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La criminalité chez les jeunes en baisse, mais les crimes plus violents, dit le chef du SPAL

le mercredi 24 mai 2023
Modifié à 14 h 07 min le 27 février 2024
Par Michel Hersir

mhersir@gravitemedia.com

Le chef du SPAL, Patrick Bélanger, au micro, a souligné l'importance du travail en amont avec les jeunes à risque de délinquance. (Photo : Le Courrier du Sud – Michel Hersir)

Le directeur du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL), Patrick Bélanger, s’inquiète de l’augmentation de la violence dans les crimes commis par des jeunes, bien que la criminalité juvénile soit en baisse depuis 2015. À l’occasion de l’annonce sur la création du Groupe Contact le 24 mai – une initiative de prévention en la matière – , il voit d’un bon œil le travail en amont avec les 12 à 17 ans.

Depuis quelques semaines, le SPAL s’est impliqué dans plusieurs nouvelles initiatives pour contrer la violence chez les jeunes. D’abord avec une initiative pour contrer les gangs émergents sur le territoire, ensuite en joignant une escouade de renseignements en ligne, et plus récemment, avec le lancement du Groupe Contact.

Ces mesures visent à contrer une certaine radicalisation dans les gestes posés chez les adolescents.

«Il y a une augmentation de la violence dans les crimes commis par nos jeunes, affirme M. Bélanger. On peut voir une certaine banalisation de l’utilisation des armes à feu, on peut voir sur les réseaux sociaux qu’ils arborent des armes, des signes de violence […] Ça nous préoccupe comme société, comme organisation policière.»

Le SPAL se donne donc comme objectif d’aider une soixantaine de jeunes et leur famille par année pendant cinq ans, pour un total de 300 jeunes.  

Une cible fluide, admet le chef du SPAL, selon la réalité du terrain.

«C’est un projet innovant. Je ne veux pas dire que nous construisons l’avion en plein vol, mais nous testons un peu le produit. On va avoir à se développer au cours des années, à peaufiner nos méthodes d’intervention avec nos partenaires. Je reviens à dire que la cible est de 300 jeunes et si jamais on est capable d’aller plus loin, on sera heureux», affirme-t-il.

«Le programme cible plus particulièrement les jeunes qui ont commis ou qui ont participé à des activités criminelles ou qui sont considérés à risque très élevé d’en commettre.»

-Patrick Bélanger, directeur du SPAL

Convaincre les jeunes d’adhérer

Le gouvernement fédéral finance ce projet à la hauteur de 4,9 M$ sur 5 ans. Le ministre de la Sécurité publique canadien, Marco Mendicino, s’est dit particulièrement optimiste à la suite d’une rencontre avec les différents organismes impliqués dans le Groupe Contact.

«Les relations, pas seulement avec les services policiers, mais aussi entre les organismes et les gens de la communauté, me donnent beaucoup de confiance que cet investissement va produire des résultats concrets pour mieux protéger la communauté ici à Longueuil», a-t-il déclaré.

 

 

 

 

Patrick Bélanger a souligné que ce programme, qui n’est pas un projet pilote, en est un volontaire.

Si un rapprochement avec le service de police peut rendre certains jeunes réfractaires, le directeur estime que l’équipe du Groupe Contact en est plus une communautaire que policière.

«Les huit personnes particulièrement attitrées au Groupe Contact, ce sont des employés du SPAL, mais ce sont des membres civils, des intervenants sociaux, des intervenants qui ont un bagage spécifique en délinquance juvénile, dans l’approche des jeunes. Donc, leur d’approche, leur bagage personnel, devrait faciliter le tout», soutient-il.

 

Équipe du Groupe Contact

-trois intervenants psychosociaux, avec une expertise de la jeunesse

-une coordinatrice policière au grade capitaine

-une intervenante du CISSS Montérégie-Est, spécialisée en délinquance

-un agent de coordination et de liaison avec les organismes communautaires

-un analyste de renseignement

-un commis en renseignement

*L’équipe sera également aidée ponctuellement par cinq policiers communautaires.