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Aéroport de Saint-Hubert: encore du tapage entourant le bruit des Boeing 737-200

vendredi le 30 octobre 2020
Modifié à 11 h 47 min le 01 novembre 2020
Par Ali Dostie
Le décollage d’un Boeing 737-200 pourrait atteindre les 107,8 dBA en bout de piste et les 94,8 dBA au-dessus des quartiers résidentiels de l’arr. de Saint-Hubert, selon les données captées par deux sonomètres dont s’est doté le Comité anti-pollution de l’Aéroport Longueuil (CAPA-L). Des données que Développement Aéroport de Saint-Hubert – Longueuil (DASHL) discrédite en bloc. Parmi les données enregistrées par les deux appareils, la capture de 107,8 dBA prise au bout la piste 06, ainsi que celle prise au bout de la piste 24 D, en août, inquiètent le CAPA-L. Le regroupement dévoile aussi une capture de 94,8 dBA près des rues Perras et Gareau, en septembre.
«Un Boeing 737-200 qui décolle en pleine nuit et qui atteint ce niveau de bruit n’est socialement pas acceptable et nuit à la santé des citoyens», juge le CAPA-L.
Selon les lignes directrice de l’Organisation mondiale de la santé de 2018, le niveau d’exposition recommandé en ce qui a trait au bruit du trafic aérien nocturne est de 40 dBA. Cette donnée représente toutefois un niveau de bruit moyen pendant la nuit. Depuis août, les sonomètres ont été installés de façon non continue «aux endroits où il y a plusieurs plaintes formulées par nos membres ou encore à la demande de l’un d’eux, indique le CAPA-L. Un calibreur nous permet de nous assurer de prendre des mesures précises.»

Il s'agit de deux sonomètres de classe II calibrés, à haute précision, avec pondération de fréquence A et C, pouvant enregistrer jusqu’à 64 000 points de données,  précise le regroupement.

Le CAPA-L réitère par ailleurs que des consultations publiques et des études d’impacts sont nécessaires «avant tout développement», et qu'il serait souhaitable que DASH-L se dote de stations de mesures de bruit. Rien d’une étude acoustique Selon le président de DASH-L Charles Vaillancourt, les mesures du CAPA-L n’ont aucune valeur. «Une mesure d'intensité sonore n’a de valeur que dans le cadre d’une étude acoustique effectuée avec des appareils calibrés professionnellement selon des normes scientifiques rigoureuses et par des spécialistes formés en la matière, détaille-t-il. Les mesures avancées ici ne rencontrent aucun de ces critères.» Les emplacements ne sont pas représentatifs de l’expérience des citoyens et ont pour effet de «produire des résultats sensationnalistes», estime-t-il. Des études d’exposition sonore ont été effectuées par l’Aéroport. M. Vaillancourt explique qu’ainsi, l’impact sonore des activités aériennes est quantifié de façon plus représentative qu’une unique mesure d’intensité. «La durée, la fréquence et la tonalité des bruits de même que la distance de la source sont prises en compte.» Ces nouvelles courbes seront dévoilées en même temps que le plan directeur de l’Aéroport. Ce dernier était attendu en avril, mais tout a été reporté en raison de la pandémie. Vols de nuit Disant comprendre que des exceptions peuvent être accordées pour les services essentiels, le CAPA-L demande encore que DASH-L propose à Transport Canada des restrictions sur les vols de nuit. Le comité affirme avoir recensé 45 mouvements des Boeing 737-200 de Chrono Aviation en septembre, dont 17 vols de nuit. En mars 2019, l’entreprise affirmait que les vols de nuit liés au contrat avec la société minière Baffinland Iron Mines se limiteraient à un par semaine. Une requête en injonction interlocutoire contre les vols de nuit a aussi été déposée en août 2019 par le CAPA-L, puis a été contestée par les intimés. La comparution prévue le 21 octobre a été reportée.
«Mon seul commentaire, c’est que le vrai chiffre sur les mouvements de nuit en septembre, c’est 6! On est loin de 17!», a répondu le vice-président de Chrono Aviation Dany Gagnon, appelé à réagir.
DASH-L n’envisage pas de restreindre ses heures d’opération. «L’aéroport, de par sa mission et à cause des nécessités opérationnelles des services d'urgence qui y sont basés (SQ, GRC, armée, évacuations aéromédicales, etc.), doit demeurer ouvert en tout temps.» Quant aux consultations publiques, elles sont exigées de Transport Canada lorsque des changements importants surviennent à l'aéroport et «DASH-L se conforme à ces règlements», dit Charles Vaillancourt.

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