Le chant des grillons influencé par la température

Le chant des grillons influencé par la température

Grillon automnal ou Gryllus pennsylvanicus

Crédit photo : André Sarrazin (Insectarium de Montréal)

Le chant des grillons semble particulièrement fort cet été aux oreilles de résidents de la région. Leur perception pourrait bien être fondée.

La température influence les stridulations de ces insectes. «Plus il fait chaud, plus le chant des grillons va sembler en continu», fait part Marie-Eve Gagnon, préposée aux renseignements entomologiques de l’Insectarium- Espace pour la vie à Montréal. Et chacun sait que l’été 2018 est particulièrement chaud.

Le lien est tellement étroit entre une espèce et la température qu’elle a été baptisée oecanthe thermomètre. «Il existe une formule pour calculer la température à partir de ses stridulations», souligne Mme Gagnon,

L’équation mathématique en question a été formulée en 1897 par un dénommé Amos Dolbear à la suite d’observation. «On peut estimer la température en Celcius en calculant le nombre de stridulations produites en 8 secondes et en additionnant 5. Exemple : 15 stridulations + 5 = 20º C», informe Espace pour la vie dans une fiche explicative sur l’espèce concernée.

Plus nombreux ?

Est-ce que le temps peu pluvieux a pu favoriser la prolifération des grillons et gonfler ainsi le nombre de concertistes et la force de leurs ondes sonores ? «On ne peut pas dire. Il y a tellement de facteurs», indique Mme Gagnon.

Comme elle l’explique, les grillons de cet été ont passé l’hiver sous forme d’œufs dans le sol. C’est donc l’été  2017 qui a influencé le nombre d’œufs. Puis, c’est les conditions printanières qui vont favoriser ou non l’éclosion, entre autres. Sans parler de l’appétit des crapauds.

Comme un violon

Seuls les grillons mâles chantent ou plutôt jouent du violon puisque leur instrument s’apparente davantage à celui d’Angèle Dubeau que Céline Dion. «Les grillons produisent un son en frottant leurs ailes ensemble comme un archet et une corde de violon», souligne Marie-Eve Gagnon.

Les orthoptères stridulent pour attirer les femelles et se reproduire mais aussi pour délimiter leur territoire et éloigner les autres mâles.

Les maringouins freinés mais

Les maringouins ont souffert des longues périodes sans pluie qui ont marqué l’été 2018. «Le temps sec a freiné les moustiques», confirme Marie-Eve Gagnon, préposée aux renseignements entomologiques de l’Insectarium- Espace pour la vie à Montréal.

Avant de devenir un mini vampire, l’insecte doit passer par le stade de larve. Cette forme de vie se développe dans l’eau stagnante. «Sans cette source, les œufs vont sécher et mourir», explique Mme Gagnon.

La bestiole ne s’avoue toutefois pas vaincue face aux périodes de sécheresse. «Une espèce de moustique s’est adaptée. Si ses œufs sèchent, ils peuvent se réanimer. Ils vont se réhydrater s’il pleut», révèle Mme Gagnon.

Commenter cet article

avatar