Lancement du film Devine? : apprendre le cinéma et à être soi-même

Lancement du film Devine? : apprendre le cinéma et à être soi-même
Manuel Dufort, Xander, Ksenia, Rosalie, Mikaël, Kayla et Lise Bourbeau (Photo : Robert Côté - Le Courrier du Sud)

Le 15 juin était journée de première – et de belles émotions – pour les élèves du programme Initiation au cinéma de l’école Lajeunesse, qui ont présenté leur court métrage Devine ?; un film qui a ému le public et qui est appelé à faire du chemin.

«Il fallait voir la fierté dans les yeux des jeunes qui foulaient le tapis rouge», lance le réalisateur et enseignant du programme à cette l’école du secteur LeMoyne Manuel Dufort.

Des élèves tant du primaire que du secondaire ont mis l’épaule à la roue pour que Devine ? voit le jour. Ce projet réalisé en activité parascolaire – tourné les fins de semaines, à l’extérieur de l’école – s’est avéré une occasion d’apprentissage unique.

Quatre élèves assuraient la technique, trois étaient à la réalisation, cinq acteurs et des figurants ont performé devant la caméra, sans compter plusieurs partenaires et des élèves de 4e secondaire de l’école Saint-Edmond, qui ont composé la trame sonore.

Outre les rudiments du jeu et de la technique, ces apprentis cinéastes auront appris à mener un grand projet à terme.

«Ils m’ont aidé dans toute l’organisation de la première, ils ont vendu des billets. On en a vendu plus de 300, illustre celui qui a fondé le programme Initiation au cinéma en 2002. C’est une très belle réussite.»

Le film s’inspire de l’œuvre  Les cinq blessures qui empêchent d’être soi-même, de l’auteure Lise Bourbeau. Cette dernière était d’ailleurs présente à la première, au cinéma des Promenades St-Bruno.

Surmonter ses blessures

film devineL’histoire gravite autour d’Anna qui, prise dans une situation familiale difficile, sera complètement ébranlée lorsque son meilleur ami cessera subitement de lui parler. «On se retrouve dans ses cauchemars, ses blessures d’abandon», relate Manuel Dufort.

De ce récit nait une démarche réflexive sur les peurs, les blessures et les masques qui y sont associés. «Je voulais faire un film qui fait réfléchir, expose le réalisateur. La fin est assez intense. On peut aimer ou pas, mais ça ne laisse personne indifférent. Beaucoup sont sortis de la salle de cinéma en pleurant.»

Une spectatrice a même écrit à M. Dufort pour lui dire qu’elle avait laissé son copain après avoir vu le film. «Ce n’est pas ce que je souhaitais, admet-il, mais le message du film est d’arrêter de vivre pour les autres. Il faut apprendre à s’aimer, à être soi-même.»

La visée de ce court métrage est aussi pédagogique. Des trousses ont été conçues pour outiller les écoles qui souhaiteraient le présenter.

«Je crois qu’il peut aider à montrer comment aider les jeunes aux prises avec des blessures psychologiques», avance M. Dufort.

Le film est le point de départ d’une plus vaste démarche. Un documentaire avec l’auteure Lise Bourbeau doit aussi voir le jour en 2020. «Je vais rencontrer des jeunes qui ont vécu des agressions, pour voir comment on peut les aider, comme intervenants», explique-t-il.

Rassembler la communauté

Pour cet enseignant à temps plein, diriger ce projet nécessitant de 25 à 30 heures hebdomadairement, avec une approche et un résultat professionnels, s’est avéré un beau défi.

Au montage et à la recherche de commanditaires s’ajoutent les multiples rencontres de production et de réalisation. Des efforts qui en valaient la chandelle. «Je ne regrette pas du tout!» dit M. Dufort, fier de ce projet qui a mobilisé non seulement des élèves, mais aussi des parents bénévoles.

«C’est tellement important de rassembler la communauté, de ramener l’école à son essence, à la relation parent-enfant-enseignant. C’est une belle réussite.»

Le film est lancé officiellement sur le Web le 25 juin à 19h, sur le site et la page Facebook du programme Initiation au cinéma: www.initiationaucinema.com/videos/.

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