Alexandre Da Costa dirigera l’Orchestre symphonique de Longueuil

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Par Ali Dostie
Alexandre Da Costa dirigera l’Orchestre symphonique de Longueuil
Alexandre Da Costa (Photo : Gracieuseté/Denis Germain)

CLASSIQUE. L’éminent violoniste Alexandre Da Costa prendra les rênes de l’Orchestre symphonique de Longueuil (OSDL), devenant son troisième chef attitré et directeur artistique.

Celui qui cumule plus de 2000 concerts à l’international, ayant joué avec de prestigieux orchestres tant comme soliste que chef invité, exprime depuis quelque temps l’envie de se poser davantage au Québec.

L’annonce il y a près d’un an du départ de Marc David à la fin de la présente saison a donc «allumé une lumière» dans sa tête. Il a rapidement voulu se rapprocher de l’OSDL, avec qui il était déjà familier, ayant pris part à de nombreux concerts comme soliste invité depuis les 20 dernières années.

«Tous les musiciens, je les connais depuis longtemps. Certains sont des amis de longue date, on a fait le Conservatoire ou l’université ensemble.  Pour moi, ce sera un peu comme revenir à la maison. J’ai été un expatrié pendant 15 ans; je suis passé par Vienne, l’Espagne, l’Australie. Bien que je n’aie jamais coupé le cordon ombilical avec le Québec, j’y suis plus souvent.»

Son mandat à la direction artistique débutera sous peu, alors que son travail de chef attitré ne sera officiellement entamé qu’à la prochaine saison. Le chef ne cache pas sa hâte d’assumer ses nouvelles responsabilités, alors qu’il prépare cette «entrée en scène» à la direction d’orchestre depuis 10 ans.

«Je suis de retour avec ma crowd, mes amis. On va faire de la musique ensemble. Ce sera vraiment fabuleux», exprime-t-il, donnant momentanément l’illusion que l’on a affaire à un rock band.

Pour occuper ses nouvelles fonctions, Da Costa a dû libérer son agenda, délaissant quelques engagements, dont celui de chef de département de l’Académie australienne des arts de la scène de l’Australie occidentale à l’Université Edith Cowan. Mais il assure toujours la direction artistique du Festival international Hautes-Laurentides.

«Je vais me donner corps et âme pour l’OSDL. Et il y aura bien sûr des vases communicants. On espère voir l’OSDL au Festival international Hautes-Laurentides, ainsi que dans tous les autres festivals au Québec et ailleurs aussi.»

La signature OSDL

La démocratisation de la musique classique fait partie du discours des orchestres symphoniques depuis un temps déjà. Alexandre Da Costa en fait un véritable cheval de bataille. Pour preuve, sa récente proposition Stradivarius à l’opéra, qui s’adresse tant aux mélomanes avertis qu’aux néophytes, entre autres grâce à un «contexte et un contenant accessibles».

«Un concert classique où il n’y a pas d’humour, d’ouverture ou de sourire, c’est triste, à mon avis.»

– Alexandre Da Costa

Trouver des moyens de communiquer à un plus grand nombre sa passion de la musique classique est la pierre angulaire de ce qu’il propose pour l’OSDL.

«C’est clair que ça passe par la programmation, mais aussi par le discours entre les artistes et les gens potentiellement intéressés à acheter des billets. On a un bassin de population incroyable, mais il faut avoir la bonne offre, présentée de la bonne manière. Ce sera une de mes priorités: que l’OSDL soit perçu comme une institution que tout le monde peut visiter.»

Définir une offre distinctive et novatrice, qui se doit d’être plus précise dans un contexte où l’offre culturelle évolue, a alimenté les discussions entre Alexandre Da Costa et l’OSDL.

«On doit développer une signature propre, sa personnalité. Là-dessus, Alexandre nous a donné des réponses très précises», souligne le président du conseil d’administration de l’Orchestre Jean-Marc Léveillé.

Un collègue

Un chef qui est aussi violoniste contribuera d’ailleurs peut-être au prochain ADN de l’OSDL. Da Costa imagine une multitude de formules de concerts, de la traditionnelle avec le chef sur son podium à celle où le chef pourrait aussi jouer au sein de l’orchestre.

«Toutes ces formules existent et sont de plus en plus présentes partout. Ce sera l’unicité de l’OSDL.»

Il n’est d’ailleurs pas rare qu’un musicien se retrouve avec la baguette sur le podium. «Un musicien qui s’intéresse à la direction doit avoir quelque chose à dire musicalement. J’ai toujours eu cette vision. J’ai besoin de partager ma vision.»

La transition entre Alexandre Da Costa et son prédécesseur Marc David ne donnera pas lieu à un changement drastique. Si un chef donne incontestablement une couleur à un orchestre, une vision s’élabore d’abord et avant tout en équipe.

«J’ai des goûts musicaux et je suis excité par certains projets. Je vais essayer de rallier tout le monde à un projet qui pourrait être rafraîchissant. J’ai mes idées très précises, mais il peut y avoir une transition. On va juste avancer.»

Da Costa compte prendre exemple sur les chefs qui «laissent respirer» les musiciens et qui savent adapter leur vision.

«C’est là que je vais me situer: la liberté avant tout. La liberté musicale donne parfois des choses fabuleuses; d’autres fois, il faut remettre de l’ordre un peu, et c’est là qu’on va négocier. Je veux que les musiciens se sentent libres, écoutés. Qu’ils sentent que je suis un collègue de plus.»

 

Alexandre Da Costa et le président du C.A. de l’OSDL Jean-Marc Léveillé

52 candidats

Au printemps dernier, l’OSDL a lancé un concours afin de remplacer son maestro Marc David qui, après 25 ans, terminera sa dernière saison dans quelques mois.

Au total, 52 candidatures de partout à travers le monde ont été reçues. Une sélection de candidats a fait des entrevues avec des musiciens, administrateurs et représentants des gouverneurs de l’OSDL. La musicalité, l’intendance orchestrale, les habiletés de communication et l’innovation étaient parmi les critères de sélection.

«À notre plus grande surprise, Alexandre a montré de l’intérêt, explique le président du C.A. Jean-Marc Léveillé. Et ç’a allumé. Puis, les discussions ne se sont qu’accentuées. Tout se confirmait, Alexandre et l’équipe voyaient les défis de la même façon.»

La venue d’un nouveau chef est devenue une opportunité de voir l’orchestre avec des yeux différents, avec une nouvelle proposition d’œuvres.

«L’annonce de Marc s’était faite en concordance avec une planification stratégique déjà en cours. Il y avait une remise en question, une redéfinition de la vision et objectifs, relate M. Léveillé, qui dit néanmoins avoir été surpris lorsque Marc David a fait part de son intention de «lever la pédale».

«Marc avait toute ma confiance pour continuer le projet. Il avait déjà donné beaucoup; 25 ans, c’est très rare.»

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