Enseigner en temps de pandémie, à des milliers d’élèves à la fois

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Par Ali Dostie
Enseigner en temps de pandémie, à des milliers d’élèves à la fois
La Classe de Marie-Ève (Photo : Gracieuseté)

En moins de deux semaines, la réalité de Marie-Ève Lévesque, enseignante à l’école Sainte-Claire, dans l’arr. du Vieux-Longueuil, a radicalement changé: sa classe d’une vingtaine d’élèves s’est transformée en six cours quotidiens de tous les niveaux du primaire – de plus de 2000 jeunes chacun. Et son local a été remplacé par une classe virtuelle, dans un studio.

Voilà ce que représente le projet La Classe en ligne, disponible gratuitement depuis le 31 mars sur la plateforme de tutorat Succès Scolaire.

Depuis maintenant deux semaines, des milliers de jeunes du Québec ont désormais à leur agenda ce rendez-vous quotidien avec «Madame Marie-Ève». De 8h15 à 12h30, à raison d’une demi-heure par niveau scolaire, Mme Lévesque enseigne des notions de français et de mathématiques à des élèves qui n’ont pas mis les pieds dans leur école depuis la mi-mars.

De la préparation, beaucoup de préparation

De tels cours en ligne exigent une «préparation… énorme, reconnait l’enseignante de Longueuil. Je dois penser à ma matière, à court et long terme».

«J’essaie de m’adresser à l’élève moyen. Il faut que je m’adapte, constate-t-elle. Le défi est aussi d’intégrer de la matière vivante, plaisante. Si je parlais de grosses divisions pendant 30 minutes, ça ne pourrait pas marcher.»

Elle propose des activités et du contenu ludiques, et insère quelques notions de connaissances générales. «C’est un peu comme un spectacle, un rendez-vous», image-t-elle.

Les enfants se voient aussi confier une mission quotidienne – moins scolaire que créative – liée aux notions apprises durant la séance.

Sa classe virtuelle se veut un complément à l’offre de soutien pédagogique proposée aux parents.

S’adresser à des élèves de la première à la sixième année demande une grande polyvalence. «Dans ma vie de prof, j’ai touché à plusieurs aspects: j’ai été orthopédagogue, je finis des études supérieures sur l’enseignement à partir de la littérature jeunesse, et j’ai aussi travaillé en milieu défavorisé, ce que j’aime beaucoup», relève-t-elle.

Enseigner dans les studios d’Edlive a demandé des ajustements, mais cela s’est plutôt bien déroulé. «Non, je n’écris pas à l’envers», précise-t-elle en riant.

Susciter l’interaction

Depuis peu, les élèves peuvent interagir avec Marie-Ève durant sa classe, «comme s’ils levaient la main en classe», au moyen d’une plateforme de conversation.

Et les interactions se poursuivent une fois le cours terminé, sur les réseaux sociaux. «On a reçu des centaines de commentaires. Il y a vraiment un emballement», s’enthousiasme Mme Lévesque.

«C’est incroyable ce que ça apporte, ça brise l’isolement social. Les jeunes ont besoin de ce contact.»

Dans ce tourbillon, cette maman de deux jeunes filles n’a pas oublié ses élèves de l’école Sainte-Claire. Elle garde le contact et s’informe de leur routine. Elle constate que les enseignantes remplissent aussi ce «mandat psychosocial».

Sa grande conscience sociale était d’ailleurs déjà bien connue de l’équipe derrière la plateforme Succès Scolaire, qui l’a approchée avec cette idée de classes virtuelles.

Marie-Ève Lévesque avait déjà mis sur pied un projet pour favoriser la persévérance scolaire, il y a une dizaine d’années.«Après dix ans, ils m’ont appelée! s’étonne encore la Longueuilloise. Et ce projet, c’est vraiment quelque chose qui me parle.»

Voilà qui est indéniable.

 

 

Jusqu’à 6000 visionnements

Pour chacun des cours quotidiens, ce sont au moins 2000 élèves qui se connectent en direct sur le site de successcolaire.ca. Les vidéos sont ensuite rendues disponibles sur le site, ce qui fait grimper le nombre de visionnements jusqu’à 6000.

 

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France Comeau

Marie Ève est-il vrai que l’on ne doit pas dire tomber en sainte mais dire devenir en sainte mon professeur de secondaire nous a toujours appris que l’ on ne tombe pas enceinte