Affaire Éric Lapointe : quel message envoie-t-on ?

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Par Claude Poirier
Affaire Éric Lapointe : quel message envoie-t-on ?
(Photo : Jean Demers)

Il y a quelques jours, nous apprenions que le dossier d’Éric Lapointe – qui a plaidé coupable à des voies de fait sur une femme –  s’est conclu à la cour municipale. Il y a eu ici couchette entre la défense et la couronne; ils ont demandé l’absolution conditionnelle pour le chanteur, une probation d’un an, une thérapie pour ses problèmes d’alcool et un don de 3 000$ à un organisme. Le juge a entériné cette suggestion.

Ces dernières années, des groupes de femmes à travers le monde militent pour que la violence et les agressions sexuelles envers elles soient dénoncées. Quel message leur envoie-t-on?

Éric Lapointe a payé cher au niveau de sa carrière, dira-t-on. Mais quand tu es une personnalité publique, tu te dois d’être d’autant plus prudent dans tes actions. S’il ne respecte pas les conditions émises par le juge, sa sentence d’absolution et sa probation d’un an ne seront plus en vigueur.

Quand tu fais les manchettes ainsi et que ta carrière en écope, ce sont des conséquences graves. Il faut toutefois penser aux victimes. Et celle dans le dossier dont on parle semblait très ébranlée. Je crois que la sentence du chanteur lui a été favorable en raison de son statut. Quand c’est une affaire impliquant quelqu’un de célèbre, ç’a un impact. La justice doit réfléchir à cela.

Je comprends la réaction des groupes de femmes qui se battent contre la violence et les agressions sexuelles. On l’a vu récemment. Combien de victimes ont vécu avec leur secret pendant des années sans dénoncer? Quand une femme décide de se prendre en main – si vous me permettez l’expression –, elle sait qu’elle s’embarque dans un processus judiciaire long et difficile.

Quand on voit une décision comme celle qui a été rendue dans cette affaire, ça fait réfléchir énormément de femmes. J’ai reçu plusieurs messages à ce sujet. On m’a dit: «Vous nous dites de dénoncer à la justice, eh bien, voyez ce que ça donne.»

Il va falloir que quelque chose change, notamment au ministère de la Justice et au Conseil de la magistrature. Il y a des précautions à prendre. Souvent, les juges sont coincés quand la couronne et la défense ont une suggestion de sentence commune. Est-ce que les soutanes rouges et noires doivent s’y plier? Je ne crois pas.

Si on veut que la violence envers les femmes diminue, il faut que ça bouge. Le message qu’on vient d’envoyer empêchera des victimes de dénoncer devant les tribunaux.

10-4!

(Propos recueillis par Gravité Média)

 

 

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Luc
Luc
28 jours

Le problème ici au Québec, c’est que le pauvre paye pour le riche. Le riche qui fraude des millions un petite claque sur la main et recommence plus, le pauvre qui vole un pain pour nourrir sa famille lui va faire de la prison. On n’a un système de justice semblable à une République de bananne

René Cauchon
René Cauchon
28 jours

Et on se demande pourquoi les dénonciations se font dans les médias sociaux. Je voudrais me coucher moins niaiseux ce soir, comment se fait-il qu’une cause de voies de fait, qui doit être un acte criminel, soit jugée en cours municipale⁉️

johanne
johanne
28 jours

C’est pas juste au Québec que l’ai pauvre paye…Je regarde au État Unie sais pareil il vont avoir une avertissement et une somme a payer a la personne…Attention mais quand sais un homme ordinaire qui travaillent qui se fait accusez il a toute une procédure et sa fini jamais…Les vedettes sont des chouchou simplement….

David Lalumière
David Lalumière
27 jours

Excellent article monsieur Claude Poirier!