Exploitation sexuelle: dénoncer les clients

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Par Claude Poirier
Exploitation sexuelle: dénoncer les clients
Claude Poirier (Photo : Gravité Média)

J’ai regardé et lu ce qui s’est dit à Québec lors de la Commission spéciale sur l’exploitation sexuelle des mineurs qui s’est tenue récemment.

J’ai toujours dit que si on veut enrayer la prostitution en général et surtout, la prostitution juvénile, il faut dénoncer les clients. S’il n’y a pas de demande, les requins qui exploitent les jeunes filles ne feront pas d’argent.

Malheureusement, dans le passé, on a remarqué que les médias d’information n’accordaient pas beaucoup d’importance à ce phénomène qui prend de l’ampleur chaque année. Je dois souligner que le Journal de Montréal a récemment publié deux pages sur les pimps.

Je suis d’accord avec ceux qui disent que les proxénètes reçoivent des sentences bonbon. Les tribunaux ne sont pas assez sévères envers eux.

Dans le passé, il y a eu à plusieurs reprises – et j’y ai participé – à des opérations pour faire cesser la prostitution auprès des clients. On n’accusait pas les jeunes femmes, que ce soient des mineures ou des adultes. On visait plutôt les clients. Je me souviens entre autres d’une opération dans le nord de la Ville de Montréal où on avait intercepté des clients. Un était une personne importante de la Ville de Montréal, l’autre était un prêtre. Dans le cas de l’employé de la Ville, le dossier est tombé entre deux chaises pour ne pas salir la réputation de cette personne. Dans le cas du curé, je n’ai jamais entendu parler d’une sentence.

J’ai entendu la police de Québec parler de l’Opération Scorpion à la Commission spéciale. Je ne pense pas que la police puisse se vanter de cette opération. Ça n’a pas été un très grand succès. Certaines personnes n’ont pas été accusées dans ce dossier.

Si on veut enrayer la prostitution juvénile, il faut adopter la tolérance zéro. Surtout, il faut dénoncer les clients, comme on le fait, par exemple, avec les pédophiles qui se retrouvent sur une liste. Il faut commencer à dénoncer ceux qui se servent de nos jeunes mineurs pour avoir des relations sexuelles. Si on publiait leur nom et leur photo, ça en ferait réfléchir plusieurs.

Il y aura d’autres auditions de la Commission spéciale à travers le Québec. J’espère que ce ne sera pas un dossier qui va se retrouver sur les tablettes. Le gouvernement de François Legault a une responsabilité envers notre jeunesse. Il faut dénoncer les pimps qui vivent de ça, et surtout, les clients qui se servent des jeunes filles.

10-4!

(Propos recueillis par Gravité Média)

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