La troisième vague pourrait affecter davantage les familles, estime le Dr Éric Sabbah

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Par Ali Dostie
La troisième vague pourrait affecter davantage les familles, estime le Dr Éric Sabbah
(Photo : Le Courrier du Sud - Archives)

Dans une publication Facebook, le Dr Éric Sabbah, qui pratique à l’Hôpital Pierre-Boucher et à l’Hôpital Anna-Laberge, a affirmé anticiper une flambée des infections de COVID-19, qui pourraient atteindre les 3000 à 4000 cas quotidiens d’ici trois semaines. Il a aussi fait état d’une troisième vague qui frappera tout particulièrement les familles. Appelée à réagir, la Direction de la santé publique confirme et nuance.

«Une fois la base exponentielle de la courbe entamée (ce que nous vivons), les cas peuvent doubler à chaque semaine et on peut se rendre à 3-4000 d’ici 3 semaines, a écrit le Dr Éric Sabbah sur Facebook le 2 avril. […] Les mauvaises nouvelles s’accumulent à grande vitesse… inversement proportionnelle au rythme de notre vaccination. Un virus devenu à la fois plus contagieux, plus mortel, plus dévastateur chez les jeunes et en contrepartie, une vaccination qui fait dur et permet suffisamment de temps au virus de muter avec des souches de plus en plus potentiellement résistantes.»

À la lumière de ce qu’il voit sur le terrain, le cardiologue craint que la troisième vague ne s’immisce davantage chez les parents et jeunes enfants.

Le Dr Éric Sabbah, cardiologue à l‘Hôpital Pierre-Boucher et à l‘Hôpital Anna-Laberge

Appelée à commenter ces propos, la Direction de la santé publique de la Montérégie (DSPM) s’appuie sur les projections de Marc Brisson, nommées chaque semaine par le gouvernement, qui «laissent effectivement anticiper que nous faisons face à une augmentation exponentielle probable».

«Toutefois, la manière dont cette troisième vague se manifestera dans chaque région dépendra de plusieurs facteurs (respect des mesures, intensité du traçage, vaccination)», nuance la porte-parole Chantal Vallée.

Elle explique aussi que les mesures de confinement en vigueur, l’adhésion de la population aux mesures et la capacité d’isoler les cas et contacts sont d’autres éléments qui influeront sur le nombre de cas.

«Aussi, il est vrai de dire qu’on voit davantage l’augmentation de cas chez les jeunes», soutient-elle.

Sur le site de l’Institut national de Santé publique du Québec, les projections du 18 mars prévoient qu’une adhésion forte aux mesures sanitaires «permettrait de maintenir les hospitalisations et les décès à un niveau stable, malgré une croissance des cas en avril».

«Une adhésion moyenne ne serait pas suffisante pour maîtriser la propagation d’un nouveau variant et pourrait occasionner une augmentation rapide des cas, indique-t-on. Cependant, la vaccination permettrait d’atténuer l’impact sur les hospitalisations et les décès.»

Planifier, planifier, planifier

Dans une vidéo et une autre publication Facebook, le Dr Sabbah a invité la population à ne pas céder à la panique. Il a plutôt insisté sur l’importance pour les familles de bien planifier en amont, advenant qu’un des membres ne contracte la COVID-19.

«Présentement, je reçois beaucoup plus d’appels de familles coincées à la maison, suite à un membre positif [sic] et ils ne sont pas prêts et en réelle panique», a-t-il mentionné.

Le Dr Sabbah avise que l’isolement de toute la famille peut être long, soit d’une semaine à 10 jours, et peut s’échelonner jusqu’à 20 jours, si un autre membre de la famille développe des symptômes.

«Ça fait sursauter bien des gens quand on oblige les gens à rester à la maison longtemps», relate le médecin.

Dans les premiers jours d’isolement, lorsque les premiers symptômes ne se sont pas manifestés chez les parents, il suggère de cuisiner beaucoup de plats, qui pourraient être décongelés ou préparés rapidement par la suite.

«Car on n’a pas la force de cuisiner, on est alité [lorsque l’on a la COVID-19], prévient-il. Planifiez tous les besoins essentiels.»

Dès qu’il y a une éclosion dans la classe de son enfant qui n’est pas encore diagnostiqué, il pourrait même être envisagé pour l’un des parents de déménager temporairement, afin qu’il puisse continuer de travailler durant l’isolement.

Le Dr Sabbah suggère aux familles d’avoir à la maison Tylenol, Gravol, boissons hydratantes, ainsi qu’un thermomètre et un saturomètre. Cet outil qui indique le pouls et le degré de saturation d’oxygène «aidera votre médecin à savoir ce qui en est de votre état pulmonaire et de votre état général», détaille-t-il.

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