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Des logements sociaux et un chantier dès le printemps 2024 

le mardi 17 octobre 2023
Modifié à 8 h 54 min le 17 octobre 2023
Par Ali Dostie

adostie@gravitemedia.com

Un premier bâtiment de 30 unités sera construit dans l’actuel stationnement. À gauche en blanc, le bâtiment de la phase 2. Derrière, l'église, dont la façade sera conservée (Photo: Gracieuseté - Ville de Longueuil)

À terme, 84 unités de logements sociaux accueilleront des personnes à risque de situation d’itinérance ou en transition de sortie de l’itinérance dans deux bâtiments de quatre étages érigés sur le terrain de l’église Notre-Dame-de-Grâces à Longueuil. La première phase entrera en construction en mai 2024, qui devient la date butoir du déménagement du refuge d’urgence la Halte du coin. 

«Tout le monde a bien hâte à la pelletée de terre», lance Marie-Claire Macleod, présidente d’Habitations communautaires Longueuil, qui a chapeauté le projet Un toit pour tous. L’acquisition du terrain s’est conclue à la fin septembre.

Le premier édifice de 30 unités sera construit dans le stationnement de la Halte du coin, à l’intersection de la rue Bourassa et du chemin du Coteau-Rouge. Le Repas du passant, qui nourrit les personnes itinérantes depuis une vingtaine d’années dans le sous-sol de l’église, y emménagera au rez-de-chaussée.

La phase 1 (Photo: Gracieuseté)

 «Quand on fait des logements sociaux, c’est toujours très positif lorsqu’un organisme est intégré au projet», soutient Mme Macleod. 

Un toit pour tous sera présenté au comité consultatif d’urbanisme de la Ville de Longueuil le 18 octobre. Les permis de construction devraient être émis d’ici février, pour un début de construction au printemps. Le chantier s’échelonnera sur une année pour une inauguration vers mi-2025.

Le coût de cette première phase est de 15 M$ et implique les trois paliers de gouvernement. La Ville y contribue à la hauteur de 2,5 M$ et l’agglomération verse 750 000$. 

Phase 2

La deuxième phase, estimée à 27 M$, impliquera la démolition de l’église, pour faire place à un deuxième bâtiment de 54 logements. Des éléments de cet ancien lieu de culte construit en 1957-1958 seront conservés (voir plus bas). 

«La deuxième phase est plus préliminaire, indique la mairesse Catherine Fournier. Le projet a déjà été présélectionné par la Société d’habitation du Québec, mais une demande sera faite au Programme habitations abordables Québec.»
Habitations communautaires Longueuil œuvre à ce projet depuis cinq ans, «depuis qu’on a eu vent que le Diocèse voulait vendre l’église», évoque Marie-Claire Macleod.

(Photo: Gracieuseté)

Réponse structurante

Depuis l’aménagement du refuge d’urgence au début de la pandémie, des enjeux de cohabitation se sont manifestés plus fortement dans le quartier. 

Ce secteur du district Coteau-Rouge regroupe une forte concentration de ressources pour personnes itinérantes. En plus du Repas du Passant, on compte l’Abri de la Rive-Sud et la Casa Bernard-Hubert, qui offre de l’hébergement, du soutien et du suivi psychosocial. 

Mais surtout, le refuge est une ressource très inclusive, acceptant les personnes aux prises avec un problème de consommation. 

Dans le continuum de services offerts à ces gens, si la Halte du coin constitue la porte d’entrée, les futurs logements en sont le dernier jalon. 

Tant Mme Fournier que le conseiller municipal Carl Lévesque sont optimistes quant à l’effet et à la réception du projet dans le quartier.

(Photo: Le Courrier du Sud - Denis Germain)

«Plus les personnes ont pris en main, moins il y a de plaintes», témoigne M. Lévesque.

D’autant plus que les locataires bénéficieront d’un soutien communautaire sur place.

«Le logement est la réponse la plus structurante à la crise de l’habitation, signifie la mairesse. Et avec ce volet particulier, on s’assure d’avoir des intervenants, pour une prise en main. Ça répond à un besoin criant et ça va faire une grande différence.»

 

 

Un patrimoine à préserver

(Photo: Le Courrier du Sud - Denis Germain)

S’appuyant sur une étude patrimoniale, la Ville s’est engagée à débourser les frais supplémentaires qu’entraînera la préservation d’éléments d’intérêt de l’église Notre-Dame-de-Grâces.  La façade, soit environ le tiers de cette église signée par l’architecte Victor laliberté, échappera aux pelles mécaniques. «C’est une façade assez particulière. Il y en a juste deux au Québec. Elle a sa jumelle à Saint-Hyacinthe», explique l’élu Carl Lévesque. Une structure de bois ainsi que l’orgue, conçu en 1925 mais déménagé à Longueuil en 2007, seront aussi conservés.