend compte que ce sont beaucoup des commerces de proximité, note Louise Levac. C’est ce qui est à la mode aujourd’hui! On tente de recréer ce qu’était une vie riche, où tout se fait sans la voiture, où on peut échanger avec les gens autour de nous.»

«Les gens nous racontaient  leur souvenirs qui étaient beaucoup liés à cette vie de proximité, à leur déplacement quotidien vers l’école ou le travail, ajoute Mme Baillargeon Fortin. Ç’a jeté les germes du projet.»

Touche graffiti

La murale s’éloignera de l’art figuratif qui est généralement privilégié pour les projets à saveur historique.

«Les souvenirs seront traduits, mais pas forcément représentés dans la murale historique. Ce sera la mémoire d’un quartier, de ce petit Vieux-Longueuil», précise la présidente de la Société historique.

C’est l’artiste Korb qui s’est vu confier la responsabilité du projet, entre autres car il est un habitué des projets en médiation citoyenne.

«Il pourra cibler les éléments à intégrer, mais aussi ajouter une touche graffiti à l’œuvre, évoque David Miljour, en charge de la direction artistique. On sait qu’il y a des problèmes de graffitis à cet endroit et le nom de Korb impose un certain respect.»

L’idée d’une murale au Marché Lavigne tombait à point, selon David Miljour, alors que Dose Culture proposait déjà depuis quelques temps à la Ville un projet de murale historique pour les 360 ans de Longueuil. «D’autres projets en art urbain devaient être réalisés au préalable. Là, avec un financement différent, ils ont été emballés.»

Dons

En plus des différentes demandes de financement et d’appuis auprès de diverses instances, l’aide des citoyens est sollicitée. Ceux qui le désirent peuvent faire un don via canadon.org, directement sur le site de la Société historique et culturelle du Marigot (marigot.ca). Jusqu’à maintenant, près de 500$ ont été donnés par les citoyens.

L’ensemble du projet se chiffre à environ 7000$.

Une deuxième rencontre citoyenne est prévue le 23 août à 19h, au Centre culturel Jacques-Ferron, afin de discuter de l’aspect visuel de la murale.

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