Le Jour de l’An

Le Jour de l’An
La maison de la rue Saint-Georges, où la famille de Jean-Guy Campeau se réunissait dans le temps des Fêtes. (Photo : Gracieuseté)

Comme pour plusieurs nouveaux arrivants de Jacques-Cartier, mon père venait de Saint-Henri et des quartiers pauvres de Ville-Émard. Avec son revenu annuel de 7 000$ (trois emplois/semaine), il avait réussi à s’acheter une résidence de 7 000$. Évidemment, personne ne voulait lui prêter de l’argent pour acheter cette résidence et c’était un ami du notaire qui lui avait prêté l’argent requis.

Vers 1959-1960, il avait décidé de bâtir un second étage, ce qui avait causé de sérieux problèmes au moment d’un violent orage, alors que la toiture venait d’être enlevée pour la remplacer. Tout le monde était venu pour aider, que ce soit de Saint-Henri, de Rosemont, de Fatima, de Saint-Laurent; mais le 1er janvier, toutes ces personnes revenaient pour la tournée du Jour de l’An.

Cette année-là, mes parents m’avaient laissé à la maison pour garder la petite famille pendant qu’ils faisaient leur petite tournée locale. Grand malheur! Trois coups sonnent à la porte et j’entends des chants vibrants et un attroupement; je vais répondre et c’est la famille qui se présente. Je n’ai que 12 ans et je les reçois.

Je ne connais rien à la boisson et on offre de m’aider. Ma tante me demande un verre de vin et je lui sers du St-Georges dans un grand verre de 8 onces. Du grand bonheur pour elle! Mes accompagnateurs sont généreux avec les réserves de mon père!

Mes oncles ont apporté de la bière et on m’aide à préparer du Beefeater avec du Seven-Up. Mon parrain, qui a déjà quelques verres dans le corps, se tient dans le petit salon. Tout à coup, grands fracas, il vient de tomber sur l’arbre de Noël; quelques boules (chères à ma mère) se brisent au sol et nous faisons ce que nous pouvons pour rescaper mon oncle. Les oncles dans l’escalier menant au deuxième me disent de ne pas m’énerver.

Mon cousin n’est déjà plus dans la maison et il est parti chez le voisin courtiser une belle dame (qu’il épousera bientôt). Quand mes parents reviennent, c’est le fou rire général. Personne ne s’inquiète de conduire avec un p’tit verre dans le corps (les enfants sont encore à la maison) puisque c’est normal au Jour de l’An!

 

Jean-Guy Campeau, ancien résident de Ville Jacques-Cartier et bénévole à la Société historique et culturelle du Marigot

 

Nos aînés ont une histoire à partager

Dans le cadre du projet Nos aînés ont une histoire à partager de la Société historique et culturelle du Marigot, financé par le Programme Nouveaux horizons pour les aînés (PNHA), des bénévoles aînés contacteront des personnes âgées pour échanger au sujet de Ville Jacques-Cartier.

L’un des bénévoles, Jean-Guy Campeau, nous livre ici ce témoignage sur le temps des Fêtes.

La Société invite ceux qui ont habité Ville Jacques-Cartier et qui sont intéressés à partager leur histoire lors de conversations à lui écrire au shm@marigot.ca. Cela se fera dans le respect des règles sanitaires, au téléphone ou par Zoom, à leur guise.

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