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«La crise d’Octobre vue de la Rive-Sud»: le terreau fertile d’une révolte

lundi le 21 septembre 2020
Modifié à 10 h 40 min le 28 septembre 2020
Par Ali Dostie

adostie@gravitemedia.com

En cette année qui marque les 50 ans de la crise d’Octobre, la Société historique et culturelle du Marigot souhaite jeter un éclairage sur l’ancrage rive-sudois de la gestation du mouvement de révolte qui a mené à ces événements tragiques. Une révolte qui a pris naissance, entre autres, dans les inégalités vécues au sein de Ville Jacques-Cartier. À LIRE AUSSI: Projection spéciale du film Les Ordres Telle est l’une des visées de l’activité spéciale La crise d’Octobre vue de la Rive-Sud, prévue le 5 octobre. L’événement se tiendra sur Zoom, pandémie oblige. Une table ronde, animée par la doctorante en études littéraires Céline Philippe, réunira deux témoins de la crise d'Octobre originaires de la Rive-Sud, l’historien Robert Comeau et l’écrivaine et sexologue Jocelyne Robert. Ceux-ci seront appelés à raconter les années de gestation de cette crise qui culmina avec l’enlèvement du ministre du Travail Pierre Laporte le 5 octobre à sa résidence de Saint-Lambert, à sa séquestration dans une maison de la rue Armstrong – rebaptisée Bachand depuis – et à la découverte du corps dans une voiture, à un jet de pierre de l’aéroport de Saint-Hubert. Tous deux ont d’ailleurs écrit des ouvrages à ce sujet. Robert Comeau a récemment publié Mon Octobre 70. La crise et ses suites, chez VLB éditeur. Celui qui a grandi à Longueuil y raconte son éveil à la politique et ses débuts dans l’enseignement au moment de la radicalisation de la fin des années 1960, ainsi que le contexte qui l’a mené à se joindre au FLQ. Il a développé une longue amitié avec Francis Simard, après sa sortie de prison. Le roman autofictif Éclats de femme, de Jocelyne Robert, évoque entre autres ses années de militantisme qui l’ont menée aux côtés des frères Paul et Jacques Rose et de Francis Simard, notamment jusqu’à la Maison du pêcheur, en Gaspésie. Mme Robert a aussi connu Jacques Ferron, pour qui elle a milité. Elle y raconte entre autres avoir été arrêtée, dans la foulée de la Loi sur les mesures de guerre, alors qu’elle était enceinte. Ayant tous les deux vécu pendant les années 1960 sur la Rive-Sud, leur récit témoigne à quel point la prise de conscience des inégalités entre Ville Jacques-Cartier et Longueuil s’inscrit dans la «gestation» de ces événements, relève Louise Levac, directrice générale de la Société historique et culturelle du Marigot. «Avant même de percevoir ces inégalités entre francophones et anglophones, ils étaient témoins de ces inégalités entre les «snobs» de Longueuil et les pauvres de Ville Jacques-Cartier.» Les felquistes Francis Simard, les frères Rose et Pierre Vallières (auteur de Nègres blancs d’Amérique) sont originaires de cette ville de la Rive-Sud, rappelle Mme Levac. Tout le manifeste La table ronde sera précédée de la conférence La crise d’Octobre. Évolution du Front de libération du Québec que présentera l’historien et auteur Michel Pratt. Dans le cadre de cet exposé, M. Pratt diffusera entre autres l’entièreté de la lecture qu’a fait Gaétan Montreuil, le 8 octobre 1970, du Manifeste du FLQ, sur les ondes de Radio-Canada. «On en a tous vu des extraits, mais c’est rare que l’on a l’occasion de l’entendre dans son intégralité», souligne Louise Levac. L’activité est gratuite pour les membres de la Société historique et culturelle du Marigot. Pour les non-membres, le coût est de 6$ et, pour les étudiants, de 4$. Pour obtenir le lien Zoom (qui sera envoyé au début octobre), les personnes intéressées doivent s’inscrire à ce lien https://www.simplyk.io/ticketing/5f358b70ca530d002ed2a8c3 ou écrire à shm@marigot.ca.