Le Centre acrobatique Virtuose rêve d’un centre sportif « digne de ce nom » à Longueuil

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Par Katherine Harvey-Pinard
Le Centre acrobatique Virtuose rêve d’un centre sportif « digne de ce nom » à Longueuil
Le Centre acrobatique Virtuose doit notamment composer avec un manque d’espace, des refoulements d’égouts et des problèmes de ventilation. (Photo : Le Courrier du Sud - Ali Dostie)

Le centre acrobatique Virtuose occupe un local appartenant à la Ville de Longueuil depuis plus de 10 ans. Bien que reconnaissante envers la municipalité, la directrice générale Marie-Caroline Petit déplore que ses athlètes aient à s’entraîner dans un local trop petit, avec des problèmes d’égouts et de ventilation. Elle se questionne d’ailleurs à savoir pourquoi Longueuil n’a pas encore un centre sportif «digne de ce nom».

«Je vais passer à travers la pandémie parce que je n’ai pas de loyer à payer», précise d’entrée de jeu Mme Petit, qui insiste sur le soutien précieux de la Ville.

Néanmoins, elle ne peut passer sous silence les multiples problèmes auxquels elle doit faire face au quotidien dans ses locaux situés sur la rue René-Philippe, dans le secteur Le Moyne. D’abord, le manque d’espace; les locaux s’étalent sur approximativement 6 000 pieds carré.

«Ça peut paraître énorme, mais la gymnastique et les sports de trampoline ont des équipements volumineux», fait savoir Mme Petit.

Le centre répond à 75% des besoins du club au quotidien, fait-elle savoir. Avant l’arrivée de la COVID-19, il était saturé sur le plan des inscriptions. Elle devait même envoyer des athlètes du secteur compétitif s’entraîner à Saint-Bruno-de-Montarville quelques fois par semaine.

Trop haut, pas assez long

Il est impossible pour les athlètes de niveau national et provincial de s’entraîner au Centre Virtuose, mentionne aussi Marie-Caroline Petit.

Photo: Le Courrier du Sud – Ali Dostie

«On n’a pas assez de longueur pour notre tumbling en compétitif et la hauteur du plafond n’est pas adéquate pour certains athlètes, qui sautent très haut, poursuit la directrice. Pour le récréatif, c’est bien correct, mais quand on développe des athlètes plus performants, la toiture n’est pas assez haute.»

Rappelons que trois athlètes membres des équipes canadiennes de trampoline, soit Sarah Milette, Jérémy Chartier et Sophiane Méthot, sont des produits du centre de Longueuil. Ceux-ci s’entraînent au quotidien à l’Institut national du sport (INS), au Stade olympique.

Mme Petit aimerait pouvoir les accueillir de temps en temps afin notamment qu’ils puissent côtoyer les jeunes des secteurs récréatif et compétitif. Sarah Milette, qui est d’ailleurs l’adjointe administrative de Mme Petit, abonde dans le même sens.

«À l’INS, on a beaucoup de services donc c’est le fun d’y aller, mais on irait peut-être à Virtuose une fois par semaine pour voir les jeunes, le sport-études. J’aimerais ça m’entraîner avec eux pour les encourager et je pense qu’eux aimeraient nous voir une fois de temps en temps», dit-elle.

Problèmes d’égouts

La directrice générale doit également composer avec des refoulements d’égouts, des odeurs nauséabondes et des problèmes de ventilation au Centre.

«On n’a pas d’air climatisé, donc l’été il fait énormément chaud. Tu coaches, tu ne bouges pas, et tu sues», témoigne-t-elle.

«Ils ont refait les égouts sur la rue, ç’a fait du bien, mais on a toujours des odeurs», ajoute-t-elle.

Ce sont tous de «petits problèmes désagréables», dit -elle, mais qui jette un voile sur les services offerts par le Centre.

«On a des super entraîneurs, de qualité exceptionnelle. Mais on offre notre service dans une bâtisse qui ne reflète pas la qualité de ce qu’on offre», laisse entendre Mme Petit.

Pourquoi pas à Longueuil?

En 2019, Virtuose s’est vu confier le mandat d’organiser la Coupe du Québec en sports de trampoline. Celle-ci nécessite un espace de plus de 16 000 pieds carrés avec une hauteur dégagée minimum de 30 pieds. Après avoir fait le tour de tous les gymnases et établissements d’enseignement de la Rive-Sud, il a été forcé d’organiser son événement au Centre communautaire Patro Le Prévost, à Montréal.

«Quand tu regardes les centres sportifs à Terrebonne, Gatineau, Trois-Rivières, Québec, même Saint-Jean-sur-Richelieu et Vaudreuil-Dorion… Pourquoi on n’est pas capables d’en avoir un à Longueuil? Il y a plusieurs clubs de sport-études qui ont besoin de ça», lance Marie-Caroline Petit.

«Débloquer le sport pour les jeunes, c’est important, ajoute-t-elle. Ce n’est pas que pour les athlètes de haut niveau, c’est pour les tout-petits aussi, qui courent partout avec le grand sourire.»

La Ville au fait de la situation

Contactée par le Journal, la Ville de Longueuil dit savoir que le local «ne dispose pas de toutes les commodités nécessaires à la pratique d’un sport spécialisé tel que la gymnastique».

Néanmoins, elle affirme s’assurer de la sécurité des lieux et de son entretien «lorsque nécessaire et exigé. Des communications en ce sens sont menées régulièrement entre les responsables du centre de gymnastique et ceux de la Ville.»

Également questionné, le cabinet de la mairesse Sylvie Parent rappelle que trois projets ont été promis par les élus lors de la dernière campagne électorale: le complexe aquatique, le complexe culturel et la maison des aînés.

«En début de mandat, l’ensemble des élus du conseil a convenu à l’unanimité d’aller de l’avant en confirmant ces projets dans le Plan municipal 2017-2021, indique-t-on. Ainsi, toutes nos énergies se sont liées vers la concrétisation de ces trois projets phares pour Longueuil.»

La prochaine période électorale «sera propice aux discussions» pour les futurs projets de Longueuil, mentionne-t-on.

La pandémie

Quand la pandémie est arrivée, le Centre acrobatique Virtuose était à six jours d’accueillir des athlètes de partout au pays pour la Coupe Québec et la compétition Élite Canada. L’équivalent de 20 000$ en inscriptions ont dû être remboursés. C’est sans parler des médailles, articles promotionnels et chandails de bénévoles qui avaient été faits. Avec l’arrêt de la session d’hiver et l’annulation de celle du printemps, les pertes s’élevaient à 75 000$ au Centre.

«On va s’en sortir, mais ça va avoir fait mal, affirme Marie-Caroline Petit. On a perdu des coachs qui sont allés travailler ailleurs. Il va falloir rebâtir tout le secteur récréatif.»

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