La convergence au cœur des débats de Québec solidaire à Longueuil

POLITIQUE. Les quatre prétendants au poste de porte-parole masculin et féminin de Québec solidaire (QS) étaient de passage à Longueuil samedi pour rencontrer les citoyens et membres du parti de la Rive-Sud.
Depuis le 5 avril, la course au poste le plus convoité de la formation politique est engagée. Si les personnalités populaires que sont Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois semblent s'imposer d'elles-mêmes, c'était sans compter les candidatures de Jean-François Lessard et Sylvain Lafrenière. Ces derniers ont notamment un positionnement bien tranché sur la question de la convergence avec le Parti québécois.
Réunis devant une quarantaine de personnes dans l'enceinte de la Maison Gisèle-Auprix-St-Germain de l'arr. du Vieux-Longueuil, les aspirants porte-parole ont tour à tour répondu aux questions des citoyens, avant de débattre de l'hypothétique projet de convergence des forces progressistes et souverainistes.
La députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques Manon Massé, qui n’a actuellement aucune opposition et devrait donc remporter le poste de co-porte-parole féminine, a réaffirmé la volonté du parti d'engager de grandes réformes institutionnelles et populaires. Tout comme l'ex-leader étudiant et candidat dans Gouin Gabriel Nadeau-Dubois, elle observe une position plutôt nuancée sur le sujet de la convergence et reste ouverte aux propositions.
«Nous sommes un parti populaire et démocratique, et non un parti d'establishment, a rappelé M. Nadeau-Dubois, qui estime que le parti pourrait toutefois se rapprocher d'Option nationale (ON). Une entente est possible avec le PQ, mais ma position reste très modérée et prudente sur le sujet. Il faut discuter et s'asseoir. Pour le moment, les signaux sont contradictoires.»
En effet, si ce dernier a salué les dernières prises de position du PQ sur la réforme du mode de scrutin et la gratuité scolaire, il a dénoncé leur rejet d'une commission sur le racisme systémique; l'approche identitaire du PQ demeurant l'un des points majeurs de dissension.
Et c'est d'ailleurs pour ces raisons que le candidat Sylvain Lafrenière s'oppose radicalement à toute forme d'alliance avec le «vieux parti».
«Nous ne voulons pas de discours de la division, a-t-il déclaré. QS a des pratiques différentes. Nous devons nous démarquer et nous positionner clairement comme le parti de la rupture en incluant tous les Québécois.»
A contrario, pour Jean-François Lessard, le rapprochement des forces progressistes est essentiel pour remporter les prochaines élections. Enthousiaste à l'idée d'un tel rassemblement, il a lancé un site web, Alliance populaire du Québec, où il demande aux citoyens de donner leur avis sur la convergence et sur la meilleure façon de la réaliser.
Les quatre candidats s'affrontaient lors de d’un débat à Montréal dimanche. Un autre est prévu à Québec le 30 avril. Les nouveaux co-porte-parole qui seront choisis par les membres remplaceront Andrés Fontecilla et Françoise David.
Le résultat de l'élection sera annoncé le 21 mai, lors du congrès du parti qui se tiendra du 19 au 22 mai.