La nouvelle année… à mon époque

La nouvelle année… à mon époque
La maison de la rue Saint-Georges, où la famille de Jean-Guy Campeau se réunissait dans le temps des Fêtes. (Photo : Gracieuseté)

Je suis arrivé à Ville Jacques-Cartier en 1957.

Le 31 décembre, la famille s’habillait pour aller à la messe. À cette époque, mon père n’avait pas d’auto et tout le monde marchait pour se rendre à l’église. Les rencontres entre les familles étaient nombreuses et tout le monde se souhaitait la «Bonne Année»!

Tous les gens avaient mis leur linge propre et les dames étaient toutes habillées pour la sortie. Personne n’avait mangé depuis plusieurs heures et tout le monde communiait (à jeun!); le repas viendrait au retour de la messe.

Le divorce n’existait pas (seulement en 1970!) et le père avait toute la place dans la famille. Sa bénédiction avait toute sa signification. Même les grands-pères avaient encore toute la place dans la famille élargie.

D’ailleurs, après la messe, il y avait toujours la visite chez le grand-père maternel pour recevoir sa bénédiction de la nouvelle année. Heureusement, pour les enfants, il ne demeurait pas loin de la maison, Mais, pour lui, c’était encore la soirée des cadeaux et nous reviendrions un peu plus tard quand les autres membres de la famille seraient arrivés.

Imaginez.

 Dans cette maison d’environ 400 pieds carrés, il arriverait quelques familles : mon oncle Adélard arriverait avec ses huit enfants, mon oncle Paul-Émile avec ses quatre enfants et mon oncle Giovanno avec son grand garçon; Nous arriverions avec nos sept enfants (en 1960) et mon oncle Armand arriverait dans la journée de Washington ou de la Nouvelle-Écosse avec ses trois enfants. Le lit était toujours garni des manteaux! Avez-vous compté la visite?

Tout ce monde pourrait s’asseoir à la grande table pour manger la dinde cuite par grand-mère, avec ses tourtières, ses beans à la mélasse, ses petits pâtés, ses marinades, son ragoût, etc. Et cela ne comptait même pas ses merveilleux desserts, ni ce que les invités pouvaient avoir apporté! Grand-mère n’était pas grande mais elle avait une ardeur remarquable.

Et oubliez les interruptions téléphoniques et la télévision. Nous venions de quitter les lignes téléphoniques communautaires et toutes les conversations éloignées étaient facturables. C’était le tourne-disque (16-33-45-78) de mon grand-père, fabriqué dans ses temps de loisir et les bonnes histoires autour de la table. Quelques personnes allaient s’installer au salon où ma grand-mère jouait des airs sur son piano. Mais tout le monde avait le goût de chanter et de se réjouir.

Dans sa maison, mon grand-père avait encore des fioles de mercure au mur qu’il aurait jetées sur le feu en cas d’incendie ; nous étions loin des interventions d’urgence.

Les enfants avaient beau vouloir courir partout, les parents les contrôlaient au son de leur voix. Quatre cents pieds carrés, ce n’est pas grand. Mais tous les enfants apprenaient à se rapprocher des oncles et tantes et des cousins et cousines.

Après le souper, tout le monde se mettait à la vaisselle (oubliez les laveuses d’aujourd’hui) et, par la suite, tout le monde chantait et s’amusait.

C’était le bon temps et la mémoire tarde à l’oublier!

Texte de Jean-Guy Campeau, ancien résident de Ville Jacques-Cartier, bénévole à la Société historique et culturelle du Marigot

 

Si vous vous rappelez cette période, ou si vous avez des histoires à nous raconter, ou même des photos, n’hésitez pas à les faire parvenir à la Société historique et culturelle du Marigot, à l’adresse shm@marigot.ca. Dans le cadre du projet Nos aînés ont une histoire à partager de la Société historique et culturelle du Marigot, financé par le Programme Nouveaux horizons pour les aînés (PNHA), des bénévoles aînés contacteront des personnes âgées pour échanger au sujet de Ville Jacques-Cartier.

 

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