La maladie de Lyme: plus présente que jamais en Montérégie

La maladie de Lyme: plus présente que jamais en Montérégie

La directrice de la Santé publique, Dre Julie Loslier et le médecin-conseil, Dr François Milord.

Crédit photo : Jean Laramée - Le Courrier du Sud

Désormais présente partout en Montérégie, la maladie de Lyme gagne du terrain. Au Québec, le tiers des personnes atteintes sont des Montérégiens.

La direction de la Santé publique (DSP) de la Montérégie a tenu à informer la population de la montée fulgurante de la maladie sur son territoire, mercredi matin, au parc Michel-Chartrand, à Longueuil.

En 2017, le nombre de cas a pratiquement doublé comparativement à 2016, passant de 56 à 102 cas déclarés en Montérégie.

Plus de 80% des personnes atteintes ont contracté la maladie au Québec; alors que par le passé, une plus grande proportion l’avait contractée aux États-Unis.

Le tiers des gens atteints au Québec en 2017 sont des Montérégiens. Actuellement, 122 des 147 municipalités de la Montérégie sont considérées à risque élevé d’exposition aux tiques.

«Il y a de plus en plus de tiques qui sont infectées sur le territoire», a indiqué la directrice de la Santé publique, Dre Julie Loslier.

«Il n’y a pas de moyen efficace pour contrôler le cycle naturel de la tique dans l’environnement. Ça demanderait de dénaturer l’environnement et beaucoup de ressources», a continué le médecin-conseil de la DSP, Dr François Milord.

Ne désirant pas s’avancer sur la gravité de la situation, la Dre Loslier a laissé entendre que dépendamment des conséquences d’une maladie, 102 cas peuvent être considérés tant alarmistes que normaux.

Prévenir et non éviter
La dernière chose que la DSP désire propager comme message, c’est de craindre les activités de plein air.

«Il faut continuer à pratiquer des activités extérieures telles que les randonnées, les pique-niques, la pêche et le golf. Il faut simplement adapter son comportement», a souligné le Dr Milord.

«Il y a des mesures que l’on peut prendre avant et après, telles que porter des vêtements longs, des souliers fermés, du chasse-moustique et de vérifier notre corps et nos animaux de compagnie après l’activité, au besoin, a ajouté la Dre Loslier. Nous savons le bien-être que peut apporter l’activité extérieure.»

La DSP a instauré plusieurs outils afin de promouvoir la prévention de la maladie. Une carte localisant le niveau d’exposition aux tiques peut être consultée au: maladiedelymemontérégie.com.

En Montérégie, le risque va de moyen à élevé et endémique.

Un diagnostic difficile à établir
Des formations en ligne sont offertes aux différents professionnels de la santé dans les facultés de médecine et dans les hôpitaux concernant la maladie de Lyme. Cette dernière demeure toutefois peu connue.

«Ce ne sont pas tous les médecins qui ont eu affaire à la maladie de Lyme. L’augmentation du nombre de cas est aussi lié au fait que les médecins la reconnaisse de plus en plus», explique la Dre Loslier.

Plusieurs témoignages ont été entendus dans les médias au cours des dernières années voulant que des personnes croyant avoir la maladie et étant incapables de se faire diagnostiquer au Québec allaient le faire dans des cliniques privées aux États-Unis.

«Ce sont des cliniques privées qui ne respectent pas les lignes directrices des autorités en matière de santé, tant du Canada, des États-Unis et de l’Europe, avance le Dr Milord. En ce qui concerne les examens par le sang, ils vont déroger des cibles établies pour affirmer que le résultat de la personne est positif alors que nos résultats sont négatifs.»

La Dre Julie Loslier déplore les traitements de longue durée prescrits par ces médecins américains qui, selon elle, ne sont pas recommandés par les autorités scientifiques.

Le Dr Milord admet néanmoins avoir entendu parler de cas positifs de la maladie de Lyme qui auraient été confondus avec les symptômes de la sclérose en plaques. Il spécifie toutefois que la DSP n’a pas eu connaissance de ce type de cas en Montérégie. Il a aussi mentionné que l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux se penche présentement sur la question des traitements longue durée et que les nouvelles recommandations seront publiées au printemps 2019.

Deux centres sont désignés pour faire l’analyse des échantillons au Québec. Selon la DSP, ces derniers seraient dotés des plus récentes trousses de test ELISA, ce qui confirme, selon le Dr Milord, que le Québec applique les bonnes méthodes en termes de diagnostic.

Traitements difficiles
Aussi difficile soit-elle à diagnostiquer, la maladie de Lyme est d’autant plus ardue à traiter.

Au Québec, un antibiotique en prévention peut être offert après une piqûre de tique.

Selon la DSP, cet antibiotique prescrit pour une période de 14 à 21 jours est efficace dans près de 100% des cas.

Lorsque la maladie a évolué, le traitement peut durer de 14 à 28 jours ou plus, et serait efficace dans plus de 90% des cas.

«Plus la maladie est diagnostiquée tardivement, plus il peut y avoir de persistance au chapitre des symptômes et des séquelles», a observé le Dr Milord.

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