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Une pétition de plus de 650 noms s’oppose au pôle de mobilité Tisserand

mercredi le 18 mai 2022
Modifié à 17 h 10 min le 18 mai 2022
Par Ali Dostie

adostie@gravitemedia.com

Le pôle de mobilité servira à donner un accès ouest à la station Panama. (Photo gracieuseté)

Une pétition forte de 655 noms, déposée à la séance du conseil de Brossard du 17 mai, témoigne de la vive opposition des résidents du secteur T au projet de pôle temporaire de mobilité Tisserand.

Les signataires s’opposent vertement au projet de débarcadère et de dépose-minute de l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) qui prendrait place dans le stationnement de Place Portobello et qui serait accessible par l’avenue Tisserand. 

«Nous sommes consternés par le manque de considération quant aux travaux d’ouverture du sentier multifonctionnel dont l’appel d’offres ne prévoit aucune obligation de minimiser les nuisances générées par ce chantier, dit aussi la pétition, ainsi que par le manque d’égard à notre sécurité, la sécurité de nos résidences et terrains et la protection de nos vies privées une fois le sentier ouvert.»

Des citoyens sont venus tour à tour lire l’ensemble des éléments pris en considération dans la pétition. On y déplore entre autres que la Ville, l’ARTM et le REM auraient admis, lors de la journée portes ouvertes du 3 mai au Centre socioculturel de Brossard, qu’aucune étude et analyse des nuisances pouvant découler de ce pôle n’a été effectuée.

Ils s’étonnent aussi que des porte-paroles aient mentionné que l’emplacement du débarcadère s’explique par «une facilité de l’ériger sur un stationnement existant et qu’ils ne voulaient pas compromettre le développement immobilier à venir de First Capital Realty».

Des propos qui «témoignent d’un plus grand égard envers les promoteurs immobiliers, les spéculateurs et les résidents à venir» que les résidents actuels, plaide la pétition.

Les signataires proposent que diverses parties des lots qui sont la propriété de First Capital Realty (Place Portobello) puissent plutôt accueillir le débarcadère. 

Ils estiment également que plusieurs éléments concernant la sécurité n’ont pas été pris en compte, lors de l’atelier collaboratif de l’ARTM du 29 mars et des portes ouvertes du 3 mai. 

Guy Boily, résident du secteur T, est venu au micro répéter la question qu’il avait adressée au conseil à la séance du 19 avril, demandant si la Ville irait de l’avant avec le projet advenant qu’une grande proportion de résidents du secteur T s’y oppose.

«Ce sont tous des gens que vous représentez, a-t-il mentionné, référant aux signataires de la pétition. Allez-vous les écouter?»

Un autre résident, M. Rodriguez, a demandé que la population soit consultée, en suggérant la tenue d’un référendum ou d’une consultation organisée par la Ville.

Éviter les nuisances

La mairesse Doreen Assaad a mis au clair que la Ville ne tiendrait pas de référendum ou d’autre consultation.
Elle estime que l’événement portes ouvertes réunissant l’ensemble des partenaires impliqués le 3 mai a permis d’informer les citoyens et de récolter leurs commentaires et inquiétudes.

«C’était important de récolter vos commentaires pour s’assurer de bien comprendre ce que la Ville peut faire pour trouver une solution qui convient au plus grand nombre», a-t-elle signifié.

«On veut quelque chose de bien, de réfléchi. Tout est sur la table. Notre objectif n’est pas de nuire, mais d’éviter que des voitures soient en attente devant chez vous, qu’il y ait des problèmes. [En ce qui concerne les autobus], il n’y aura pas d’ajout de ligne, a-t-elle renchéri. On ne veut pas dénaturer la rue Tisserand.»

Le conseiller municipal de l’opposition Claudio Benedetti a insisté pour sa part sur la responsabilité des élus «d’écouter les citoyens, que leurs arguments nous plaisent ou pas».

«Nous avons été élus pour représenter les citoyens et non quelque groupe que ce soit», a-t-il avancé.

M. Benedetti déplore que le dossier dure depuis 2017, et que ce que demandent les citoyens est «très simple», soit de retirer l’accès par la rue Tisserand. 

Le conseiller Daniel Lucier a insisté sur le rôle des élus qui était de consulter et d’informer, «et non d’enflammer». 
La conseillère Sophie Allard a quant à elle invité les citoyens à la patience. «C’est ensemble qu’on va trouver des solutions pour tous», a-t-elle signifié.