La conversion au lait Crino

La conversion au lait Crino
La maison de la rue Saint-Georges (Photo : Gracieuseté)

Vers 1958, ma mère achetait son lait chez l’épicier. Vous souvenez-vous des débats sur le lait homogénéisé et le lait pasteurisé ?

Mais, à la longue, avec deux filles et trois garçons, le lait coûtait cher !

Un jour, un homme s’est présenté à la maison. Ma mère collectionnait les timbres GoldStar et achetait occasionnellement des articles de maison. Mais ce monsieur voulait la convaincre de se munir du nec plus ultra de l’époque. Il lui proposait un mélangeur électrique et il ne lui coûterait rien !

Tout ce que ma mère devait faire était d’accepter de remplacer son lait à la pinte par du lait écrémé, en boîte, qu’elle pourrait fabriquer avec son mélangeur électrique! En plus, ce mélangeur lui permettrait de sauver beaucoup de temps dans le temps des Fêtes puisqu’il lui permettrait de faire ses mélanges de pâtes pour les tartes et les tourtières.

Ma mère a donc décidé que nous boirions du lait écrémé à compter de ce jour. Le mélangeur électrique était de qualité; il était de la marque Kenwood et était fabriqué en Angleterre. Elle pouvait aussi nous faire du bon chocolat chaud en hiver; le dimanche, c’était au mélangeur électrique qu’elle nous préparait ses pommes de terre pilées et ses carottes, mélangées, ce qui était délicieux au souper avec le roast beef.

Le premier jour, le lait est resté dans les bouteilles et personne n’en a bu. Peu importe comment elle le faisait dans son mélangeur électrique, il ne goûtait pas le lait. Elle a donc rappelé son vendeur pour lui dire que le lait était imbuvable.

Ce vendeur lui a alors dit qu’il fallait mettre le lait au réfrigérateur le soir pour qu’il soit prêt le lendemain matin. C’est ce qu’elle a fait et le goût était bien meilleur. C’est donc vers 1958 que j’ai cessé de boire du lait 3.25 % et que j’ai commencé à boire du lait écrémé; c’est aussi à cette époque que, tous les soirs, je préparais le lait pour le lendemain !

Ce mélangeur électrique n’a rien coûté à ma mère et a fait son bonheur.

Mais, encore aujourd’hui, le mélangeur électrique fonctionne très bien.

Jean-Guy Campeau

Ancien résident de Ville Jacques-Cartier

Si vous vous rappelez cette période, ou si vous avez des histoires à nous raconter, ou même des photos, n’hésitez pas à les faire parvenir à la Société historique et culturelle du Marigot, à l’adresse shm@marigot.ca. Dans le cadre du projet Nos aînés ont une histoire à partager de la Société historique et culturelle du Marigot, financé par le Programme Nouveaux horizons pour les aînés (PNHA), des bénévoles aînés contacteront des personnes âgées pour échanger au sujet de Ville Jacques-Cartier.

 

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