Culture

Aller-retour Longueuil-Montréal… en bateau à chevaux!

le mercredi 23 novembre 2022
Modifié à 17 h 05 min le 17 novembre 2022

Illustration d’un bateau à chevaux en usage dans la région de Toronto au XIXe siècle. John Ross Robertson, « The second ferry horse boat », Robertson’s Landmarks of Toronto, vol. 2, p. 763.

Dans le rétroviseur 
Une collaboration spéciale de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).

Par Anne-Marie Boisvert, bibliothécaire à BAnQ

Le bateau à chevaux, ça vous dit quelque chose? Peu connus aujourd’hui, ces traversiers mus par la force animale étaient présents sur les eaux canadiennes au XIXe siècle, s’immisçant entre la voile et la vapeur. 

Le bateau à chevaux se compose d’une barge accompagnée de deux roues à aubes. Sur le pont, autour d’une sorte de tourniquet, des chevaux – généralement au nombre de deux à six – trottinent afin d’actionner le mécanisme des roues. L’embarcation peut être couverte, mais de façon partielle seulement, laissant les passagers vulnérables aux éléments. Utilisés pour faire la navette entre les rives d’un cours d’eau, les bateaux à chevaux sont répandus un peu partout au Canada, par exemple entre Montréal et Longueuil ainsi qu’entre Lachine et Châteauguay.

Le bateau L’Edmond est parmi les premiers de la sorte à faire la navette entre Longueuil et la métropole. Une annonce parue dans le journal La Gazette canadienne en avril 1823 renseigne sur les tarifs de fret et de passage : il en coûte quatre pence pour un piéton, 10 pence pour une personne à cheval, un shilling pour une charrette et son cheval, etc. La traversée dure une heure et, si elle a un certain charme, ce charme est surtout rustique : cochons, bœufs, vaches, moutons, calèches et charrettes sont également admis à bord. 

L’activité des traversiers est encadrée par de la réglementation qui s’applique notamment aux tarifs, aux heures et au nombre de départs, à la concurrence ainsi qu’aux installations pour le débarquement et l’embarquement. Les règlements précisent également que « le traversier sera obligé de tenir à son service des hommes sobres et capables et d’avoir en bon état le bateau, les chevaux et tous ses agrès » (Le Spectateur canadien, 7 juin 1823). Voilà qui est rassurant! 

Bien que rudimentaires, les bateaux à chevaux sont plus économiques, sécuritaires et fiables que les bateaux à vapeur dernier cri, dont les risques d’explosion sont élevés. L’évolution de la technologie à vapeur aura toutefois raison d’eux. Les traversiers à chevaux disparaîtront peu à peu durant la deuxième moitié du XIXe siècle.

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Annonce « Le bateau à chevaux L’Edmond » parue dans le journal La Gazette canadienne, 16 avril 1823, p. 3.
 

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