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Longueuil entend remettre en culture quatre friches agricoles

jeudi le 12 mai 2022
Modifié à
Par Michel Hersir

mhersir@gravitemedia.com

Longueuil veut revaloriser certaines terres agricoles laissées à l’abandon. (Photo : Le Courrier du Sud – Archives)

La Ville de Longueuil a déposé une demande de subvention à la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) afin de l’aider financièrement à remettre en culture quatre friches agricoles sur son territoire.

Les terrains visés sont tous situés sur le chemin de Chambly, dans l’arr. de Saint-Hubert, dans une zone moins urbanisée à proximité de la frontière entre Longueuil et Carignan.

Le projet de valorisation des friches servira à favoriser l’accessibilité des terres agricoles à la relève ainsi qu’à alimenter en fruits et légumes frais les organismes communautaires locaux, affirme la Ville. Les cultures privilégiées seront ainsi celles destinées à l’alimentation humaine, soit des cultures nourricières.

Pour trois de ces terrains, Longueuil fera équipe avec l’organisme l’ARTERRE, afin que ce dernier mette en lien de potentiels agriculteurs de la relève avec la Ville pour le dépôt de projets éventuels.

Le quatrième terrain sera quant à lui octroyé à la Table de concertation en sécurité alimentation du Vieux-Longueuil dans le cadre du projet Porte-fruit. Il alimentera des organismes tels que le Repas du passant, l’Entraide chez nous, Partage Saint-Robert et Partage Saint-François-de-Sales.

Le coût total du projet est estimé à près de 180 440$. La subvention de la CMM serait d’un peu plus de 147 000$, soit 82% du projet. Il est prévu que la CMM confirme ou non l’adhésion de Longueuil au programme au cours du mois de mai.

Des défis pour la relève

L’engouement de la relève en agriculture est très fort, assure Benoît Curé, coordonnateur de l’ARTERRE. Il souligne d’ailleurs que les écoles d’enseignement en agriculture sont pleines et que plus de 600 personnes ont adhéré à l’ARTERRE au cours de la dernière année.

«Beaucoup de jeunes sont intéressés, le défi est au niveau de l’accès aux terres et au financement, soutient-il. Juste l’accès aux terres à un prix raisonnable, on peut en parler pendant des heures!»

L’étalement urbain et la pandémie ont d’ailleurs accentué ce phénomène alors que la pression sur les terres agricoles se fait insistante.

«Le processus avec les aspirants agriculteurs peut prendre quelques semaines, alors si de l’autre côté, quelqu’un arrive et dit qu’il t’offre 50 000$ de plus maintenant, c’est tout à fait normal que l’appât du gain après une vie agriculteur soit plus fort», illustre M. Curé.

«Plusieurs personnes ont quitté les régions urbaines parce qu’ils le pouvaient avec le télétravail et l’amélioration des services internet dans les territoires plus éloignés», ajoute celui qui se réjouit toutefois de voir un effort de la CMM pour préserver quelques terres agricoles sur la Couronne Sud.

Pour lui, c’est une façon de rapprocher le consommateur et le producteur. «Les gens se parlent et comprennent la réalité des agriculteurs et la difficulté de la production.»

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