Ces plantes qui blessent

Photo de Patricia Blackburn
Par Patricia Blackburn
Ces plantes qui blessent
(Photo : Archives - Le Soleil de Châteauguay)

Plusieurs plantes nuisibles présentes dans la région peuvent être dangereuses si leur sève entre en contact avec la peau.

Un jeune de Châteauguay l’a appris à ses dépens en 2018. Alors qu’il jouait au minigolf à Mercier, Maxime Lefevbre, alors âgé de 17 ans, s’était brûlé à la main après être allé chercher sa balle tombée sur un terrain vague. «Une brûlure assez grave, avec des cloques d’eau, et qui a pris plusieurs semaines à guérir», détaillait sa mère, Danielle Fleurant. Le jeune homme ne pouvait toutefois pas identifier clairement la plante responsable de sa blessure, probablement de la famille des berces.

Une autre citoyenne de Châteauguay avait quant à elle subi des brûlures à une jambe après avoir marché sur la tige d’un panais sauvage.

Des molécules «photosensibles»

Claude Lavoie (Photo: Gracieuseté)

Claude Lavoie, professeur de biologie à la Faculté d’aménagement, d’architecture, d’art et de design de l’Université Laval, explique que le panais sauvage fait partie de la même famille que le céleri. Tout comme la berce laineuse, la berce commune, et la berce du Caucase, une plante plus grande dont la présence est étroitement surveillée par le ministère de l’Environnement.

La sève de ces plantes contient des toxines «photosensibilisantes». Lorsque celles-ci sont activées par la lumière, elles rendent la peau très sensible au soleil, causant des plaies, des ampoules et des brûlures. Les cicatrices peuvent persister pendant plusieurs mois, voire des années.

Peu de cas rapportés aux autorités

Selon M. Lavoie, le panais sauvage est très abondant partout au Québec. «Il y en a tellement, notamment dans les fossés et en bordure des routes, que je ne vois pas comment il serait possible de s’en débarrasser». D’autant que, selon lui, la plante constitue un risque «moyen» pour la santé publique, contrairement à la berce du Caucase, qui elle peut causer des brûlures très graves. Cette dernière plante serait toutefois peu présente en Montérégie, dit-il.

Panais sauvage (Photo: Ministère de l’Environnement)

«En laboratoire, on a pu voir que la molécule toxique présente dans la sève du panais sauvage avait une concentration aussi élevée que dans celle de la berce du Caucase, mentionne le biologiste. Mais dans la pratique, j’en doute fort. Car du panais sauvage, il y en a des millions. Et les cas de brûlures rapportées sont très rares», observe-t-il.

Un fait confirmé par la Direction de la santé publique de la Montérégie, qui rapporte peu de signalements concernant les plantes nuisibles toxiques. «Les signalements reçus concernaient la berce du Caucase ou l’herbe à puce», indique-t-elle.

Les villes de Châteauguay, Mercier et Léry n’ont aussi reçu, à ce jour, aucun signalement à cet égard.

Savoir identifier les plantes toxiques

Pour l’heure, la meilleure solution pour se protéger de ces plantes serait de savoir mieux les identifier. Ce qui, selon M. Lavoie, représente un grand défi. Il donne l’exemple de l’herbe à poux et de l’herbe à puce, que la majorité des gens ne savent pas encore reconnaître ou même différencier malgré les campagnes de sensibilisation mise en place par plusieurs municipalités.

Berce caucase (Photo: Ministère de l’Environnement)

Quelques sites Internet, notamment l’outil «Sentinelle» du ministère de l’Environnement, donnent accès à des renseignements sur les plantes nuisibles comme la berce du Caucase et le panais sauvage. L’outil permet également de signaler la présence d’une de ces plantes sur le territoire.  Quelques villes, dont celle d’Ottawa et de Gatineau, ont émis des avis concernant ces plantes, soit avec des affiches installées aux endroits où elles se trouvent en abondance (notamment concernant le panais sauvage), soit avec une fiche descriptive sur le site Internet.

Autres types de plantes nuisibles

L’herbe à puce, qui ne fait pas partie de la même famille que les berces et le panais sauvage, peut aussi causer des lésions cutanées. «Dans ce cas, on parle d’allergie plutôt que de brûlures», note M. Lavoie. L’herbe à poux, de son côté, peut être touchée sans risque. C’est plutôt son pollen qui cause des allergies, lorsque libéré dans l’air de la fin juillet jusqu’aux premières gelées.

En cas de contact

En cas de contact avec la sève de l’une de ces plantes, la Direction de la santé publique de la Montérégie  recommande de laver rapidement l’endroit touché avec du savon, puis de rincer abondamment à l’eau claire. La peau doit également être gardée à l’abri de la lumière.

Comment se débarrasser des plantes

Dans le cas des plantes de la famille des berces, la fauche n’est pas utile. La racine pivotante doit être retirée du sol avec une pelle. L’usage d’herbicide ne doit être considéré qu’en tout dernier recours, par exemple s’il y a infestation de la plante dans une cour d’école.

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