Le parti populaire, pour un gouvernement qui en appelle à la responsabilité de tous

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Par Ali Dostie
Le parti populaire, pour un gouvernement qui en appelle à la responsabilité de tous
Les candidats Henri Cousineau, Julie Lavallée, Ellen Comeau et Sam Nassif (Photo : Ali Dostie - Le Courrier du Sud)

Aux yeux des quatre candidats de la Rive-Sud qui se présentent pour le Parti populaire du Canada (PPC), la formation politique de Maxime Bernier est la seule véritablement de droite sur l’échiquier politique fédéral. Ils ont été particulièrement interpellés par les valeurs de responsabilité, de liberté, de respect, d’équité et de responsabilité mises de l’avant.

Sam Nassif (Brossard – Saint-Lambert) devait se présenter pour le parti conservateur aux présentes élections. Celui pour qui la sécurité et l’immigration sont les enjeux les plus importants a toutefois jugé que les propositions de Maxime Bernier étaient les plus intéressantes.

«Finalement, M. Scheer fait comme Trudeau et Trudeau ne sait pas ce qu’il fait», accuse-t-il.

«La notion de responsabilité m’a attirée, partage pour sa part Ellen Comeau (Longueuil–Saint-Hubert). C’est le seul parti qui en parle, de la responsabilité des individus sur les choix qu’ils font.»

Henri Cousineau (Longueuil–Charles-Lemoyne) vante quant à lui particulièrement les positions claires du parti sur différents enjeux.

«Il dit tout haut ce que certains pensent tout bas», ajoute Julie Lavallée (Montarville).

Immigration

Le PPC s’engage à d’abord réduire à entre 100 000 et 150 000 le nombre d’immigrants qu’accueillerait le pays. Actuellement, ils se chiffent à plus de 300 000 par an.

Les candidats soutiennent qu’un contrôle plus serré doit être exercé afin d’accueillir les immigrants qui correspondent aux besoins du pays.

«C’est la qualité d’immigrants que l’on recherche, avance Sam Nassif. Des médecins, des infirmières, des professeurs. Des candidats haut diplômés.»

Ce qui l’amène à réclamer une meilleure reconnaissance des diplômes, afin que ces immigrants qualifiés puissent contribuer à l’économie sans devoir retourner aux études pour aller chercher une formation qu’ils ont déjà.

Selon Julie Lavallée, l’immigration doit être «intelligente», alors que notre système de santé est déjà «à bout de souffle».

«La majorité des immigrants avec qui je partage notre plateforme sont bien d’accord, affirme pour sa part Ellen Comeau. L’immigration, c’est une relation entre la personne qui arrive et le pays d’accueil. Et je veux que ce soit la meilleure expérience possible. Qu’ils n’aient pas des années à attendre. Les gens qui arrivent ici travaillent fort. C’est dommage qu’ils aient des obstacles additionnels.»

Aux yeux d’Henri Cousineau, il est important que les immigrants soient bien intégrés à la société. «Il faut les assimiler», n’hésite-t-il pas à dire.

Tous ont reproché à Justin Trudeau d’avoir «ouvert la machine», selon les mots de M. Cousineau, et de laisser entrer les réfugiés sans poser de questions, notamment au chemin Roxham. Une situation injuste pour les immigrants qui ont suivi tout le processus pour devenir citoyens canadiens, comparent-ils.

Si Ellen Comeau souligne qu’il existe «de vrais réfugiés» qui ont fui une réelle situation de danger, Sam Nassif déplore le nombre de personnes qui réclament ce statut.

«Supposément que ce sont des réfugiés, mais ce sont de faux réfugiés, qui coûtent X montant d’argent aux Canadiens. Il faut mettre un arrêt à ça.»

Atteindre l’équilibre budgétaire

Le PPC entend s’attaquer au déficit et atteindre le budget équilibré en deux ans. Couper les subventions aux entreprises, réduire l’aide étrangère au développement ainsi que revoir les paiements de péréquation sont parmi les moyens pour y arriver.

La notion de responsabilité mise de l’avant par le parti revient à quelques reprises dans le discours des candidats, tant la responsabilité du gouvernement de voir d’abord aux intérêts des Canadiens que celui des citoyens, à qui leur revient les choix sur leur propre vie.

Le pays devrait par exemple offrir davantage de soutien aux Premières Nations – certaines communautés étant privées d’eau potable – avant d’envoyer des sommes pour le développement d’autres populations.

À cet égard, le Canada devrait prendre exemple sur Donald Trump, selon M. Nassif, qu’il qualifie davantage d’homme d’affaires que de politicien. «Trump a dit: on doit s’occuper de nous-mêmes d’abord. Une fois que nous avons réglé nos problèmes, nous pouvons nous occuper des autres.»

«Trudeau a envoyé des millions pour une autoroute en Chine, poursuit-il. Et nos routes à nous? Elles sont pleines de nids-de-poules! Charité bien ordonnée commence par soi-même.»

À cet égard, réduire les paiements de péréquation responsabiliserait davantage les provinces qui en bénéficient actuellement. Aux yeux des candidats, cela crée une situation injuste à l’égard de provinces comme l’Alberta qui ne touchent pas à ces montants.

«Ça se fera graduellement , nous ne sommes pas là pour couper l’herbe sous le pied, insiste Julie Lavallée. Mais à long terme, le Québec [qui bénéficie actuellement de la péréquation] devrait être plus profitable.»

Les candidats prônent également un libre marché à l’intérieur même du Canada et donc, l’abolition de barrières commerciales interprovinciales. Un système comme celui des quotas n’a selon eux pas sa place.

«On a parlé de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, pourquoi pas entre nos provinces? questionne M. Nassif. Tout ça coûte beaucoup à nos provinces.»

Réduire les impôts aux entreprises – passant de 15 à 10% – est un autre engagement du parti.

«Nous devrions arrêter de donner des subventions à des compagnies qui n’en ont pas besoin», signifie M. Cousineau. Il donne en exemple Loblaws, qui a bénéficié d’une subvention de 12 M$ pour acheter des réfrigérateurs alors que l’entreprise a enregistré des profits de l’ordre de 250 M$.

Si la main-d’œuvre qualifiée de l’immigration peut s’attaquer au problème de la pénurie de main-d’œuvre, Sam Nassif met également de l’avant une autre avenue pour solutionner cet enjeu.

Des 800 000 personne qui bénéficient du bien-être social au canada, environ 200 000 en ont réellement besoin, estime M. Nassif.

«[Les autres], il faut les faire travailler, les faire retourner sur les études. Par exemple, il manque de camionneurs. Qu’est-ce qui est difficile d’aller chercher son permis pour conduire un camion?»

Ellen Comeau nuance que de tels programmes ont été mis en place sur de bonnes intentions mais qu’ils ont créé au fil des ans des «conséquences inattendues». «Ça crée un incitatif pour certaines personnes de déjouer le système.»

Miser sur nos richesses

Pour faire croître l’économie, il importe de miser sur nos richesse telles que l’hydroélectricité au Québec et le pétrole en Alberta. Sam Nassif affirme avoir du mal à comprendre pourquoi nous importons du pétrole, alors que nous sommes le 3e pays le plus riche au monde sur ce plan. Des importations qui font que le pays est davantage dépendant aux fluctuations de prix, ajoute-t-il.

S’il y a peu d’acceptabilité sociale au Québec pour le projet de pipeline de Trans Mountain – pour lequel le PCC s’engage à trouver un acheteur privé – et pour toutes formes de pipelines, les candidats croient que cette source d’énergie, encor fort utilisée, a été démonisée.

Ellen Comeau soutient que le pipeline demeure le moyen le plus sécuritaire de transporter le pétrole. Elle met aussi de l’avant les efforts des pétrolières pour améliorer leurs processus, réduire l’utilisation d’eau et réhabiliter les lieux après avoir extrait le pétrole.

En matière d’environnement

Les candidats reconnaissent l’importance de poser des gestes pour protéger l’environnement, mais se distancient du sentiment d’urgence créé autour des changements climatiques.

«Créer un sentiment de panique, ce n’est pas la bonne approche», estime Ellen Comeau. Elle admet certes qu’il y a des changements climatiques, mais avance d’un même souffle que le climat est complexe, que la planète et les humains ont su s’adapter et que le facteur humain ne peut être le seul responsable.

Sam Nassif croit que si le Canada se retirait des accords de Paris et de Kyoto, il pourrait bénéficier de sommes (2,83 G$) pour lutter contre les changements climatiques sur son territoire.

La responsabilité de protéger l’environnement revient tant au gouvernement qu’aux individus, croit aussi Julie Lavallée.

«Chaque geste dans son quotidien compte; un petit pas chez soi et un grand pas pour l’environnement.»

Les priorités locales des candidats

Sam Nassif

Julie Lavallée

Henri Cousineau

Ellen Comeau

 

 

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