Des archives pour se raconter

Photo de Ali Dostie
Par Ali Dostie
Des archives pour se raconter
Yvonne Painchaud

HISTOIRE. C’est un pan de l’histoire religieuse du Québec qui se cache dans les archives du couvent de Longueuil de la Congrégation des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie (CSSNJM). Dans la voûte sont réunis les documents produits par la Congrégation depuis sa fondation, en 1843.

Cinq archivistes œuvrent à l’acquisition, l’évaluation, le traitement et la préservation de ces milliers de documents, cartes, plans et photographies. Documents financiers, correspondances et programmes d’études offrent un certain regard sur la Congrégation et ses établissements scolaires, résidences et couvents du Québec et de l’Ontario.

Les Chroniques sont sans doute parmi les documents les plus précieux du Service central des archives (SCA). Jour après jour, les sœurs y faisaient état des événements touchant leur communauté.

«Ce sont les documents les plus consultés, beaucoup d’historiens viennent les lire. Dans chaque école, une sœur, souvent celle qui écrivait le mieux, rédigeait ces journaux. C’est une source incroyable d’informations, d’anecdotes, d’événements, parce que les sœurs étaient au courant de tout!», lance la directrice du SCA, Yvonne Painchaud. Dans ces immenses cahiers, tout est noté d’une écriture légèrement penchée, parfaite, constante.

Même les documents en apparence anodins révèlent des détails du quotidien de l’époque. «Le registre des conditions permettait de voir combien payaient les élèves pour un lit ou pour le cours de musique. On pouvait même payer un extra pour les collations!»

Parmi les chercheurs universitaires qui ont consulté ces archives, Dominique Laperle s’est intéressé à l’histoire de ces religieuses dans <I>Entre Concile et Révolution tranquille<I>. Toute cette documentation est de plus très pertinente pour quiconque s’intéresse à la généalogie religieuse.

Non seulement les documents, mais les uniformes ont aussi attiré l’attention. Une compagnie de théâtre qui souhaitait monter la pièce Thérèse et Pierrette à l’école des Saint-Anges, de Michel Tremblay, a demandé à voir l’uniforme que portaient les sœurs, pour le reproduire.

Réunis depuis 1984

Les documents de toute la Congrégation ont été acheminés à Longueuil en 1984. Avant, ils étaient archivés à la maison mère, à Outremont. «L’archiviste de l’époque, Sœur Claire Laplante, a dû demander conseil à des collègues aux Archives nationales, pour classer et traiter convenablement tous ces documents.»

Le couvent de Longueuil s’est alors doté d’une voûte avec étagères mobiles. La température est maintenue à 18°C, bien que les conditions de conservation parfaites exigeraient une température de -14°C, ce à quoi se soumettent les Archives nationales du Canada, par exemple.

«En 1984, il n’y avait pas beaucoup d’institutions privées qui pouvaient avoir une voûte. La Congrégation était une référence!»

Un patrimoine mis en valeur

Dans un hall d’exposition récemment rénové, se tiennent des expositions temporaires, à raison de deux par année, qui visent à illustrer une facette de la vie des sœurs, la villégiature, par exemple. Une photo montre quelques sœurs devant un chalet dans les Laurentides. Mais, jusqu’en 1969, vacances ou pas, le costume était obligatoire en tout temps.

Des capsules «Archives à la une», sur le site web de la Congrégation, sont une autre façon de montrer au public quelques richesses de ces archives.

Pour visiter l’exposition ou faire une demande de recherche, communiquez avec le SCA: 450-651-8104 #1103, archivesssnjm@yahoo.ca

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S'inscrire  
Me notifier des