De La Poune à Clémence Desrochers, Francine Lareau rend hommage à l’humour au

De La Poune à Clémence Desrochers, Francine Lareau rend hommage à l’humour au

Francine Lareau sur scène

Crédit photo : Photo: Gracieuseté/Michel-Hannequart

HUMOUR. Avec son deuxième one woman show ayant pour titre Merci Manda, La Poune, Dodo, Denise, Clémence et tant d’autres!, l’humoriste et comédienne Francine Lareau ne laisse peu de doute: elle rend hommage à ces femmes qui, par leur humour, ont fait avancer la société québécoise. Elle sera sur la scène du Théâtre de la Ville, le 3 novembre.

Dans une mise en scène de Joseph St-Gelais (Louis-José Houde, Laurent Paquin, Martin Petit), Francine Lareau enchaîne stand-up, chant, histoires et personnages, dans un spectacle d’humour qu’elle qualifie de drôle et touchant.

«Ça faisait longtemps que je voulais faire ça. Ce sont des femmes que j’admire. Elles ont toutes connues de longues carrières, sont aimées du public et sont des passionnées!»

Ces femmes, ce sont entre autres Manda Parent, Juliette Pétrie, La Poune, Dominique Michel, Denise Filiatrault, Clémence Desrochers, Marie-Lise Pilote… et plusieurs autres.

Certaines d’entre elles, Mme Lareau les a découvertes étant très jeune, d’autres au fil de ses recherches. Elle se dit inspirée par ces femmes qui ont marqué la scène de l’humour et qui ont su prendre leur place.

«Elles revendiquent beaucoup. Elles ont fait avancer la cause des femmes au Québec, sans forcément prendre position, mais simplement par leur travail», nuance-t-elle.

Elle cite en exemple Denise Filiatrault, qui a sorti le Théatre du Rideau vert du «marasme financier», à une époque où «plus personne ne voulait reprendre ça».  Elle donne aussi l’exemple de Rose Ouellette, qui a redressé le Théâtre national.

«Googler La Poune»

Si le spectacle peut rejoindre ceux et celles qui ont bien connu ces humoristes, Francine Lareau assure qu’elle sait aussi rallier les jeunes. Ce qui ajoute, par la bande, un volet éducatif au spectacle. Et un devoir de mémoire.

«On ne connait pas beaucoup ce que ces femmes ont fait à bout de bras! Déjà, dans les livres d’histoires, on ne parle pas beaucoup de femmes. On revient souvent sur Maurice Richard…», laisse-t-elle entendre.

«Le show fonctionne bien, les gens apprécient, ils rient, poursuit-elle. Et plein de jeunes viennent ensuite me dire qu’ils ne connaissent pas La Poune, ou Dominique Michel. Ils disent: “On va googler La Poune”!»

Et qu’est-ce que des artistes d’une autre époque peuvent bien pouvoir encore dire sur la société d’aujourd’hui? En relisant récemment sa biographe de Rose Ouellette, Francine Lareau a noté ce conseil que la femme de scène prodiguait aux jeunes qui voulait percer dans le métier: faites ce qui vous passionne, c’est le plus important. Le vedettariat viendra après, s’il doit venir.

«C’est peut-être encore plus vrai aujourd’hui, croit Mme Lareau. Il y a tellement de carrières qu’on pense éphémères. Mais ce n’est pas parce que tu n’es pas à la télé que tu n’as pas de carrière. Je connais plein d’artistes qui font leur métier avec cœur, mais qui ne sont pas dans le 3% de ceux qu’on voit tout le temps au petit écran.»

Un peu de toutes ces femmes

Francien Lareau admire ces femmes qui ont marqué l’humour et fait évolué la société.

Francine Lareau «ose rêver» que son propre style est peut-être le résultat de toutes ces femmes dont elle a su s’inspirer.

Elle donne en exemple Clémence Desrochers, pour dire que ces femmes ne parlaient que très peu d’elles-mêmes sur scène.

«Clémence a parlé des classes sociales, des oubliés, de la consommation, de la pollution, du travail, du sport. C’était toujours pour faire avancer la société, et ce n’était pas collé sur sa petite personne», relève-t-elle.

Elle note que la tendance à parler beaucoup de soi est très forte actuellement dans le stand-up. «Moi, ma vie, mes affaires….Les gens parlent beaucoup d’eux-mêmes. C’est bien qu’un artiste parle de lui-même, mais il peut aussi passer à autre chose!» estime l’humoriste.

Tant lors de son premier one woman show Chu pas connue (encore!) que pour ce spectacle hommage, Francine Lareau souhaite faire réfléchir, susciter des questions, amener des idées. «Je ne parle pas de moi, ou si peu. Les autres, la vie, c’est ce qui me passionne!» conclut-elle.

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