La crise ne serait pas un frein aux investissements d’une majorité de filiales étrangères

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Par Ali Dostie
La crise ne serait pas un frein aux investissements d’une majorité de filiales étrangères
(Photo : Archives - Le Courrier du Sud)

Une proportion de 62% des filiales étrangères de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) entendent poursuivre leurs investissements au Québec, malgré le ralentissement économique causé par la pandémie de la COVID-19. Considérant que le territoire de l’agglomération de Longueuil compte 250 de ces filiales, c’est une bonne nouvelle pour l’économie de la Rive-Sud.

Ce résultat est tiré d’un sondage effectué par Montréal International (MI), du 15 au 22 avril.

Le but était entre autres de comprendre l’impact de la crise de la COVID-19 sur les plans d’investissements et d’emplois des filiales de sociétés étrangères du Grand Montréal.

Ainsi, une grande majorité d’entre elles ont confiance qu’elles pourront poursuivre leurs investissements. La pandémie mettra un frein complet aux investissements de seulement 4% d’entre eux.

«Nous avions fait un sondage au tout début de la crise, et il en était ressortir que 57% des filiales étrangères maintiendraient le même niveau d’investissements. On s’était dit « C’est trop fort, on doit en refaire un plus tard, le temps qu’ils réalisent ce qu’il se passe »», relate le président-directeur général de Montréal international Stéphane Paquet.

Le deuxième coup de sonde aura confirmé la même tendance.

Le sondage dévoile par ailleurs que 37% de ces filiales comptent maintenir leur plan d’embauche et 46% envisagent de le reporter.

Stéphane Paquet, PDG de Montréal International

«M. Legault a dit que le Québec était sur pause, et c’est vraiment comme ça que je le vois: une pause», indique M. Paquet, les yeux rivés sur la reprise.

L’an dernier, la région de Montréal est l’endroit au pays où la croissance économique a été la plus forte. «On a envie de retrouver cette position de tête. Si ça va bien, on va en récupérer une bonne partie de ces investissements, dit-il, confiant. Et est-ce qu’il y aura des opportunités en raison de la COVID? La réponse est oui.»

Sur le territoire de l’agglomération de Longueuil, 315 M$ d’investissements étrangers ont été effectués en 2019. Ce sont 42% des investissements étrangers accompagnés par MI à l’extérieur de l’île de Montréal.

L’an dernier, MI a accompagné 89 projets à la grandeur de la CMM, dont 58 concernaient de nouvelles implantations.

«Avec les frontières fermées ou presque, c’est difficile de recevoir de nouveaux investissements, admet M. Paquet. C’est sûr qu’il n’y aura pas 58 nouvelles implantations cette année.»

D’où l’importance de cogner aux portes des filiales déjà établies et de discuter avec les dirigeants locaux pour «vendre» le Grand Montréal aux sièges sociaux.

Depuis le début de l’année, Montréal International a visité 264 filiales du territoire de la CMM, soit 70 de plus que l’an dernier à pareille date. Sur le territoire de l’agglomération, ce sont 25 visites, soit davantage que pendant toute l’année 2019.

Un écosystème

Montréal International s’associe avec la CMM afin de miser dans cette relance tant sur les filiales de sociétés étrangères que les PME.

«Les gens ont tendance à les opposer, mais c’est plus compliqué, c’est un écosystème», relève Stéphane Paquet.

Concrètement, il donne l’exemple d’entreprises comme Danone, établi à Boucherville, qui forcément se tournent vers les agriculteurs québécois pour s’approvisionner en lait. Les moteurs qu’exportent Pratt & Whitney ne pourraient être construits sans les intrants qui proviennent de PME.

La CMM et MI souhaitent mettre en contact des PME et des sociétés étrangères de quatre grappes d’industries: ALU Québec, Propulsion Québec (transports électrique et intelligent), Montréal Invivo (sciences de la vie et technologie de la santé) et le secteur des jeux vidéo. Le but est de favoriser l’approvisionnement local.

«On veut convaincre les dirigeants de filiales qui connaissent un produit ou un service d’une PME de monter au siège social, d’aller ailleurs dans le groupe pour dire « on pourrait les utiliser ».»

Les filiales étrangères contribuent au développement des PME locales en faisant des achats d’environ 17 G$ par année à des fournisseurs québécois, selon AppCo.

Attrayante Rive-Sud

Les filiales de sociétés étrangères de l’agglomération de Longueuil sont présentes avec une forte prépondérance dans le secteur agroalimentaire, mais touchent également une grande diversité de secteurs d’activité, ce qui fait la force du territoire.

«Les projet des dernières années ont nécessité beaucoup d’immobilisations. Sur la Rive-Sud, il y avait des terrains prêts à les recevoir», expose le pdg de Montréal International.

Sans surprise, les terrains le long de l’autoroute 30 sont très prisés des entreprises qui ont des visées vers l’exportation, en raison de la proximité avec Montréal et les frontières américaine et ontarienne.

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