COVID-19: l’opportunité dans la calamité

COVID-19: l’opportunité dans la calamité
(Photo : Archives – Le Courrier du Sud)

En temps de crise comme celle d’une pandémie, les aspects positifs peuvent parfois être difficiles à percevoir, alors qu’un nombre astronomique d’individus succombent à ce virus inexorable et que l’économie s’effondre comme un château de cartes.

Certes, l’espoir de jours meilleurs peut sembler utopique en ce moment, mais se peut-il qu’il soit perceptible non pas à court terme, mais bien à long terme? Cette pandémie nous permettra-t-elle de tirer des leçons de société qui nous permettront d’évoluer vers un avenir lumineux?

À notre avis, cette crise sans précédent était ce dont nous avions besoin afin de nous ouvrir les yeux sur les failles de notre système sociétal. Nous pensons qu’il s’agit là d’une occasion qu’il faut saisir afin de grandir en tant que société, comme l’exprime si bien cette citation de John F. Kennedy. «En mandarin, le mot crise est formé de deux caractères. L’un représente le danger. L’autre l’opportunité. En tant de crise, méfiez-vous du danger, mais saisissez l’opportunité.»

Tout d’abord, au Québec, nous pouvons nous entendre pour dire que les Centres d’hébergement de soins de longue durée, les CHSLD, sont derrière la majorité des cas et des décès de la COVID-19. Malheureusement, ces établissements hébergent des personnes d’âge mûr qui sont ainsi plus vulnérables à la maladie à coronavirus. Cela explique le nombre fulgurant de décès.

Cependant, une question demeure: comment se fait-il que ces institutions soient si touchées par le virus en terme de nombre de cas? À notre avis, la réponse à cette question met à nu des problématiques observées dans le système de santé depuis trop longtemps. Premièrement, selon nous, le salaire des préposés aux bénéficiaires (PAB), c’est-à-dire de ceux qui s’occupent en majorité des aînés dans les CHSLD, est trop bas. Ce salaire peut expliquer pourquoi certains employés ont refusé de continuer à travailler même si la vie des résidents en dépendait. Certes, l’argent n’est pas la solution à tout, mais une hausse de salaire pourrait motiver certains PAB à venir travailler malgré les difficultés liées à cette profession.

Cependant, le plus grand impact qu’une augmentation de salaire pourrait engendrer serait de valoriser l’emploi. Effectivement, un salaire plus généreux inciterait plus de gens à pratiquer ce métier ô combien important pour notre société, et par conséquent, aucune pénurie ne surviendrait et cela permettrait de diminuer les pertes humaines dans les CHSLD.

Nous pensons donc que l’une des leçons que doit tirer notre société de cette pandémie est celle de bien s’occuper de ses «anges gardiens», et la première étape à ce défi est d’augmenter leur salaire. Cela pourrait permettre d’éviter des catastrophes comme il est malencontreusement arrivé dans la Résidence Herron.

Par ailleurs, partout à travers la planète, cette crise a eu un impact indubitable sur l’environnement: celui-ci est enfin positif. En effet, un changement drastique quant aux émissions de gaz à effet de serre (GES) a été constaté, et ce, principalement grâce au ralentissement économique engendré par cette situation inouïe. Ainsi, la pollution atmosphérique est non seulement affectée positivement par la réduction des GES émis par le secteur du transport, mais aussi par la fermeture de nombreuses industries.

D’ailleurs, toutes ces répercussions indirectes de la crise actuelle ont mené notre société à moins consommer, ce qui est favorable pour l’environnement et certainement plus rentable pour nos portefeuilles. Durant cet isolement, nous avons coupé nos dépenses usuelles telles qu’acheter un café, aller au restaurant, magasiner. Selon nous, il s’agit d’un moment opportun afin de conserver immuablement nos habitudes de vie actuelles; espérons que notre société partagera cet avis…

Pourquoi retourner à nos anciennes habitudes qui étaient dégradantes pour notre planète et appauvrissantes pour nos comptes de banque? Par conséquent, si nous sommes en mesure de nous désaccoutumer de la surconsommation et de réduire nos déplacements en voiture, en bateau, en avion, etc., nous devrions être en mesure de maintenir cet élan vert qu’a occasionné ce virus.

En somme, on devrait se compter chanceux puisqu’il n’y aura pas toujours de pandémie afin de compenser pour nos tentatives dérisoires de sauver, en vain, notre planète.

En conclusion, nous sommes d’avis que l’humanité sortira grandie de cette pandémie puisque tout ce temps isolé, tels des ermites, nous a laissé le temps de penser à certains aspects déficients de notre société.

À notre avis, au Québec, nous devons tirer une leçon des CHSLD qui ont été pris au dépourvu par cette situation hors du commun. Afin d’éviter que cela se reproduise, nous espérons que ce virus aura amené le gouvernement à résipiscence pour que celui-ci hausse enfin le salaire des préposés aux bénéficiaires, permettant ainsi de valoriser cet emploi. Mentionnons également que nous devons tout autant nous inspirer de l’atrophie drastique de la pollution atmosphérique et de la surconsommation causées par cette crise, menant de cette manière notre planète à guérir à son tour.

Finalement, il reste à voir si notre société saisira l’opportunité tout comme l’aurait voulu John F. Kennedy.

Emmanuelle Paré et Nicolas Byrne, élèves de 4e secondaire du collège Notre-Dame-de-Lourdes

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