Opinion

Aussi bien s’habituer au télétravail

mardi le 09 novembre 2021
Modifié à 0 h 00 min le 06 novembre 2021
Par René Vézina

René Vézina (Photo : Gracieuseté)

Après des mois et des mois de prudence, le gouvernement du Québec vient d’annoncer qu’il n’est plus nécessaire de privilégier le télétravail. Mais les travailleurs, eux, ne sont pas nécessairement du même avis.

C’est ce qui ressort d’une des conférences présentées à la 7e édition du Forum immobilier commercial, tenu à Montréal le 3 novembre, et organisé par l’Association professionnelles des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ). Ils étaient environ 600 à participer à l’événement en mode virtuel.

En début de journée, une experte reconnue du milieu immobilier, Marie-France Benoît, est venue exposer les grandes perspectives et tendances de l’industrie. Elle est directrice principale, développement stratégique, du Groupe Altus. 

Sa conférence était riche en informations significatives et un point en particulier a dû faire sourciller – virtuellement – bien des participants: plus de la moitié des employés présentement en télétravail veulent le demeurer. La tendance se maintient, données sérieuses à l’appui.

En 2020, un sondage justement réalisé par le Groupe Altus auprès de 1000 personnes habituellement employées au centre-ville de Montréal signalait que 67% d’entre elles voulaient continuer à travailler de la maison pendant au moins la moitié de la semaine.

En 2021, alors que la pandémie est en train – apparemment – de se calmer, un nouveau sondage effectué dans les mêmes conditions vient d’arriver sensiblement au même résultat. Qui plus est, ces gens tiennent encore davantage au télétravail, puisque la proportion atteignait 71%!

On peut présumer des motifs; moins de temps perdu dans le trafic, donc moins de stress, et une meilleure conciliation famille-travail. Sans compter de bons résultats quant au rendement professionnel, puisque bien des entreprises concernées ont fini par accepter le modèle, alors que certaines craignaient au départ qu’on leur «vole du temps».

Est-ce que cette façon de faire va se prolonger? Chose certaine, alors que les bouchons de circulation ont fait leur retour dans le Grand Montréal, entre autres parce que le transport en commun est encore vu avec méfiance, et à la veille de la fermeture du pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, il ne sera pas facile de convaincre les banlieusards de recommencer le navettage.

Si c’est le cas, les conséquences seront nombreuses, du moins à court terme, et ça dépasse la demande pour l’immobilier qui explose en banlieue, sans compter la pression sur les écoles, les services de santé et les autres.

On ne s’attend plus à un déclin prolongé du centre-ville, mais il est maintenant clair que le modèle hybride de travail (quelques jours en ville, les autres à la maison) ne disparaîtra pas demain matin.

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