Fin de «l’omerta»: pas de représailles pour une dénonciation «basée sur des faits»

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Par Ali Dostie
Fin de «l’omerta»: pas de représailles pour une dénonciation «basée sur des faits»
(Photo : Archives - Le Courrier du Sud)

Il n’y a aucune représailles pour un employé qui fait une dénonciation publique «respectueuse» et «basée sur des faits» d’une situation qu’il vit dans son milieu de travail, assure le CISSS de la Montérégie-Est. L’organisation encourage néanmoins ses employés à rapporter la situation d’abord à un gestionnaire.

Au début du mois, la ministre de la Santé et des Services sociaux Danielle McCann a réclamé et assuré la «fin de l’omerta» dans le réseau de la santé. «S’il y a un problème, on veut le savoir», avait-elle indiqué en conférence de presse, invitant les membres du personnel des CHSLD à dénoncer les situations qu’ils jugeaient inacceptables.

Ces propos survenaient alors que plusieurs voix s’élevaient contre cette «loi du silence» et la crainte de représailles à la suite de dénonciations publiques. Des CISSS ont par ailleurs récemment acheminé à leurs employés un rappel de ne pas communiquer avec les médias.

Au CISSS de la Montérégie-Est, on confirme qu’un employé ne pourrait être réprimandé ou pénalisé pour une «dénonciation basée sur des faits et faite de façon respectueuse», détaille le conseiller aux relations médias Hugo Bourgoin.

Ce dernier donne en exemple les employés qui ont été invités à participer à la commission Laurent, sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, et qui ont été consultés pour la réaction du mémoire.

«Nos employés, comme tout citoyen, ont droit à la liberté d’expression, mais sont aussi liés, en vertu de leur contrat de travail, à une obligation de loyauté envers l’employeur», soutient-il.

Ainsi, le CISSS de la Montérégie-Est conseille toutefois aux employés qui souhaite dénoncer une situation de se référer en premier lieu à un gestionnaire «afin que celui-ci puisse faire des ajustements au besoin».

Invité à commenter, le CISSS de la Montérégie-Centre a maintenu que «le devoir de loyauté est, pour notre établissement, un principe d’engagement mutuel entre l’employeur et l’employé».

«Nous croyons qu’un employé a droit à sa liberté d’expression, affirme la porte-parole Martine Lesage. Néanmoins, un employé qui souhaite s’exprimer sur la place publique doit le faire en son nom personnel, de manière respectueuse, honnête et dans le respect des règles de confidentialité. Nous n’encourageons pas la culture de représailles. Nous privilégions davantage une ouverture à recevoir des commentaires en regard de nos activités.»

Scepticisme

Le CISSS de la Montérégie-Est a fourni ces explications au journal, qui l’invitait à réagir aux propos de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (l’APTS) de la Montérégie.

Par voie de communiqué, l’Alliance a dit accueillir favorablement – mais aussi avec scepticisme – la «fin de l’omerta» dans le réseau de la santé annoncée par la ministre McCann.

Le regroupement dit craindre que certains gestionnaires d’établissements «se montrent récalcitrants».

«Nous nous demandons comment elle pourra s’assurer qu’il n’y aura aucunes représailles contre les salariés qui mettront en lumière les situations problématiques», expose le représentant national APTS de la Montérégie Centre Benoit Audet.

«Notre devoir de loyauté doit aller à la population, d’abord et avant tout», évoque pour sa part Francis Collin représentant national de la Montérégie Ouest. Il souhaite des mesures de protection pour éviter que les personnes qui auront dénoncé des situations inacceptables n’en subissent des conséquences.

La représentante nationale de la Montérégie Est Émilie Charbonneau indique que le syndicat sera là pour soutenir les membres «qui prennent la parole pour dénoncer haut et fort ce que l’employeur veut cacher».

 

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