Des échanges houleux autour d’un budget adopté à l’unanimité à Longueuil

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Par Ali Dostie
Des échanges houleux autour d’un budget adopté à l’unanimité à Longueuil
La conseillère municipale Colette Éthier a évoqué le droit de l'opposition de soulever des questionnements. (Photo : YouTube - Ville de Longueuil)

En proposant un gel de taxes, le budget 2021 de Longueuil a été sans grande surprise adopté à l’unanimité.

Les défis et impacts de la pandémie ressentis au cours des 10 derniers mois laissent toutefois présager une année qui ne sera pas de tout repos, ont souligné plusieurs élus.

«La pandémie n’est pas terminée et les défis qu’elle laisse sur son passage s’accumule au quotidien, a relevé la mairesse Sylvie Parent, en début de séance extraordinaire, le 1er décembre. Ce budget nous aidera à les relever et à mieux anticiper les impacts financiers qu’elle engendre.»

De nombreux élus ont souligné le travail de ceux qui ont contribué à boucler ce budget.

Le conseiller indépendant Steve Gagnon craint que l’année à venir s’annonce encore plus périlleuse.

«Boucler le budget a été plus facile avec l’aide du gouvernement. Je porte l’attention des citoyens à tout ce qu’on pourra vous promettre pour 2022. On devra être prudent. S’il n’y a pas d’aide, les défis seront majeurs», a-t-il exprimé.

Aux yeux du chef de l’opposition Xavier Léger, le budget 2021 «fait la job». Le gel de taxes, rendu possible grâce à l’aide gouvernementale, a-t-il insisté, «demeure la chose la plus responsable pour soutenir l’économie locale et les familles de Longueuil».

Alors que le développement économique et immobilier ont été au rendez-vous et que les surplus ont été calculés à 13 M$ en milieu d’année, il fait la lecture qu’«on finit l’année avec un peu plus de peur que de mal d’un point de vue financier».

Le président d’arr. de Greenfield Park Robert Myles a déploré que malgré des économies engendrées par l’annulation d’activités de loisirs, la Ville ne prévoit le budget nécessaire que pour l’ouverture de 42 des 79 patinoires extérieures.

Ce à quoi la conseillère Monique Bastien a précisé que les sommes allouées aux patinoires ont été plutôt augmentées pour assurer le respect des consignes sanitaires.

«Triste spectacle»

L’unanimité au sujet du gel de taxes a cependant été vite engloutie par de nombreux échanges corsés, ainsi que le ton employé par certains conseillers.

Le conseiller municipal Benoît L’Écuyer est revenu sur des dossiers des dernières années – salaire de la mairesse, passerelle de Normandie, acquisition de l’église St. Mark et rénovation annulée d’une salle de réunion – qui le font «douter du bon jugement de la mairesse et du comité exécutif».

Malgré les appels à la prudence, il a poursuivi ses interventions.

Mme Bastien a rappelé que ces projets résultent de décisions du conseil municipal et que le pouvoir de dépenser ne revient pas à la mairesse. «Je pense qu’on manque de dignité et de respect envers l’institution et les membres du conseil», a-t-elle signifié.

La conseillère Colette Éthier a tenté d’intervenir en soulevant une question de privilège. Devant l’insistance de cette dernière, le président du conseil Jonathan Tabarah fermé son micro. «Vous êtes la seule qui me coupez le clapet, ça suffit», a-t-il tranché.

Lors de son tour de parole, Mme Éthier s’est questionnée sur la liberté d’expression. «Comme opposition, c’est normal d’avoir des questionnements. Si on s’offense chaque fois qu’on essaie d’exercer notre démocratie, on a un sérieux problème», s’est-elle inquiétée.

«Je vous invite à essayer d’être équitable», a-t-elle adressé au président du conseil.

Ce reproche lui a valu de se faire retirer son tour de parole par M. Tabarah, qui a aussi refusé que Xavier Léger lise le texte de sa collègue. «On ne laissera pas ça comme ça», a laissé entendre M. Léger.

Couper le temps de parole d’un élu était une mesure exceptionnelle, mais justifiable, s’est expliqué M. Tabarah, si l’élu en question s’en sert pour attaquer un autre élu ou le président.

Comme d’autres conseillers, il s’est désolé de ce «triste spectacle». «On comprend la liberté d’expression, qu’il faut questionner. Le problème, c’est quand on le fait dans l’intention pure de diminuer nos collègues. Ça n’amènera pas le conseil très loin», a-t-il soutenu.

Il a prévenu qu’il interprétera les règles de façon plus stricte si le ton ne change pas lors des prochaines séances.

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