Femmessor: un tremplin pour les femmes d’affaires

Femmessor: un tremplin pour les femmes d’affaires

Le comité Femmessor Montérégie

Crédit photo : Gracieuseté

ENTREPREUNARIAT. L’entrepreneuriat séduit de plus en plus les femmes de la province. Afin de les aider à réaliser leur projet, l’organisation Femmessor s’est donnée pour mission de faciliter l’accès des entrepreneures au financement et à un réseau de mentorat.

Comptant 17 bureaux à travers le Québec, Femmessor met à la disposition des entrepreneures du financement, de l’accompagnement de projet, des activités de réseautage et des services-conseils. L’organisme fondé en 1995 et soutenu par le ministère de l’Économie souhaite ainsi se démarquer par son expertise dans le développement de «l’entrepreneuriat féminin». Pour ce faire, il s’est aussi associé au Réseau M, qui offre des services de mentorat aux entrepreneurs.

En Montérégie, plus d’une vingtaine de femmes bénéficient d’un financement de Femmessor. La directrice régionale Karine De Carufel estime que six nouvelles demandes de prêts sont soumises chaque semaine.

Les projets sont étudiés par un comité regroupant plusieurs entrepreneures bénévoles. Environ deux à trois des projets soumis sont retenus. Mais ces données sont en augmentation, selon la responsable de la région.

En effet, l’étude Chefs de file du Réseau M parue en novembre 2017 démontre qu’en dépit du fait que les femmes soient toujours moins nombreuses que les hommes dans l’entrepreneuriat (38% au Québec), elles passent davantage des intentions aux démarches. Ainsi, le taux de nouvelles entrepreneures – dont l’entreprise est en activité depuis moins d’un an – s’établit à 51,4% sur l’ensemble des nouveaux propriétaires d’entreprises.

Dépasser le manque de confiance

«Certaines femmes se tournent vers nous parce qu’on ne leur a pas laissé la chance ailleurs, explique Karine De Carufel. Nous remarquons que beaucoup de femmes intègrent un aspect social dans leur projet d’entreprise. Notre but, lorsque nous les rencontrons, n’est pas simplement de leur offrir du financement, mais bien une approche plus humaine afin qu’elles puissent aller jusqu’au bout de leur idée.»

La responsable de Femmessor Montérégie remarque également que certaines femmes peuvent souffrir du «syndrome de l’imposteur», une forme de doute consistant à nier leurs accomplissements, et ainsi manquer de confiance en elles.

«Il arrive que certaines hésitent à se lancer alors que leur projet est très intéressant et abouti, explique la diplômée d’une maîtrise en sciences et technologies. Cela va dépendre des personnalités, mais certaines n’osent pas se donner le titre de femmes d’affaires. Alors, on prend le temps de fignoler le projet avec elles, de leur redonner confiance et de les mettre en contact avec d’autres entrepreneures qui ont réussi.»

Ce phénomène est effectivement mentionné dans l’étude du Réseau M, qui démontre que les femmes ont encore tendance à se sous-estimer face aux hommes. Ainsi, «deux fois plus de femmes que d’hommes estimaient que ces derniers résistaient mieux au stress d’être à la tête d’une entreprise, trois fois plus pensaient qu’ils étaient naturellement meilleurs pour faire croître une compagnie, quatre fois plus qu’ils faisaient de meilleurs négociateurs et six fois plus affirmaient qu’ils étaient plus à l’aise dans l’incertitude».

Pourtant, la directrice principale de Contenus et innovation au Réseau M Rina Marchand indique que «les femmes à la tête d’entreprises font aussi bien, et surpassent même souvent les hommes en matière d’aptitudes, d’ambitions, d’efforts et de performance».

Conciliation travail-famille

«La charge mentale revient encore beaucoup à la femme et cela change peu, remarque par ailleurs Karine De Carufel. Les femmes ne veulent pas faire de concession sur le temps qu’elles accordent à leur famille, alors elles prennent davantage sur leur temps de sommeil…»

Selon l’étude du Réseau M, les femmes entrepreneures travaillaient effectivement près de 60 heures par semaine, soit 10 heures de plus que les hommes, tout en consacrant 17 heures à leur famille, soit deux heures de plus que leurs homologues masculins.

Une nouvelle génération

«Les mentalités évoluent et on sent un vrai vent de changement ces dernières années, poursuit la responsable de Femmesor Montérégie. La nouvelle génération a beaucoup plus de modèles et les jeunes femmes sont très affirmées, plus confiantes et solides dans leurs démarches.»

D’ailleurs, les jeunes femmes représentent la majeure partie des entrepreneures financées par Femmessor.

Dans les prochains mois, l’organisation, qui compte étendre son réseau, veut mettre en place une sorte de clinique d’expertes en marketing, en comptabilité, en coaching ou en finance, afin de mieux orienter ses entrepreneures.

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