À la recherche du sapin parfait

À la recherche du sapin parfait
(Photo : Gracieuseté - La Terre de chez nous)

Un texte de Martin Primeau – Collaboration spéciale de La Terre de chez nous

Dans sa sapinière d’Hatley, en Estrie, Larry Downey ne fait pas que cultiver des sapins. Le pépiniériste et président de l’Association canadienne des producteurs d’arbres de Noël s’affaire aussi à en croiser les variétés pour créer ce qui pourrait devenir… le sapin parfait.

Voilà plus de 20 ans qu’il s’y active. Un travail de longue haleine s’il en est un, puisqu’un conifère met une vingtaine d’années avant de produire des semences.

N’empêche, M. Downey a déjà une belle réussite à son actif. En croisant le sapin baumier et son cousin provenant de la Corée du Sud, il a créé un hybride que les producteurs américains s’arrachent.

«C’est un arbre qui fabrique des aiguilles épaisses et qui produit une légère odeur d’agrume», explique le pépiniériste et producteur.

Selon lui, développer de nouvelles variétés au Québec vient avec un défi de taille: le froid.

«Plusieurs variétés survivent à -20°C, mais à -30°C, il y en a beaucoup moins», dit-il, dressant la liste de ses échecs.

À celui-là s’en ajoute un autre, s’empresse-t-il de souligner.

«Les arbres font du pollen et des cocottes aux deux ou trois ans, dit-il, et s’il pleut au moment où le pollen sort, on rate la fenêtre de reproduction.»

Des critères précis

Pour ne pas laisser la reproduction uniquement entre les mains de mère Nature, ce propriétaire d’une pépinière de 40 acres et d’une ferme arboricole de 295 acres utilise une variété d’outils dans son grand laboratoire à ciel ouvert, notamment un collecteur de pollen et des applicateurs d’hormones ou de pollen.

Il perfectionne aussi un test de rétention des aiguilles pour sélectionner les individus capables de les retenir le plus longtemps possible.

À la mi-octobre, il a ainsi coupé les branches des 250 spécimens qui poussent présentement dans sa parcelle expérimentale. Quarante d’entre eux n’ont pas passé le test. Résultat: il les a éliminés.

«Un arbre peut bien avoir une belle apparence, mais s’il ne retient pas ses aiguilles, il ne sert à rien», explique-t-il.

En améliorant ainsi le pool génétique de sa parcelle, il espère que les meilleurs individus créeront une nouvelle génération d’arbres aux caractéristiques rêvées pour un producteur: des sujets capables de retenir leurs aiguilles, mais qui affichent aussi une bonne densité, une vigueur de croissance supérieure et une capacité à former plusieurs bourgeons, entre autres critères.

Conférence scientifique internationale

La sapinière de M. Downey a fait l’objet d’une visite remarquée en août alors qu’un groupe de scientifiques provenant d’aussi loin que de l’Australie est venu observer le travail effectué là-bas pour développer de nouvelles variétés de sapins.

La visite se faisait dans le cadre de la 14e Conférence scientifique internationale sur les arbres de Noël, un événement d’envergure mondiale organisé aux deux ans. L’Institut québécois du développement de l’horticulture ornementale (IQDHO) a été chargé de l’organisation de son édition 2019 alors que l’événement se tenait pour la première fois au Québec.

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