Blizzard: tempête d’émotions et de poésie

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Par Ali Dostie
Blizzard: tempête d’émotions et de poésie
(Photo : Gracieuseté - Sébastien Durocher)

Au Théâtre de la Ville le 20 mars

Une bourrasque, une tempête, que dire… un Blizzard s’abattra sur la scène du Théâtre de la Ville le 20 mars. Un blizzard traînant avec lui poésie, bonne humeur et acrobaties. Entrevue avec le directeur général et artistique de FLIP Fabrique Bruno Gagnon, qui était de la troupe de Blizzard pour les 85 premières représentations. Il œuvre actuellement à la conception de trois productions, les «trois prochains bébés» de la compagnie.

D’où est venue l’idée d’explorer le thème de l’hiver?

La compagnie FLIP Fabrique venant de Québec, la neige, on connaît! C’est qui on est, c’est très rassembleur. Et pour ceux qui n’habitent pas le Canada, ceux pour qui le plus froid qu’ils ont connu est de se mettre une main dans le congélateur, c’est exotique!

Pour nous, c’est surtout très naturel: la bataille de boules de neige, la langue qui colle sur le métal, il y a plein de faits cocasses. On ne retrouve pas de dramaturgie linéaire dans le spectacle; c’est plus une série de tableaux, une vague d’émotions et de sentiments à travers une multitude de tableaux d’hiver.

Dans quel type d’univers est plongé le spectateur?

On plonge les spectateurs dans l’univers circassien, cet univers poétique, amical, léger, enjoué que l’on retrouve chez FLIP Fabrique. Puis, pour la première fois dans un spectacle de tournée, un musicien est sur scène. C’est un personnage à lui seul. Ça apporte une note très poétique.

Vous avez dit à propos de Blizzard que c’était jusqu’ici le spectacle le plus abouti de FLIP Fabrique. En quoi?

C’est la création la plus longue; plusieurs éléments de conception ont été pensés à l’avance: les costumes, la lumière, les disciplines, les acrobaties. On a un trampo-mur… pas de mur! On pousse au maximum.

L’immense structure est employée de multiples façons.

D’ailleurs, un trampo-mur sans mur, où les acrobates doivent sauter du trampoline jusqu’au haut d’une structure vide, est-ce un plus grand défi?

D’un point de vue technique et acrobatique, c’est plus complexe. On s’est demandé: et si on enlevait le mur? Au début, tout le monde disait: ben non, ça ne marchera pas. On a essayé et puis, écoute… c’est tout à fait faisable!

Dans les neuf productions de FLIP Fabrique, on a intégré le trampo-mur, mais chaque fois d’une manière différente: avec des mâts chinois, ou encore à partir d’un gros camion. On a toujours su réinventer cette discipline.

Blizzard compte huit artistes sur scène, comparativement à une troupe habituelle de six ou sept personnes. Est-ce que cela a demandé beaucoup d’adaptation?

Pour la création, ça simplifie le travail. C’est la grosseur du spectacle et les images qui s’en voient bonifiées. Les effets de troupe sont plus forts. Mine de rien, on grossit la troupe de 15%.

Est-ce que la difficulté technique d’un numéro est toujours reconnue à sa juste valeur? Est-ce que les applaudissements soulignent toujours les prouesses les plus ardues?

Des fois, tu viens de faire quelque chose d’excessivement difficile, et le public n’applaudit pas. D’autres fois, il applaudit à quelque chose de plus facile, parce qu’il le voit et le comprend. C’est la vie d’un circassien normal! La difficulté n’est pas toujours perçue: entre un triple back ou un double back, jongler avec une balle de plus, est-ce que les gens voient la différence? Pourtant, la difficulté est énorme.

Les artistes sont tous des prodiges. Ils vont pousser au maximum, même si ce n’est pas 100% du public qui va le voir.

Est-ce qu’un spectacle de cirque évolue au fil d’une tournée?

C’est comme une personne: le spectacle grandit, il vieillit. Blizzard a dépassé sa 100e représentation. C’est encore un gros bébé! Mais il mature, c’est un work in progress, c’est de l’art vivant. Les numéros deviennent plus tights, on peaufine chaque parcelle. On travaille avec des passionnés.

 

 

 

Soutenir la mission éducative du Théâtre de la Ville

La représentation de Blizzard est une occasion de soutenir la mission éducative du Théâtre de la Ville et de favoriser l’accessibilité aux arts de la scène aux 14 000 jeunes qui fréquentent chaque année l’établissement.

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