Chien d’assistance Mira au parc Michel-Chartrand: quand l’incompréhension mène à l’intimidation

Photo de Ali Dostie
Par Ali Dostie
Chien d’assistance Mira au parc Michel-Chartrand: quand l’incompréhension mène à l’intimidation
Florent Côté et Kora (Photo : Ali Dostie - Le Courrier du Sud)

Kora est un chien d’assistance Mira. Elle a tous les droits de circuler dans les sentiers du parc Michel-Chartrand, malgré le règlement y interdisant les chiens. Pourtant, c’est au quotidien que son maître Florent Côté, atteint d’un trouble du spectre de l’autisme (TSA), se fait interpeller par des citoyens, sur un ton parfois désobligeant. Pour que ça cesse et pour aider d’autres personnes dans sa situation, Florent veut sensibiliser la population.

La plupart des citoyens ne remarquent pas le harnais Mira ou ignorent simplement l’existence des chiens d’assistance pour jeunes autistes. Certains souhaitent avertir Florent et ses parents qu’ils pourraient se retrouver avec une amende. Une fois les explications données, ils comprennent. Ce n’est malheureusement pas le cas de tous.

«La majorité sont super gentils, assure Francis Côté, père de Florent. Mais il y a un 5% qui nous interpellent de façon vraiment pas sympathique, qui ne veulent rien comprendre ou qui nous font un air de bœuf. Ma conjointe désamorce en leur souriant et leur disant bonjour. Des fois, moi, j’aurais envie de les puncher

Des propos qui, on le comprendra, révèlent plus une exaspération qu’une intention de violence.

Certains disent à Florent que puisqu’il n’est pas aveugle, il n’a pas droit à un chien Mira.

Florent et son père Francis Coté

«Ça me met mal à l’aise. C’est désagréable, explique le jeune homme de 16 ans. Et le reste de la balade est plus plate que s’il n’y avait rien eu.»

Ces invectives, qui arrivent au moins une à deux fois par semaine, ne sont pas sans conséquences et ont récemment troublé Florent au point où il ne voulait plus retourner au parc.

«C’est assez pour détruire le reste de la promenade. Si on change ses habitudes, ça peut scrapper sa routine pour quatre mois», évoque M. Côté.

Pour illustrer l’importance des habitudes chez les personnes atteintes d’un TSA, il raconte qu’une fois, après avoir intégré des protéines aux crêpes de son fils – qui a remarqué le «subterfuge» –, c’en a été fini des crêpes pour deux ans.

Lorsque M. Côté ou sa conjointe marchent seuls avec le chien, afin de lui faire faire l’exercice dont elle a besoin, l’incompréhension est encore plus grande. Mais comme membres de la famille, les deux parents peuvent la promener seuls.

Problème ciblé

Florent, en compagnie du conseiller Jonathan Tabarah

Francis Côté s’étonne de ce phénomène au parc Michel-Chartrand, alors que son fils peut facilement entrer dans des commerces avec Kora sans se faire importuner. Kora a même déjà pris l’avion. Il remarque d’ailleurs que les commentaires viennent de personnes de plus de 45 ans. «Les enfants connaissent ça, ils savent par exemple qu’il ne faut pas toucher au chien.»

Le père souhaiterait d’ailleurs que des affiches aux entrées des parcs indiquent que les chiens d’assistance sont autorisés. Il en a fait la suggestion au conseiller municipal du district, Jonathan Tabarah, qui a d’ailleurs mis en contact le journal avec la famille.

«C’est important que les gens prennent conscience que ces enfants qui ont des problématiques n’ont pas à vivre l’intolérance des autres», soutient M. Tabarah.

Ce n’est pas non plus le rôle des citoyens de «jouer à la police», rappelle-t-il  «Pour eux [la famille Côté], leur chien, c’est un élément essentiel dans l’équation. Ils ont le droit de vivre heureux.»

«Support sur quatre pattes»

Dans la famille depuis quatre ans et demi, Kora accompagne Florent partout, jusque dans son lit.

Elle suit aussi Florent à l’école. Dans un moment de stress, comme un examen, il peut lui flatter l’oreille, et ça le calme.

«J’ai un support émotionnel sur quatre pattes! témoigne Florent, qui entamera sa dernière année de secondaire à l’automne. Ça m’apaise, moi, et tout le monde! Des fois, je m’assois par terre, je la flatte deux minutes, et je relaxe instantanément.»

Si la pandémie et le confinement ont bousculé les habitudes, rester à la maison pendant plusieurs mois n’a pas du tout déplu à Florent.

«Normalement, juste aller à l’école, c’est pour lui déjà suffisant. Alors rester à la maison, avec les cours en ligne et les jeux vidéo, il était plus qu’heureux! lance son père. Les autistes pouvaient être très contents dans ces conditions, mais c’est un problème, car ils perdent de leurs aptitudes de socialisation.»

Peut-être que la 5e secondaire donnera une motivation supplémentaire à Florent à la rentrée. «C’est la dernière étape, j’ai hâte!»

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
11 Commentaires
plus ancien
plus récent plus voté
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires
Alain Beauchamp
Alain Beauchamp
8 mois

Au lieu du parc Michel-Chartrand, vous pouvez aller marcher les 6 kilomètres du Boisé du Tramblay ou les chiens sont autorisés. Le parc Michel-Chartrand est le seul endroit de Longueuil ou les chiens ne sont pas admis. Les chiens sont autorisés partout: pistes cyclables, pistes multifonctionnelles, trottoirs, parcs de quartiers et mëme le parc de la Cité -Saint-Hubert.

Myriam Courbron
Myriam Courbron
8 mois
Répondre à  Alain Beauchamp

Mme Dostie, jaimerais vraiment vous parler suite à cet article, étant présidente d’un organisme de chiens d’assistance pour TSPT, afin d’appuyer ce texte puisqu’il est si important. Nous sommes tous en collaboration puisque nous avons des missions differentes. Mais les réalités vécues par les bénéficiaires sont pareilles et insupportables.
Encore même ici dans les commentaires, même après un article qui prône la sensibilisation … certains commentent « pourquoi tu ne vas pas ailleurs où ils accpetent les chiens…? » PARCE QU’UN CHIEN D’ASSISTANCE PEUT ALLER PARTOUT ET NE DOIT PAS ÊTRE EN CONTACT AVEC D’AUTRES CHIENS (non éduqués car sil attaque… oups… tu comprends là?) DANS LE BUT D’ASSISTER SON MAÎTRE LE MIEUX POSSIBLE. c’est complètement ABERRANT d’avoir à expliquer ça… mais je le ferai pour les 20 prochaines années.
AUCUNE PAROLE
REGARDE AILLEURS
ET LAISSE MOI ME REPOSER DEHORS COMME TOI!!!

Simple comme ça.

Elodie
Elodie
8 mois
Répondre à  Myriam Courbron

Madame Courbon,
En tant que présidente d’un organisme de chiens d’assistance et même si les propos des gens n’abondent pas dans votre sens, il est de votre devoir… que dis-je… de votre responsabilité d’éduquer les gens. Ce n’est donc pas en leur aboyant dessus que vous allez leur faire COMPRENDRE qu’un chien d’assistance doit être protégé des autres chiens (parce que tsé, sur le chemin entre la maison et le parc, y’en a pas de chiens… et tsé, les chiens Mira ne sont PAS dressés pour gérer les autres chiens et les autres chiens ne sont pas dressés non plus…). Mais le problème, ma chère madame, n’est même pas seulement là. Le problème est que la routine de Florent implique ce parc là. Et que donc, avec ou sans un chien, il est obligé d’aller là pour ALLER BIEN. Et c’est le seul truc qui importe : le bien-être de cet enfant. Et ça, il n’y avait pas besoin de gueuler sur les gens pour l’expliquer posément. Redescendez sur terre si vous voulez faire votre travail correctement.

Signée une personne qui a intérêt pour la cause et aimerait bien qu’elle soit représentée dignement par les personnes responsables !

Joel
Joel
8 mois
Répondre à  Alain Beauchamp

Alain Beauchamps. Aviez-vous l’article au complet ? On dirait pas. Car, vous n’avez toujours pas comprit que les chiens d’assistance on droit d’aller partout y compris aux endroits où les chiens sont interdit. Les chiens d’assistance sont exceptés de toute interdiction interdisant les chiens. Dont, il a parfaitement d’aller au parc Michel-Chartrant avec son chien d’assistance. Son chien d’assistance est son moyen de pallier son handicap. Les chiens sont interdit au parc Michel-Chartant à l’exception des chiens d’assistance. C’est interdit par la loi de refuser un chien d’assistance. Est-ce-que plus vous comprenez maintenant qui a parfaitement le droit d’aller partout avec son chien d’assistance même au endroits où les chiens sont interdit ?

Caroline Gagnon
Caroline Gagnon
8 mois
Répondre à  Alain Beauchamp

Pourquoi il devrait changer d’endroit??? Son chien peut le suivre PARTOUT… Si les gens se mêlaient de leurs affaires ce jeune homme pourrait prendre sa balade tranquille.

Joëlle
Joëlle
8 mois
Répondre à  Alain Beauchamp

Voici un commentaire discriminatoire de votre part M Beauchamp. Qui, j’ose l’espérer, est le fruit d’un manque d’éducation et de sensibilisation. Le chien d’assistance est un moyen de palier au handicap et est protégé par la Charte des Droits et Libertés.
Pourquoi le jeune Florent devrait-il ne pas avoir droit d’aller au Parc Michel-Chartrand avec son chien D’ASSISTANCE? Ce n’est pas un chien de compagnie comme les autres, c’est un chien au travail avec son jeune maître…

Guylaine
Guylaine
8 mois
Répondre à  Alain Beauchamp

Il a le droit avec son chien d’assistance d’y aller! C’est ce qu’il tente de dire dans l’article!!! Que les chiens soit admis ou non dans un endroit; ce chien y a droit CAR c’est un chien d’assistance!!!

Sebas
Sebas
8 mois
Répondre à  Alain Beauchamp

👏 belle réponse de quelqu’un qui a compris

Joel Potvin
Joel Potvin
8 mois

Alain Beauchamps. Aviez-vous l’article au complet ? On dirait pas. Car, vous n’avez toujours pas comprit que les chiens d’assistance on droit d’aller partout y compris aux endroits où les chiens sont interdit. Les chiens d’assistance sont exceptés de toute interdiction interdisant les chiens. Dont, il a parfaitement d’aller au parc Michel-Chartrant avec son chien d’assistance. Son chien d’assistance est son moyen de pallier son handicap. Les chiens sont interdit au parc Michel-Chartant à l’exception des chiens d’assistance. C’est interdit par la loi de refuser un chien d’assistance. Est-ce-que plus vous comprenez maintenant qui a parfaitement le droit d’aller partout avec son chien d’assistance même au endroits où les chiens sont interdit ?

Martine
Martine
8 mois

Les employés aussi. Quand mon garçon avait son chien Mira c était pareil. Notre belle est décédés après 12 ans avec nous et même si il pouvait en avoir une autre car oui c est aidant. Le désagrément est aussi très dure à gérer pour une personne autiste et plus la personne devient adulte et pire son les mots des gens 😭

Manon
Manon
8 mois

Il y a des parents qui amènent le chien d’assistance de leur enfants pour une petite balade dans ce parc.

Il n’y a personne qui nécessite de l’assistance sur les lieux. mais le chien est quand même présent.

J’ai constaté ce phénomène à mainte reprise.

Moi aussi, j’ai un fils avec des difficultés, il est schizophrénique paranoïde. En autres, il a une peur irrationnelle des chiens et c’est un miracle quand je réussi à le faire sortir.

Dû à ces personnes qui amènent leur chien d’assistance même si la personne en besoin est absente, j’ai de la difficulté à prendre des marches avec mon fils.

Je crois que c’est un gros manque de respect d’amener un chien dans un tel endroit, quand ses services ne sont pas requis.

Quand le chien est nécessaire pour quelqu’un, mon fils le comprends.

Mais avoir des chiens quand ce n’est pas nécessaire semble irrespectueux.