École Saint-Laurent: des élèves de 4e année mènent une Opération zéro déchet

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Par Ali Dostie
École Saint-Laurent: des élèves de 4e année mènent une Opération zéro déchet
Les enseignantes Maryse Beaupré, France Bonenfant, Fanny Dion et la directrice Andreja Celtorius, en compagnie de Sophia Nguyen (Photo : Ali Dostie - Le Courrier du Sud)

L’idée est venue des élèves: agir pour l’environnement. Depuis décembre, la soixantaine de jeunes de 4e année de l’école Saint-Laurent de Brossard confectionnent des sacs à collation réutilisables ainsi que des tawachis, ces éponges conçues à partir de matériaux recyclés. L’Opération zéro déchet, en plus de valoriser les gestes du quotidien dans la lutte aux changements climatiques, met de l’avant tout le potentiel de ces jeunes allumés.

Le but premier des enseignantes qui voulaient lancer un projet pour leur élèves était d’aller chercher les enfants kinesthésiques, d’où l’idée de créer un objet. Le souci environnemental est venu de l’autre côté de la classe.

Les enfants ont donc lu sur le sujet, vu des courts métrages, ce qui n’a fait que développer leur sensibilité à l’enjeu environnemental.

«Certains ont vu que ça allait au-delà du recyclage, que lorsque l’on parle d’environnement, ça va jusqu’au déversement de pétrole», relate l’enseignante France Bonenfant.

Dans deux classes, les enfants confectionnent les sacs à collation réutilisables, que ce soit lors des périodes prévues pour cette tâche ou lorsqu’ils ont terminé un travail.

«Maintenant, ils sont tous capables de coudre!» lance Mme Bonenfant.

L’exercice a même été l’occasion pour certains de surmonter leur peur des aiguilles.

Pour Sophia Nguyen, l’apprentissage s’est avéré facile. «Je l’avais déjà fait. Je l’ai appris toute seule», lance-t-elle tout bonnement.

«Elle est très autodidacte!» confirme son enseignante.

Chacun y va ainsi à son rythme.

Entraide et créativité

Dans la classe de Maryse Beaupré, les élèves tissent les tawachis sur un petit métier à tisser bricolé par l’enseignante.

«Une fois les languettes de tissus coupées, ça prend cinq minutes à faire. Ils le font deux par deux: l’un surveille si l’autre respecte bien le principe de maille en dessus et en dessous, explique-t-elle. Ils apprennent à bien communiquer, à ne pas faire à la place de l’autre. Ça suscite l’entraide et la créativité.»

Les matériaux nécessaires pour la confection de tawachis proviennent d’ailleurs des élèves, des enseignants et des jeunes d’autres classes: des manches de chandails qui ne servaient plus, des leggings usés, des bas troués ou orphelins sont récupérés.

En plus de donner un coup de pouce à l’environnement, l’Opération zéro déchet fait appel à une foule d’aptitudes et de valeurs.

«On retrouve beaucoup de collaboration, note l’enseignante Fanny Dion. On va chercher aussi les valeurs de la commission scolaire: la coopération, l’engagement, la bienveillance, l’innovation.»

Sensibiliser

Les sacs à collation et tawachis seront vendus lors du Salon de l’environnement, le 12 mars, un événement qui visera aussi à sensibiliser l’entourage à la nécessité de protéger l’environnement.

Quant à l’argent amassé, il servira à valoriser les efforts des élèves, que ce soit par le biais d’une activité éducative ou l’achat de matériel.

En préparation à ce salon, les élèves se sont regroupés en équipe de deux ou trois. Ils ont choisi le sujet qu’ils aborderont avec les visiteurs, qui parcourront les différents kiosques. Les thèmes abordés ratissent large.

«Ça prend un courage incroyable des enseignantes de s’ouvrir sur des sujets qu’elles ne connaissent pas.»

– Andreja Celtorius, directrice

Les élèves doivent faire des recherches – lecture et recherche d’images, tant sur le Web que divers documents mis à leur disposition – pour préparer un texte écrit et un exposé. Ils devront aussi concevoir des affiches pour illustrer leur propos.

Sophia abordera avec ses coéquipiers la question des déchets dans l’espace. Au fil de ses recherches, elle a ainsi appris plusieurs faits étonnants.

«Les gouttes qui tombent d’un robinet, ça peut donner 10 litres en un jour», donne-t-elle en exemple.

Croit-elle que les parents seront sensibilisés, après avoir entendu les présentations et visité les kiosques préparés avec attention par les élèves?

«Peut-être qu’ils vont arrêter de jeter des déchets dans les rues et vont les mettre dans les poubelles», soumet-elle.

Plus de compost

Depuis l’an dernier, des bacs à compost sont à la disposition des élèves et enseignants sur l’heure du dîner. L’école Saint-Laurent figure dans l’un des secteurs de Brossard où la collecte de compost est implantée.

«Mais les élèves ont vu qu’il n’y avait pas de système en place pour récolter les déchets des collations, indique Fanny Dion. Ce sont les élèves de 4e année qui s’en occupent, progressivement.»

Suivant un horaire, quelques élèves sont tour à tour en charge de laver les bacs, les apporter dans les classes et les vider.

Avec l’Opération zéro déchet, l’école participe de plus au volet scolaire du Défi OSEntreprendre, qui vise à encourager les initiatives entrepreneuriales.

 

 

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Jason Yarwoodsuzanne racine Recent comment authors
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suzanne racine
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suzanne racine

Quelle belle initiative!Comment ces enseignantes trouvent-elles le temps de mettre en place des projets aussi
innovateurs?

Jason Yarwood
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Jason Yarwood

Great Idea in Maryse Beaupre’s Class. I’ll pitch it my daughters class… every bit counts