En attendant l’ACEUM, nous avons au moins l’ALEC

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Par René Vézina
En attendant l’ACEUM, nous avons au moins l’ALEC
(Photo : Denis Germain - Le Courrier du Sud)

Sur le front des négociations commerciales, nous avons eu le droit à une bonne nouvelle ces derniers jours: les surtaxes américaines sur l’acier et l’aluminium en provenance du Canada viennent d’être levées.

Encore, faut-il ratifier le nouvel accord de libre-échange (ACEUM – Accord Canada-États-Unis-Mexique). Et le temps passe sans réels progrès.

À Ottawa, la session parlementaire se termine dans moins de quatre semaines, puis ce sera la campagne électorale. Aux États-Unis, on est déjà en campagne électorale. Et les Américains sont surtout préoccupés par la Chine. L’ACEUM est bien loin dans leurs pensées.

En attendant cette ratification, il y a au moins un autre accord de libre-échange, qui est en vigueur depuis deux ans, et qui nous touche. Il s’agit de l’ALEC (Accord de libre-échange canadien) concernant le commerce interprovincial.

Peu de gens le savent, mais le Québec exporte pratiquement autant de biens et de services dans l’ensemble du Canada (40%) que vers les États-Unis (43%).

En 2015, la valeur du commerce interprovincial de biens en provenance du Québec était 4 fois et demie plus élevée que celle de la Chine, 10 fois plus élevée qu’avec l’Allemagne ou le Mexique et 15 fois plus élevée qu’avec la France ou le Royaume-Uni.

Nos premiers partenaires, à part les Américains, ce sont les Canadiens. Nous leur fournissons notamment des produits alimentaires, dont du lait et des produits transformés. Il y a une occasion d’affaires à saisir parce qu’il n’y a pas de frais de douane, que nous utilisons la même monnaie, et qu’il n’y a pas de surtaxes prélevées à gauche ou à droite.

Par exemple, les marchés publics sont maintenant ouverts. Par exemple, une firme d’évaluation environnementale, de fournitures de bureau, a le droit de soumissionner sur des appels d’offres ailleurs au pays.

Ce marché, théoriquement ouvert, comporte des exceptions.

Parmi celles-ci, une qui interpelle les gens: on ne peut toujours pas commander une caisse de vins de la Colombie-Britannique, monopole de la SAQ oblige. Si c’était accepté en vertu des normes en vigueur dans le commerce international, on aurait le droit de faire la même chose pour les vins de France, d’Italie, des États-Unis ou d’ailleurs. On ne pourrait pas accorder un avantage à une province qu’on ne pourrait accorder aux autres états avec lequel on commerce. Et évidemment, la SAQ s’y opposerait farouchement, parce que cela signifierait la fin de son modèle d’affaires.

Au moins, tranquillement, les barrières commencent tomber, et c’est tant mieux !

(Propos recueillis par Gravite Media)

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