Grégoire Michetti se frotte aux meilleurs de sa profession à Kazan

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Par Philippe Lanoix-Meunier
Grégoire Michetti se frotte aux meilleurs de sa profession à Kazan
(Photo : Gracieuseté)

AÉRONAUTIQUE. L’étudiant de l’École nationale d’aérotechnique (ÉNA) Grégoire Michetti a décroché un médaillon d’excellence aux plus récentes Olympiades des métiers et des technologies, qui se tenaient cette année à Kazan, en Russie.

L’étudiant en maintenance aéronautique a ainsi contribué à la récolte de l’équipe canadienne qui s’élève à une médaille d’argent et quatorze médaillons d’excellence, remis aux candidats ayant cumulé un pointage supérieur à la moyenne mondiale dans leur discipline respective. Un bilan intéressant pour le Canada.

Un beau succès

À Kazan, le jeune homme de 21 ans faisait face aux représentants de 16 pays. La compétition était divisée en cinq modules distincts mettant à l’épreuve les différentes capacités techniques des participants. Les épreuves étaient réparties sur quatre jours.

Comme l’explique Grégoire Michetti, les compétiteurs étaient informés à l’avance des thèmes généraux des modules afin de pouvoir se préparer. La préparation joue donc pour beaucoup dans les résultats.

Grégoire Michetti s’est dit grandement impressionné par le calibre des compétiteurs présents à Kazan.

«Le Britannique était étonnant à observer, confie l’étudiant. Il a un talent que je ne m’attendais pas à voir là-bas. Clairement un autre calibre! Les Chinois qui font habituellement très bien dans le domaine manufacturier étaient aussi impressionnants techniquement. Les Russes aussi ont bien fait devant les leurs.»

Selon le jeune homme, les compétences qui sont exploitées lors des mondiaux des métiers diffèrent grandement de celles que recherchent les potentiels employeurs.

«Les employeurs ne s’intéressent habituellement pas à savoir si tu es capable d’installer ou d’inspecter telle ou telle pièce en une limite de temps aussi restreinte que lors des mondiaux. Ça ne ferait pas de sens, explique-t-il. Dans un des modules, il fallait accomplir en quatre heures une tâche qui prendrait une journée ou deux dans des circonstances normales. Les employeurs cherchent avant tout des employés qui ne font pas d’erreur, ce qui est primordial en aéronautique.»

Expérience des Olympiades

Grégoire Michetti s’est dit grandement impressionné par le calibre des compétiteurs présents à Kazan.

Le natif de Baie-D’Urfé était en terrain connu puisqu’il avait remporté l’argent lors des Olympiades canadiennes des métiers et technologies, en 2018, ainsi qu’une médaille d’or lors de l’édition 2017.

À ses premières Olympiades en 2017, Grégoire Michetti était le seul volontaire parmi ses collègues de l’ÉNA.

«Selon moi, ça sonnait génial comme défi, mentionne l’étudiant. Pendant la préparation, mon entraîneur Louis m’a appris à mieux critiquer mon travail en m’attardant sur les détails qui comptent lors des compétitions. Il est un mentor, j’ai encore beaucoup à apprendre de lui.»

«Aux Olympiades canadiennes, je me suis retrouvé parmi beaucoup de jeunes aussi passionnés que moi. J’ai aussi beaucoup aimé l’aspect compétitif. Il est rare que dans mon domaine, nous fassions des courses pour savoir qui peut mieux exécuter une certaine tâche dans un court laps de temps, la tolérance pour les erreurs étant quasi inexistante. Aux Olympiades, ça devient comme un sport et on peut vraiment s’amuser.»

Un passionné

Du plus loin qu’il se souvienne, Grégoire Michetti a toujours été intéressé par l’aviation. Si bien qu’il a souhaité intégrer les cadets de l’Air à l’adolescence. C’est justement lors d’un cours d’été à North Bay, au Canadore College des cadets de l’Air, qu’il a découvert l’aspect technique de l’aéronautique qu’il aime tant aujourd’hui. C’est là qu’il a appris à travailler sur des aéronefs, à fabriquer des pièces structurales, mais surtout, qu’il a entrevu les possibilités d’une carrière en aéronautique. Un des professeurs qu’il a rencontrés lors de ce cours a d’ailleurs été son professeur au cégep puis son entraîneur pour les Olympiades.

Lors de sa formation à l’ÉNA, le jeune homme a été initié à une multitude de métiers. Qu’il s’agisse de la mécanique d’hélicoptères, de Cessna, d’Airbus, de moteur à piston ou de moteur à turbine, les connaissances acquises par l’étudiant sont multiples et variées. Des connaissances qui lui ont permis de se démarquer des autres concurrents lors des Olympiades.

«Les tâches qui entourent un avion et ses moteurs requièrent beaucoup de rigueur technique; j’adore travailler dans un domaine où la minutie est si importante, explique Grégoire Michetti. Je prends le temps qu’il faut pour bien faire les choses du premier coup. Les gens ne soupçonnent pas à quel point sont fragiles et coûteuses les pièces avec lesquelles je travaille. Mes collègues et moi plaisantons souvent quand nous manipulons certaines composantes, en disant que nous pourrions nous acheter une nouvelle voiture ou une maison avec ce que nous tenons dans nos mains.»

Le jeune homme a récemment commencé à travailler chez Rolls-Royce Canada, à Lachine, où il rebâtit des moteurs. Il aspire à progresser au sein de l’entreprise afin d’avoir plus de responsabilités et, qui sait, peut-être un jour, devenir ingénieur.

Le Québec au Mondial des métiers 2019

Lors des Mondiaux, le Canada comptait neuf jeunes Québécois parmi ses 32 candidats, ce qui faisait du Québec la province la mieux représentée.

Pour ces jeunes âgés de 19 à 21 ans, la sélection a débuté lors des Olympiades québécoises qui ont eu lieu à Montréal, en mai. Les médailles remportées lors de la finale québécoise leur ont ensuite valu une invitation aux Olympiades canadiennes tenues en juin, à Edmonton.

Enfin, les compétiteurs ayant obtenu les meilleurs résultats lors de la finale canadienne ont été invités à poursuivre l’aventure en prenant part au processus d’entraînement d’Équipe Canada. Ce n’est qu’après l’épreuve de sélection finale qui a eu lieu à Halifax que les membres d’Équipe Canada ont officiellement été nommés.

Mondial des métiers

Le Mondial des métiers, qui a lieu tous les deux ans, est la plus importante rencontre consacrée à l’excellence dans le secteur des métiers spécialisés et des technologies. Pour la première fois cette année, la Russie a été l’hôte de ce grand rassemblement international.

Du 22 au 27 août, des jeunes de partout dans le monde se sont donné rendez-vous au centre international d’expositions Kazan Expo dans l’espoir de décrocher le titre de champion du monde dans leur domaine professionnel. À sa 45e édition, l’événement a attiré pas moins de 150 000 spectateurs.

Plus de 1300 jeunes, provenant de plus de 63 pays et sélectionnés parmi les meilleurs de leurs pairs, se sont se livré concurrence dans plus de 50 domaines, répartis dans six secteurs d’activités: technologie de la fabrication et de l’ingénierie, technologie de l’information et des communications, technique du bâtiment et de la construction, transport et logistique, arts créatifs et mode; et services sociaux et personnels.

Pendant toute la durée du Mondial, les intervenants de l’industrie, du gouvernement et du secteur de l’éducation ont eu l’occasion d’échanger des connaissances et des pratiques relatives à l’industrie et à la formation professionnelle dans le cadre d’activités de réseautage et de conférences.

 

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