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La mise en service du REM sur la Rive-Sud reportée au printemps

le vendredi 21 octobre 2022
Modifié à 12 h 53 min le 21 octobre 2022
Par Michel Hersir

mhersir@gravitemedia.com

C'est au printemps que les trains du REM passeront sur le pont Samuel-De-Champlain avec des usagers. (Photo : Gracieuseté - JF Savaria)

La mise en service du Réseau express métropolitain (REM) devait initialement avoir lieu à la fin de l’année 2021. Plus récemment, la date visée s’est transportée le 1er décembre 2022. Elle ne se fera finalement pas avant le printemps 2023, au minimum, selon la CDPQ Infra qui a annoncé ce nouveau report lors d’une conférence de presse le 21 octobre.

Ce report arrive à un bien mauvais moment, alors que trois voies sur six dans le tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine seront fermées pour trois ans à partir du 31 octobre. La CDPQ infra n’avait toutefois pas le choix d’y aller ainsi pour assurer une fiabilité impeccable lors de l’ouverture, a indiqué son PDG Jean-Marc Arbaud.

«À cause de ce qui nous reste à faire, les tests à haute vitesse et la marche à vide, et pour s’assurer que le niveau de service soit le meilleur possible pour les usagers, on a pris la décision de reporter l’ouverture au printemps», explique-t-il.

M. Arbaud ajoute que ces essais, qui commenceront sous peu, ont été retardés en raison de nombreux facteurs, dont des enjeux de logistique, de ressources humaines et des conséquences liées à la pandémie et à la guerre en Ukraine.

Il s’est en outre dit très empathique à l’égard des automobilistes qui subissent les problèmes de circulation dans le grand Montréal, mais maintient que ce n’était pas réaliste d’ouvrir le système «avant d’avoir passé un certain nombre d’étapes sur le long terme».

«Le plus tôt possible au printemps 2023» est donc la nouvelle cible, selon M. Arbaud, qui affirme avoir confiance qu’il s’agit du dernier report.

«Qu’est-ce qu’on attend?»

À ses côtés, le directeur principal du système de transport du projet REM, Julien Hurel, assure que les phases de tests précédentes se sont bien passées et que tous les principaux problèmes sont derrière eux.

Son équipe a d’ailleurs elle-même monté à bord et trouvé l’expérience réussie.

«On s’est posé la question : le train est magnifique, les stations sont sublimes, il s’arrête au millimètre prêt, alors qu’est-ce qu’on attend?», révèle-t-il, soulignant cependant que des problèmes lors de la mise en service peuvent affecter les habitudes à long terme des usagers.

«Pour l’usager, si on lui fournit un système performant, il va vite l’oublier, ajoute M. Hurel. Mais si le système plante alors qu’il va au travail un matin l’hiver, qu’il est avec ses enfants, il ne va pas oublier. Il va l’accepter une fois, deux fois et après il passera au plan B. Nous, on n’a pas de plan B, il faut que ce soit à 100% dès le début.»

Ce dernier illustre également que les problèmes comme la guerre en Ukraine peuvent affecter l’évolution du projet.

«Pour les travaux métalliques, on annonce des délais de plusieurs mois, alors qu’avant, on allait au fournisseur local et on l’avait en quelques semaines. La même chose qu’on ressent dans notre vie personnelle, quand on achète un frigo par exemple, on le ressent dans notre vie professionnelle», évoque-t-il.

«Je travaille depuis des dizaines d’années sur des projets comme celui-ci, et je n’ai jamais rencontré une situation aussi difficile que celle qu’on a vécue depuis deux ans.»

-Denis Rivard, Vice-président, Projet REM