2020, une année incandescente selon Jean-René Dufort

2020, une année incandescente selon Jean-René Dufort
Jean-René Dufort (Photo : Le Petit Russe)

Jean-René Dufort s’est entretenu avec nous pour discuter de l’année 2020, des complotistes et de la polarisation de l’opinion.

Comment décrire l’année 2020? «C’est une année de merde!, lance sans attendre l’animateur d’Infoman. C’est l’année de l’horreur qu’on n’attendait pas.»

Il reconnaît que sa Revue de l’année sera difficile à réaliser. Même s’il s’est passé beaucoup de choses depuis le mois de janvier, l’animateur admet que l’actualité a surtout tourné autour d’un seul et même sujet. «C’est une année de pandémie. On n’a parlé rien que de ça!»

Le défi sera alors de diversifier le contenu de la populaire Revue, tout en mettant l’année derrière nous, sans toutefois oublier qu’on ne sera pas encore «sortis du bois».

Jean-René Dufort admet d’ailleurs avoir parfois le vertige face au rythme effréné de l’actualité ces derniers mois. «Plus sérieusement, c’est une année incandescente. Le moteur s’est emballé dans tous les sujets.»

Des nouvelles qui semblent brûlantes d’actualité le lundi sont déjà périmées pour l’émission rendu au jeudi. C’est pourquoi l’animateur reste prudent sur la nature de son spécial de fin d’année, qu’il ne commence jamais à planifier avant la mi-novembre.

«C’est toujours ésotérique, le feeling de l’année. On ne sait pas encore si Donald sera de retour, donc juste ça…»

Polarisation de l’opinion

S’il semble y avoir une montée des complotistes et des opinions de plus en plus polarisées, l’animateur d’Infoman croit que c’est le résultat de plusieurs phénomènes.

D’abord, les médias sociaux ont donné une voix à tout le monde. «N’importe qui peut venir sur ton perron et te dire ce qu’il pense de toi. Chaque individu est devenu un média en soi.»

Ensuite, les périodes de stress, comme la pandémie, peuvent exacerber les opinions. «On voit les gens dans la rue, ils se crispent beaucoup. Ils sont excédés, ils sont tannés, et ils émettent leurs opinions franchement.»

Le biochimiste de formation explique aussi que le cerveau humain essaie toujours de trouver des solutions simples à des problèmes compliqués, en particulier lorsqu’on comprend mal ce qui se passe. C’est le piège dans lequel tombent les complotistes, mais duquel tout le monde peut être victime.

«Cette semaine, on cherche à comprendre pourquoi le Québec a plus de cas que l’Ontario. On dit, « c’est la faute des Québécois ». Mais il y a 26 réponses, 26 aspects à la question! Il n’y a pas de solutions simples dans une pandémie. C’est plate de même.»

Jean-René Dufort, journaliste de guerre?

L’année 2020 pose son lot de défis, mais le journaliste d’expérience dit carburer à ce genre d’environnement bouillonnant.

«J’aurais pu facilement être un journaliste de guerre. Quand ça va mal, ça brasse, je vis bien, je suis bon à gérer les périodes de stress. Je n’ai pas l’angoisse facile.»

Il trouve que l’année a amené des sujets fascinants, nous a tous donné un cours accéléré en biologie et nous fait vivre une expérience psychologique intéressante. Sans compter que la pandémie a forcé la société à s’adapter et les mentalités à changer très rapidement.

«C’est stimulant de voir qu’on peut changer des choses qu’on pensait qu’on ne pouvait pas changer.»

Quelque chose qui, espère-t-il, nous aidera à faire face aux défis d’après la COVID.

«On oublie un autre problème : les changements climatiques. Il va y avoir, éventuellement, un vaccin contre la COVID, mais pas contre les changements climatiques.»

Texte de Simon Cordeau, Initiative de journalisme local, Journal Accès

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