La crise des médias : du pitbull au caniche

La crise des médias : du pitbull au caniche
(Photo : Archives - Le Courrier du Sud)

Récemment, à l’émission Pénélope (Première chaîne), Marc Simard, éditeur de la revue Mouton noir de Rimouski, disait: «si le journalisme est le chien de garde de la démocratie, on est passé du pitbull au caniche». De moins en moins de journalistes, par conséquent moins d’information professionnelle, surtout en région.

Tous les jours, on entend «Sauvons la planète». Mais comment peut-on «sauver la planète» si les médias disparaissent et qu’ils ne peuvent plus être le devoir de notre mémoire? Comment se souvenir des événements proches de chez nous en l’absence de médias? Et ce 3 septembre dernier, il y a 80 ans, les Allemands déclenchaient la Deuxième Guerre mondiale, nous rappelait Le Devoir. Donc: sauver les médias d’aujourd’hui peut nous aider à sauver la planète de demain.

J’ai regardé la Commission parlementaire sur la crise des médias. Et j’en suis ressortie assez encouragée. J’ai vu des politiciens transgresser leur partisanerie habituelle pour parler d’une seule voix. Et j’ai vu beaucoup de jeunes politiciens, tous partis confondus, s’impliquer avec une grande pertinence et une volonté de faire avancer les choses.

J’ai appris à quel point nous sommes en retard sur l’Europe, dont plusieurs pays taxent déjà les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) sur le chiffre d’affaires de services numériques.  Ce point a fait consensus à la Commission, mais pourquoi attendre le rapport de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) qui n’arrivera qu’en 2020 ?

Les solutions sont à nos portes. Taxer les GAFAM, partager des contenus aux médias régionaux (M. Bissonnette de Radio-Canada disait : nos concurrents d’hier sont nos alliés de demain).  Créer une «super Société de développement des entreprises culturelles (SODEC)» pour superviser l’opération subventions aux médias. Faire du marketing de contenu (mais pas des publireportages déguisés). Obliger les municipalités et gouvernements à annoncer dans les médias locaux. Demander la collaboration des lecteurs (comme La Presse et le Guardian). Encourageant.

En terminant: «Les données ont un prix puisque Facebook les vend!», a affirmé la directrice du programme Stratégies de production (UQAM), Suzanne Lortie. Tellement vrai!

Thérèse David, consultante culture et communications, Enseignante UQAM et HEC

 

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