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Déversements d’eaux usées : Longueuil conserve son bonnet d’âne

vendredi le 29 octobre 2021
Modifié à
Par Geneviève Michaud

gmichaud@gravitemedia.com

Longueuil a enregistré 1013 déversements d’eaux usées en 2020. (Photo : Le Courrier du Sud – Archives)

Une semaine seulement après avoir reçu un prix pour la qualité de son eau potable, Longueuil se retrouve en tête d’un palmarès beaucoup moins reluisant : celui des municipalités ayant procédé au plus grand nombre de déversements d’eaux usées sur son territoire en 2020.

«Parmi les grandes villes, Longueuil se démarque clairement comme le plus grand émetteur d’eaux usées non traitées au Québec, toutes catégories confondues», indique la Fondation Rivières, dans son communiqué présentant le «triste palmarès» des déversements pour l’année 2020, dévoilé le 27 octobre.

De même, dans la catégorie des villes de taille moyenne, ce sont les municipalités reliées au réseau de l’agglomération de Longueuil qui trônent en tête de liste.

«Les municipalités de taille moyenne ont des niveaux d’intensité par habitant absolument inacceptables et c’est probablement là que le plus gros du travail reste à faire», ajoute la Fondation.

Le Centre d’épuration Rive-Sud, qui traite les eaux usées de Longueuil, Boucherville, Brossard et Saint-Lambert, a ainsi procédé à 1013 déversements dans le fleuve Saint-Laurent en 2020, soit 178 de moins que l’année précédente.

Le Centre d’épuration Rive-Sud traite les eaux usées de Longueuil, Boucherville, Brossard et Saint-Lambert. Les eaux usées de Saint-Bruno-de-Montarville sont traitées par la station d’épuration Saint-Bruno–Saint-Basile-le-Grand. (Photo: Le Courrier du Sud – Archives)

Près de 53 000 déversements

Selon les données de la Fondation Rivières, le Québec a connu 52 794 déversements d’eaux usées dans ses différents cours d’eau en 2020, soit près de 8000 de moins que l’année précédente, entre autres en raison des précipitations moins importantes et de la météo plus clémente.

Ne pouvant être traitées par les systèmes municipaux d’assainissement, ces eaux se retrouvent dans le fleuve et les rivières de la province, emportant avec elles des matières fécales et de nombreux déchets solides comme du papier, des lingettes et des tampons.

Pas d’amélioration avant 2030?

«Le bilan n’est ni pire ni meilleur que celui de l’an dernier et il n’est pas près de s’améliorer», déplore la Fondation, rappelant que le 22 septembre, le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques a rappelé que son objectif n’est pas de réduire les déversements d’eaux usées, mais simplement de ne pas en augmenter le nombre au-delà des niveaux de 2014, un objectif que les municipalités ont jusqu’au 1er janvier 2030 pour atteindre.

«Autrement dit, les municipalités ont la permission d’augmenter la pollution dans nos rivières pour les dix prochaines années, lance le directeur général de la Fondation Rivières André Bélanger. Le ministère annonce que dans dix ans, il sévira contre celles qui n’auront pas ramené leur niveau de pollution à celui de 2014. Pourquoi attendre 2030? Pourquoi ne pas cibler les municipalités délinquantes et s’attaquer maintenant aux problèmes les plus criants? Ça n’a aucun sens!»

 

Nombre de déversements à Longueuil depuis 2011

• 2011 : 773
• 2012 : 679
• 2013 : 590
• 2014 : 769
• 2015 : 740
• 2016 : 722
• 2017 : 915
• 2018 : 852
• 2019 : 1191
• 2020 : 1013