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Des parents s’inquiètent qu’un taux d’absentéisme ait forcé l’annulation d’un examen

mardi le 18 mai 2021
Modifié à 10 h 21 min le 18 mai 2021
Par Ali Dostie

Des parents s’inquiètent que les célébrations entourant la fin du Ramadan aient pu entraîner le report d’un examen de lecture d’élèves de deuxième année de l’École internationale du Vieux-Longueuil. Un nombre trop élevé d’avis d’absence explique cette décision. Des parents d’élèves fréquentant cette école de l’arr. du Vieux-Longueuil ont été étonnés de recevoir un courriel en fin de journée le 12 mai annonçant que l’examen de lecture prévu le lendemain était reporté au 20 mai. La décision a touché 93 élèves. Un élève a d’ailleurs annoncé la nouvelle en rentrant de l’école, en indiquant que c’est parce que «ses amis musulmans allaient recevoir leurs costumes», en ce 13 mai, jour de l’Aïd al-Fitr, célébration de la fin du Ramadan. «J’ai essayé de lui expliquer que la religion musulmane n’était pas plus importante qu’un examen de lecture, que l’école était laïque, et le tout, le plus possible dans des mots d’enfants, relate un parent. Je lui disais que j’allais vérifier avec l’école, que ce n’était sans doute pas ça la raison.» Des parents ont donc contacté l’école afin d’en savoir plus. Un membre de la direction aurait affirmé à l’un d’eux que c’est en raison des retards et du nombre trop important d’avis d’absence que la décision a été prise. Le membre de la direction aurait aussi confirmé – non sans un certain malaise, selon le parent à qui Le Courrier du Sud a parlé – que ce fort taux d’absentéisme était dû aux festivités entourant la fin du Ramadan. «Ça me brime profondément dans ce que je crois, dans la laïcité de l’État, témoigne un parent. Elle est où, la limite d’accommodement?» Que l’examen ait été annoncé à si peu de préavis ajoute aussi à l’incompréhension. L’examen de lecture n’était ni une épreuve du ministère de l’Éducation, ni un test comptabilisé dans le bulletin. Il s’agissait plutôt d’une tâche d’appréciation de développement des compétences, servant à évaluer les capacités et difficultés des élèves, pour ensuite ajuster l’enseignement. Tous les élèves de deuxième année du Centre de services scolaire (CSS) Marie-Victorin doivent passer ce test. «Mais tout de même, ça faisait quelques jours que l’on pratiquait la lecture à la maison, comme on nous l’avait suggéré», fait savoir un parent. Le nombre d’absences comme unique motif Du côté du CSS Marie-Victorin, on n’évoque aucunement le motif religieux dans cette histoire. «La décision n’a pas été prise sur le fait que les élèves sont absents pour une raison particulière puisque nous ne connaissons pas nécessairement les motifs de l’absence motivée par un parent, justifie au journal le conseiller en communication Pierre-Luc Déry. Ce n’est pas le motif d’absence qui a mené à cette décision, mais bien le nombre d’absents.» «Il est à noter qu’aucun parent n’a demandé un accommodement raisonnable. La décision est liée uniquement au nombre d’absences», précise-t-il. Le report visait à faciliter la logistique de la tenue de l’évaluation, qui s’est passablement complexifiée en raison des mesures sanitaires, comme le respect des groupes-bulle. Le manque de locaux disponibles a aussi été pris en considération. «En contexte pandémique, il peut arriver chaque jour qu’un nombre élevé d’absences entraine l’annulation ou le report d’une activité», ajoute aussi M. Déry. Quant au court délai à l’intérieur duquel les parents ont été informés, «l’école a avisé les parents […] aussitôt qu’elle l’a pu». Selon le CSS Marie-Victorin, l’appréciation de lecture ne nécessitait pas de préparation préalable et son report ne pénalise pas les élèves. Une note reprenant ces mêmes explications a été envoyée aux parents le 13 mai.

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