Longueuil propose un changement de philosophie policière à la grandeur du Québec

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Par Katherine Harvey-Pinard
Longueuil propose un changement de philosophie policière à la grandeur du Québec
(Photo : Archives - Le Courrier du Sud)

Dans la lignée des consultations faisant suite à la publication du livre vert sur la réalité policière du gouvernement du Québec, la Ville de Longueuil a déposé, conjointement avec son service de police, un mémoire dans lequel elle se prononce sur les différentes pistes de réflexion. Elle y ouvre notamment le dialogue sur une nouvelle approche d’intervention, la «police de concertation».

Longueuil et le SPAL sont d’avis que les exigences légales et réglementaires, lesquelles datent de 2001, doivent être mises à jour afin de modifier les niveaux de services. Ils demandent toutefois que ce processus n’élargisse par les responsabilités des grandes villes du Québec et n’alourdisse pas leur fardeau financier.

Au fil de leurs recommandations, la Ville et le service de police longueuillois prônent un rapprochement entre les services de police et leurs citoyens.

Cette police dite «de concertation», qui fait l’objet d’une section complète dans le mémoire, se veut une «police pour tous», qui fait du policier un acteur social où sa fonction n’est plus seulement «sécuritaire, mais aussi de soin».

Cette formule est guidée par huit principes – de la concertation, de la prévention «bien en amont», du soin, de l’interculturel, de la confiance, de la proximité physique et sociale, de la «partialité multidirectionnelle» et du «bon jugement» policier –, qui «encadrent et guident l’action du policier et de l’organisation policière au quotidien».

Une telle transition mènerait d’ailleurs à «des économies substantielles», croit Longueuil.

«Par exemple, en misant sur la prévention et en agissant en amont des problématiques, un individu qui aurait pu être pris en charge par le système de santé et avoir recours au système judiciaire sera plutôt dirigé vers des ressources qui pourront mieux l’accompagner et l’aider.»

L’exemple du SPAL

Depuis 2018, le SPAL a entrepris une série de réformes structurelles internes afin de faire de la police de concertation «une véritable philosophie organisationnelle, où la pratique soutient l’organisation et où l’organisation soutient la pratique», lit-on dans le mémoire.

Ces changements s’articulent autour de huit chantiers, dont la révision des profils des candidats, l’intégration des recrues et l’implantation du programme de développement professionnel Immersion.

«De nombreux policiers ne demandent qu’à voir évoluer l’institution policière dans sa vision comme dans ses pratiques, afin de mieux servir la population. La “police de concertation” en est une réponse, transposable dans d’autres services de police», écrit la Ville dans la conclusion de son mémoire.

«Nous croyons qu’il est important d’adapter le travail de la police aux nouvelles problématiques sur le terrain, puisque celles-ci vont bien au-delà des enjeux de sécurité, mentionne la mairesse de Longueuil, Sylvie Parent. Longueuil appuie donc son service de police dans ses actions visant à se rapprocher des citoyens, en réponse à leurs besoins. Puisque les municipalités sont responsables d’offrir les services de proximité à leur population, celles-ci doivent être considérées comme partie prenante des changements à venir.»

Autres recommandations

Voici quelques autres recommandations émises par la Ville de Longueuil dans son mémoire.

  • «Appuyer financièrement les municipalités et leurs services de police municipaux afin d’assurer une réponse coordonnée permettant la transition du modèle traditionnel d’intervention policière au modèle de concertation avec le milieu, ainsi qu’une équité par rapport aux coûts assumés par les municipalités desservies par la Sûreté du Québec.»
  • «Encourager la présence de civils au sein des services de police afin de développer une expertise sur différents enjeux les concernant.»
  • «Intégrer davantage de formations centrées sur l’apprentissage par expérience directe dans différents milieux et partagées avec les acteurs de ces milieux.»
  • «Intégrer de nouveaux mécanismes qui permettront d’évaluer les compétences relationnelles et émotionnelles des policiers et des dirigeants, et ce, dans le but de parvenir à un réel changement organisationnel au sein des services de police.»
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Stevens
Stevens
30 jours

votre approche nouvelle que vous dite ces des constats a profusion

Gilles Bourque
Gilles Bourque
30 jours

C’est parce que il faut payer leur fond de pension. Donc , arrêtez de nous faire croire â un règime de collaboration. Dèjà avec la notion des tickets modérateurs sur les vélos, c’est la seule ville au Québec à imposer cela. Le service de sécurité publique est lâ pas pour sévir mais pour…protéger. Et quant, il n’y a pas de drame, on cherche les poux! Diminuons la quantité des éffectifs sur le quodidien et les citoyens seront moins taxés.
Ma prise de parole est justifiée car j’ai un frère qui a été â la haute direction de la police pendant…30 ans.

Francois
Francois
29 jours

Des donneux de ticket.

Cécile
Cécile
23 jours

ne serait-il pas mieux d’engager des travailleurs sociaux et de réduire les effectifs policiers. il faut penser aux payeurs de taxes