L’électro pop sans barrière de Mehdi Bahmad

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Par Ali Dostie
L’électro pop sans barrière de Mehdi Bahmad
Mehdi Bahmad (Photo : Gracieuseté)

Avec la sortie de son premier EP Khôl, l’auteur-compositeur-interprète Mehdi Bahmad donne naissance à son personnage artistique, son alter-ego. Il dévoile ses œuvres pop et électro inspirées de la culture arabe, qui allient le meilleur du Maroc – où il est né – et du Québec – où il habite depuis l’âge de 8 ans.

L’univers musical et la démarche artistique empruntent donc à ces deux cultures qui ont forgé l’identité de Mehdi Bahmad, qui habite Longueuil depuis peu. Un mélange qui vise l’atteinte d’un certain équilibre.

Du Maroc, il a retenu la chaleur, le côté luxuriant et humain. «Je retournais souvent au Maroc l’été, raconte-t-il. J’aime cette chaleur des gens; quand tu sors et que tu prends le bus, tu peux devenir ami avec celui assis à côté de toi.»

Et du Québec? «La liberté d’explorer, d’explorer notre identité, être ce que nous sommes sans qu’il n’y ait trop de jugement.»

Car ce personnage artistique, qui se révèle confiant et sans tabou dans des vidéoclips tels que Lay et Rouge à lèvres, c’est cette part de jardin secret maintenant prête à être partagée avec le public.

«C’est le jardin secret que j’ai gardé en moi, explique Mehdi. Car dans le milieu où j’ai grandi, ce n’était pas quelque chose qui était forcément encouragé. Je créais, mais je le faisais seul. Le personnage, c’est lui qui est en complète harmonie, et c’est moi qui porte cet univers.»

Un univers secret

Ces chansons très personnelles, écrites il y a quelques années déjà, sont en quelque sorte les premiers mots du personnage, le début d’un parcours.

«J’ai retravaillé les textes qui, au départ, n’étaient pas destinés à être montrés. C’est intime, mais j’invite les gens dans cet univers secret. Et tout le monde peut s’y identifier, être connecté avec ces idées de tolérance et d’acceptation, d’explorer et de grandir sans imposer un moule.»

Le titre de son album, Khôl, est d’ailleurs un symbole, à ses yeux, d’union et d’équilibre. Le khôl est un charbon noir qui, depuis l’Égypte antique, est employé tant par les hommes, les femmes et les enfants de toutes les classes sociales. Il est apposé autour des yeux, pour se protéger du soleil et du vent et pour éviter les infections oculaires.

«C’est un élément que l’on trouve peut-être plus féminin aujourd’hui, lié au cosmétique, mais je trouve l’image vraiment belle: il était porté par tous, pour se protéger des mêmes affaires.»

S’il a fallu qu’il «confronte doucement» ses parents pour s’épanouir ainsi sur le plan artistique, Mehdi Bahmad avoue qu’aujourd’hui, sa famille proche «trippe vraiment» sur ce qu’il fait.

Pour sa famille élargie, qui habite au Maroc, un certain tabou règne encore. «On sait que je fais de la musique, mais on fait comme si on ne voyait pas trop.»

Une démarche entière

Sur le plan musical, il tire son inspiration d’artistes comme Lana del Rey, BANKS ou le groupe libanais Mashrou’Leila.

Aussi à l’aise dans les arts visuels et en danse, Mehdi Bahmad ne pouvait se «contenter» uniquement de créer la musique. Il a réalisé et monté l’album, a conçu la pochette, et a créé les vidéoclips, où la danse occupe une grande place.

«Tout ça fait partie entièrement de la même idée. Le chanson, l’image, la danse, ça forme un tout. Et la musique est pour moi très, très visuelle. Dès le début, j’imaginais des images, des couleurs, un décor.»

Transposer ce riche univers musical sur scène sera la suite logique pour Mehdi Bahmad, qui ne souhaite toutefois rien précipiter. Un spectacle pourrait donc voir le jour en 2020.

«Je suis quelqu’un de très perfectionniste. Je veux que ce soit immersif, je veux arriver à faire voyager les gens dans cet univers.»

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