Jacques Ferron: un peu de lumière sur notre mémoire collective

Jacques Ferron: un peu de lumière sur notre mémoire collective

Jacques Ferron

Crédit photo : Archives - Le Courrier du Sud

LITTÉRATURE. L’auteur longueuillois Jacques Ferron, décédé il y a 30 ans le 22 avril 1985, a profondément marqué la littérature québécoise. Son œuvre, majoritairement publiée durant les années soixante, peut être vue comme une «vaste exploration de notre passé, de notre mémoire collective».

C’est ainsi que le professeur de littérature à l’Université de Montréal, Jacques Cardinal, qualifie  l’œuvre de Ferron. Cette œuvre «cherche à construire un pont entre le passé et notre époque, à faire de nous les héritiers d’une mémoire ou d’un récit afin que nous puissions mieux comprendre notre présent», estime le professeur.

De tous les écrits de Jacques Ferron,  M. Cardinal retient tout particulièrement la réinterprétation de la culture catholique du Canada français. Jacques Ferron s’éloignerait ainsi du portrait habituellement dressé de la Grande noirceur, où la culture catholique est «associée le plus souvent à un pouvoir obscurantiste, rétrograde et délétère», affirme M. Cardinal.

Dans son étude Le Livre des fondations, le professeur a tenté de montrer comment le roman de Ferron Le ciel de Québec était «à sa façon une remise en question du discours de la Grande noirceur puisqu’il offre au lecteur une vision plus nuancée du rôle du clergé sur la destinée québécoise».

Il parvient à «transmettre un autre récit mémoriel», relève M. Cardinal. Ferron ouvre «ainsi la voie à ce qu’on peut appeler une réconciliation avec certains aspects de ce passé canadien-français et catholique».

Le Longueuillois

Dans son quartier de Longueuil, où il a habité pendant plusieurs décennies, Jacques Ferron était certes connu en tant qu’auteur, mais surtout comme un médecin très impliqué de Ville Jacques-Cartier.

«Il était reconnu pour aider les plus nécessiteux. Selon la clientèle qui entrait dans son bureau, il pouvait ne rien charger ou encore leur permettre de payer plus tard, sans vraiment courir après cet argent», indique le président de la Société historique du Marigot, Michel Pratt.

C’est d’ailleurs dans son bureau de médecin, sur le chemin de Chambly, que Jacques Ferron a écrit à temps perdu ses historiettes, qui était publiées dans un journal de Saint-Jean-sur-Richelieu.

Engagé, Jacques Ferron est le seul résident du Domaine Belle-Rive, riche quartier qui s’étendait du boul. Roland-Therrien à la rue de Gentilly, à s’être opposé à ce que le domaine soit annexé au Vieux-Longueuil, «qui n’en avait pas vraiment besoin, précise M. Pratt. C’était le seul de son quartier à se battre, mais il a gagné! Il n’y a pas eu de fusion.»

L’auteur de L’amélanchier s’est aussi fait connaître comme fondateur du Parti Rhinocéros.

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