Crise du logement: La Virevolte s’inquiète

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Par Amélie Brissette
Crise du logement: La Virevolte s’inquiète
En guise de manifestation symbolique, une quinzaine de citoyens ont déposé des affiches aux abords du terrain laissé vacant sur la rue Ste-Hélène, dans le district de Coteau Rouge, le 19 juin. (Photo : Gracieuseté - Jean Casaubon)

La Maison La Virevolte appréhende une nouvelle crise du logement à Longueuil, qui toucherait particulièrement les familles, les jeunes, les femmes monoparentales, les personnes appartenant à une communauté culturelle issue de l’immigration et les personnes bénéficiant de l’aide sociale.

Le taux d’inoccupation des logements à Longueuil est passé de 3%, le seuil d’équilibre, à 2% au cours de la dernière année.

Selon le bulletin Perspective Grand Montréal 2019, à Longueuil, Brossard et Saint Lambert, seulement 9,2%, 2,3% et 4,7% des logements locatifs sont des logements sociaux et abordables.

Depuis sa fondation en 1985, La Virevolte joue un rôle actif dans le combat des inégalités sociales.

«Dès 2001, la Maison La Virevolte s’est impliquée activement dans la lutte pour le droit au logement, en pleine crise à l’époque, car les familles membres de l’organisme étaient souvent victimes de discrimination», soutient le coordonnateur, Guy Levesque.

Une hausse des prix et une baisse de la qualité

La demande est plus importante que l’offre présentement au sein du marché du logement. Cette corrélation occasionne une hausse rapide des prix.

Le loyer moyen à Longueuil, Brossard et Saint Lambert est respectivement de 744$, 885$ et 867$, alors qu’il est de 800$ dans l’ensemble de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), rapporte Perspective Grand Montréal.

L’état vieillissant des logements devient un enjeu majeur. «Plusieurs locataires vivent dans des logements en mauvais état, qui ont besoin de rénovations, qui sont aux prises avec de la moisissure, des logements qui sont mal isolés, mal chauffés ou non sécuritaires», se désole Guy Levesque.

De plus, la hausse du prix des logements de trois chambres et plus est encore plus marquée, ce qui augmente la pression sur les familles. L’augmentation moyenne serait de 3%, selon l’organisatrice communautaire à La Virevolte et responsable du dossier sur le droit au logement Marie-Ève Bouchard.

«Dans la région du Grand Montréal, plus d’un tiers des ménages consacrent plus de 30% de leur revenu au loyer, ajoute-t-elle. Cette part n’est donc pas investie dans les autres besoins, comme se nourrir ou se vêtir.»

Des propriétaires discriminatoires

Certains propriétaires profitent de cette crise du logement, pour tirer parti de la situation. «Ils exigent des paiements devancés ou des avances de fonds en argent comptant, soulève Guy Levesque. Des locataires doivent fournir des informations intrusives. Ils doivent remplir des formulaires ou répondre à des enquêtes abusives.»

«Il y a un resserrement au plan des critères de sélection des locataires, ce qui ouvre la porte à la discrimination et crée un rapport de force contre les locataires», continue-t-il.

Des revendications adressées à la Ville

La Maison La Virevolte croit que la Ville de Longueuil devrait en faire plus en matière de logements sociaux. Il y a de nombreux logements abandonnés et terrains désaffectés sur le territoire qui pourraient accueillir des locataires dans le besoin, selon Guy Levesque.

«Nos élus municipaux manquent cruellement d’engagement politique et de vision en matière de logement social, s’insurge-t-il. Depuis les dernières élections, il y a des lacunes quant à la mise en place de mesures concrètes visant à améliorer le bien-être de la population de Longueuil.»

«Il faut que la situation change, ça suffit. Il faut mettre les vrais enjeux sur la table et le logement social en fait partie», conclut-il.

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