Et SVP, pas de cadeau pour Noël

Et SVP, pas de cadeau pour Noël
Nancy Bélanger, directrice générale de Culture Montérégie (Photo : Gracieuseté)

Que souhaitent les artistes pour Noël? Parions qu’ils désirent avant tout une reconnaissance de leur statut professionnel, une rémunération équitable pour leurs œuvres et des conditions de travail qui coïncident avec le monde dans lequel nous vivons.

Quatre lois touchant directement les créateurs et travailleurs culturels sont en processus de révision ou, dans le dernier cas, fortement questionné. Au Québec, il y a la Loi sur le statut professionnel et les conditions d’engagement des artistes de la scène, du disque et du cinéma et la Loi sur le statut professionnel des artistes en arts visuels, métiers d’art et littérature. À Ottawa, il y a la Loi sur le droit d’auteur et la Loi sur les télécommunications. Souhaitons que ces chantiers évoluent et que le législateur prenne le relai pour défendre les droits des artistes, des auteurs et des travailleurs culturels.

La révision des lois québécoises sur le statut de l’artiste fait partie des actions de la nouvelle Politique culturelle du Québec. L’annonce a été faite la semaine dernière: Louise Beaudoin et Lisa Frulla seront responsables de mener la consultation. Vivement un dénouement pour que ces lois contribuent pleinement à améliorer les droits des artistes!

Quant à la Loi sur le droit d’auteur, elle devrait permettre aux artistes de recevoir ce qui leur est dû. Cette loi est aujourd’hui inadaptée au contexte technologique. On pense à la multiplication et à la dématérialisation des supports audionumériques qui permettent la copie, et surtout aux fournisseurs d’accès Internet qui se déresponsabilisent des redevances aux ayants droit des œuvres qu’ils diffusent. La révision de cette loi est vitale pour les créateurs.

Comme dans une chanson à répondre, continuons l’énumération: la Loi sur les télécommunications doit incorporer les fournisseurs d’accès Internet en tant qu’acteurs incontournables de l’accès aux contenus. Comment se fait-il, alors qu’on a pleinement mesuré l’impact de ce mode d’accès aux œuvres, qu’on n’intègre toujours pas ce maillon dans la chaîne liant l’auteur au public? Qu’on persiste à exonérer les GAFAM [Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft] de leur responsabilité à préserver notre culture?

Je souhaite que 2020 soit une année de courage politique pour que les artistes, auteurs et travailleurs culturels reçoivent leur dû et puissent consacrer leur énergie créatrice à enrichir nos vies plutôt qu’à batailler pour leur survie.

Nancy Bélanger, directrice générale de Culture Montérégie

 

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