Bête noire, un drame lumineux tourné à Longueuil

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Par Ali Dostie
Bête noire, un drame lumineux tourné à Longueuil
Isabelle Blais et Sophie Cadieux (Photo : Gracieuseté - Lou Scamble)

Présentement en tournage à Longueuil, Bête noire, première série de la réalisatrice Sophie Deraspe (Antigone, Les loups), décortique les dommages collatéraux d’un événement tragique : un geste impardonnable commis par un adolescent, Jérémy.

La série de six épisodes met en parallèle une enquête policière et celle d’une psychiatre-coroner. Elle est centrée sur la mère de Jérémy, incarnée par Isabelle Blais, et la coroner, jouée par Sophie Cadieux.

«L’enquête policière cherche à comprendre pourquoi, comment, alors que la coroner se demande : dans quel état d’esprit était-il pour en arriver là?, explique le producteur Louis Bolduc, se gardant de donner trop de détails. On se rend compte qu’il y a une multitude de facteurs. Il n’y a pas qu’une cause.»

Le producteur Louis Bolduc

M. Bolduc relève l’écriture à la fois «très délicate et révélatrice» des auteurs Patrick Lowe et Annabelle Poisson. «Elle rend bien tout ce drame, tout en gardant ça lumineux.»

À propos de Sophie Deraspe, «qui nous a tous subjugués avec Antigone», il insiste sur sa sensibilité à l’égard du sujet, sur sa lecture des personnages. Celle qui a tourné à quelques reprises avec les adolescents sait «faire sortir d’eux des choses qu’on ne soupçonnait pas».

Le jeune homme de 16 ans qui a commis le geste irréparable est incarné par Zakary Auclair (L’effet secondaire, District 31).

«Il devait porter cette dualité du garçon bientôt adulte. On devait retrouver cette dualité dans son physique, détaille le producteur, à propos de ce qui était recherché durant les auditions. Zakary incarnait bien ce point de bascule.»

Sur la Rive-Sud

Isabelle Blais incarne la mère de Jérémy.

Entamé le 19 septembre et s’échelonnant jusqu’au 23 novembre, le tournage se déroule majoritairement à Longueuil, dans des résidences privées, ainsi qu’à l’ancien poste de police du boul. Curé-Poirier; un lieu prisé des production télévisuelles et cinématographiques pour reproduire le milieu policier.

Des commerces de la rue Victoria, à Saint-Lambert, figurent aussi parmi les lieux de tournage.

«Nous avons 45 jours de tournage, ce qui est un bon ratio. C’est rare qu’on a ça», reconnait M. Bolduc. Des journées supplémentaires dont la pandémie est la grande responsable, alors que l’application des mesures sanitaires nécessite plus de temps et d’argent.

«Avec la construction, on est un des rares secteurs où on se retrouve beaucoup de monde ensemble. Un plateau, c’est minimum 40 personnes, en plus des comédiens et figurants.»

Tourner la proximité

 

Un tel drame ne peut se jouer sans certaines scènes de proximité.  «Au départ, on ne voyait pas comment on pourrait le faire», admet Louis Bolduc.

«On se retrouve avec des scènes de situations très dramatiques. Il y a beaucoup de soutien entre les personnages, ce sont des scènes très émotives.»

– Louis Bolduc

Un tel drame ne peut se jouer sans certaines scènes de proximité.

Au-delà du droit à 15 minutes par jour par comédien à moins d’un mètre, le producteur cite de nombreuses règles sous-jacentes. Des accolades, oui; joue à joue, non.

«Deux personnages qui se serrent dans leur bras ne peuvent pleurer en même temps. Donc, on filme un comédien, pendant que l’autre porte un masque, pour ensuite filmer l’autre acteur.»

Le producteur ne s’est pas encore aventuré à la forme de triche qui permet de voir à l’écran deux comédiens s’embrasser. Un tel contact étant évidemment proscrit, les deux acteurs doivent tour à tour embrasser…une balle de styromousse. La postproduction fait le reste. «On l’a vu jusqu’à maintenant et… ça marche relativement bien», dit-il, peu convaincu.

Malgré les contraintes, Louis Bolduc espère que la série saura s’inscrire dans le paysage télévisuel québécois, comme l’ont fait d’autres productions d’Encore télévision, à qui l’on doit entre autres Lâcher prise, Les beaux malaises et Léo.

Bête noire sera diffusée sur Séries Plus en avril.

Isabelle Blais et Sophie Cadieux
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