Dîner de la rentrée du Club Richelieu Brossard

Dîner de la rentrée du Club Richelieu Brossard
(Photo : Archives - Le Courrier du Sud)

Le Club Richelieu Brossard tiendra son dîner de la rentrée d’automne le 25 août, de 12h30 à 14h30, au restaurant Le Méridional, 1155, boul. de Rome, à Brossard

À cette occasion, Sara Boubekri, de l’École internationale Lucille-Teasdale, lauréate du Certificat du mérite pour le Concours littéraire du Club, présentera le texte qui lui a valu son prix.

Rens.: Céline Vaillancourt, au 514 554-4824 ou à celine.vaillancourt123@gmail.com.

À propos des Prix du Club Richelieu Brossard

Le Club Richelieu Brossard organise un Concours littéraire destiné aux élèves de 5e secondaire dans les deux écoles de la ville, Antoine-Brossard et Lucille-Teasdale.

Ce concours s’accompagne de six certificats de mérite et de six bourses totalisant 2000$ pour les deux écoles.

Les trois gagnants 2019 de l’école Antoine-Brossard sont Oriane Toublanc (1er prix de 500$), Tu Uyen Tran (2e prix de 300$) et Cornelius Marcu (3e prix de 200$).

Pour l’école internationale Lucille-Teasdale, les gagnants sont Sara Boubekri (1er prix de 500$), Nada Harbouli (2e prix de 300$) et Alexandre Joly (3e prix de 200$).

Les prix du Club visent à promouvoir le français auprès des jeunes. Ils sont octroyés par un Jury indépendant composé de Monique Bergeron, directrice générale de l’Académie Marie-Laurier, présidente de l’Institut Teccart et de l’École internationale du design et de la mode; Lise Lalonde-Gaucher, ancienne directrice adjointe de l’école Antoine-Brossard et responsable du programme de l’École internationale; Nicole Lefevbre-Bouvry, retraitée de l’enseignement cumulant 30 ans d’expérience au primaire et au secondaire; et Ghizlane Talbi, MBA, conceptrice et rédactrice de contenu.

Les critères d’évaluation sont la qualité du français, l’originalité et la créativité des idées ainsi que la clarté de l’argumentaire.

(Source: Club Richelieu Brossard)

Texte gagnant – Le venim des hommes – Sara Boubekri

«À l’aurore, des cris résonnèrent dans le silence de la plaine, portant en eux les déchirures d’un combat intransigeant. Ce tumulte de souffrances m’était familier: il m’avait accompagné depuis le premier jour de mon expatriation. Dès que j’eus obtenu mon doctorat en chirurgie générale, je décidai de mettre mes habiletés médicales au profit de la population du Manghanu, victime d’une guerre civile impitoyable. Les clans belligérants s’entredéchiraient pour gagner l’amour d’un même Dieu auquel ils attribuaient des noms différents; que de la haine en résultait. Le conflit dévastateur sévissait déjà depuis deux ans, mais la réconciliation des deux peuples tardait à germer: ceux-ci devraient d’abord faire l’apprentissage de la honte.

Aux limites du village, l’horizon enflammé cracha une silhouette gémissante qui progressait avec peine vers mon hôpital de brousse. Instinctivement, je courus lui porter secours, empoignant au passage une trousse de premiers soins ainsi que la planche de plastique qui faisait office de civière.  C’était un adolescent – si ce terme a toujours un sens dans un monde qui n’en a plus – vêtu d’un uniforme de soldat, qui humectait la terre sèche d’un liquide rougeâtre à chacun de ses pas. Il me fallut arriver à sa hauteur pour réaliser que cette saignée prenait sa source d’un enfant évanescent que le jeune homme transportait sur le dos.

«Aidez-moi! C’est mon frère, Titu! Il a été blessé dans une embuscade menée par les Rebelles!» sanglotait l’adolescent.

Ce dernier m’aida à déposer le corps menu sur la civière. Le petit devait avoir huit ans. Il arborait les mêmes atours que son ainé.

«Chef m’a dit qu’il fallait continuer le combat, que je devais le laisser parce qu’il n’avait aucune chance de survivre…»

J’examinai la cuisse du blessé. L’impact d’une balle y avait laissé une plaie béante qui faisait craindre une hémorragie mortelle.

«Mais je ne pouvais pas…JE NE POUVAIS PAS! J’ai désobéi aux ordres… Oh, Titu! Je n’ai pas su te protéger. Pardonne-moi… Pardonne-moi…»

Je dus déchirer le pantalon militaire de l’enfant afin d’en garroter la jambe. La pression ainsi exercée diminua le saignement, mais celui-ci restait inquiétant. L’artère fémorale avait sûrement été touchée. Quel malheur! Il fallait agir vite. Le petit respirait. Son pouls était constant. Tenter l’opération d’extraction de la balle sur place : c’était notre seul espoir. Mes gants chirurgicaux enfilés, j’introduisis mes doigts entre les fibres musculaires des quadriceps. Rapidement, je localisai le corps étranger. De la main gauche, je sortis une pince effilée de la trousse de secours. D’un mouvement minutieux, j’extirpai la munition de la chair déchiquetée.

En observant la pièce de métal, je fus prise d’un effarement qui me laissa tétanisé: l’ogive de la balle était enduite de sybrilum, un redoutable poison qui, déjà, nécrosait la dernière parcelle de candeur de la nation.»

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