Cessons de parler de «drames familiaux»

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Par Claude Poirier
Cessons de parler de «drames familiaux»
Claude Poirier (Photo : Gravité Média)

Je suis renversé chaque fois que j’entends parler dans les médias qu’un autre «drame familial» a coûté la vie à des enfants. J’ai été le premier à dire qu’il fallait arrêter de parler de drames familiaux à l’époque du Négociateur à LCN, il faut parler de meurtres gratuits. Surtout quand il s’agit de jeunes enfants.

Je veux revenir sur cette histoire qui s’est passée dans le secteur Hochelaga à Montréal où un père a assassiné ses enfants de 5 et 7 ans avant de s’enlever la vie, il y a quelque temps. Ils avaient la vie devant eux. À cause d’une personne malade, ils ont perdu cette chance. Ce qu’on entend par rapport à cet événement, c’est que leur papa était un bon père de famille. On entend cela régulièrement de la part des voisins lorsque ces histoires arrivent.

La folie ne s’explique pas. Mais, on peut se demander pourquoi un individu qui vivait des moments difficiles, qui est allé à l’hôpital psychiatrique, se retrouvait tout de même avec ses deux enfants.

Il y a une responsabilité que les proches doivent prendre. Rappelons-nous l’affaire Turcotte. Quand la mère de Guy Turcotte a décidé de me parler publiquement pour la première fois, elle m’a raconté les circonstances du drame. Elle avait appelé plusieurs personnes, dont la mère des enfants, pour leur dire qu’elle craignait qu’il arrive quelque chose. Elle ne comprenait pas l’attitude de son fils. Elle avait supplié que quelqu’un aille chercher les enfants. Ça n’a pas été fait.

Il va falloir également que les autorités en place prennent leurs responsabilités. Est-ce normal que l’individu ait séjourné 24 heures en psychiatrie et qu’il ait été relâché? Je me pose des questions sur les autorités dans les institutions comme les hôpitaux. Ce sont eux qui décident si une personne est apte ou non à retourner chez elle.

Je me souviens d’être allé reconduire des gens, notamment à l’hôpital psychiatrique Louis-Hippolyte-Lafontaine, parce qu’ils menaçaient de se suicider. Quatre heures après, ils me rappelaient pour me dire qu’ils étaient sortis. Il y a quelque chose qui ne va pas.

C’est bien beau de mettre de l’argent dans le système de santé, mais il faut surtout voir à mettre l’argent dans des secteurs névralgiques comme la santé mentale. J’espère qu’avec un autre de ces meurtres d’enfants qui vient de survenir, on va se pencher sur la situation.

10-4!

(Propos recueillis par Gravité Média)

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Bizarre ce que vous dites sur l’affaire Turcotte. J’ai suivi de très près cette affaire et c’est la première fois que j’entends parler du fait que la mère ait appelé Isabelle Gaston. Même lors de son témoignage en cours elle n’en a fait aucune mention. La seule personne à qui elle a demandé d’aller chez son fils le soir du drame est le père de Turcotte qui, lui, a refusé.